02/09/2026
Ce soir, je suis encore tombé sur une publication qui m’a profondément interpellé. Et ce qui m’a troublé, c’est qu’il y a quelques jours à peine, je vous parlais déjà d’une autre personne portant le même prénom. Deux histoires différentes, deux parcours différents, mais encore une fois, le même mécanisme : le jugement, l’apparence, les mots lancés derrière un écran comme s’ils ne pouvaient pas blesser.
Alors je me suis demandé : à quel moment avons-nous commencé à oublier l’être humain derrière le corps que nous regardons ?
Parce qu’il y a des blessures que nous portons depuis si longtemps que nous finissons parfois par les confondre avec notre personnalité. Le rejet peut nous apprendre à rejeter avant d’être rejetés. L’abandon peut nous pousser à nous accrocher à ce qui ne nous nourrit plus. L’humiliation peut nous faire diminuer les autres pour ne plus sentir notre propre honte. La trahison peut transformer la peur en contrôle. L’injustice peut nous rendre si exigeants envers nous-mêmes que nous devenons parfois durs envers ceux qui ne correspondent pas à notre vision.
Je ne présente pas ces cinq blessures comme des diagnostics ni comme une vérité absolue. Je les vois comme des miroirs possibles. Prenez simplement ce qui résonne en vous et laissez le reste. Je ne détiens pas votre vérité, et personne ne peut faire votre chemin intérieur à votre place.
Mais une chose mérite peut-être d’être regardée avec sincérité : pourquoi avons-nous parfois besoin de rabaisser l’apparence de quelqu’un pour nous sentir mieux, plus fort, plus légitime ou simplement accepté par les autres ?
Retirez un instant les vêtements, le métier, le compte bancaire, la réputation, les médailles, les abonnés, la beauté selon les critères du moment. Retirez au milliardaire ses milliards et à celui qui ne possède presque rien son manque de richesse. Que reste-t-il ?
Un être humain.
Le milliardaire et le pauvre ont besoin du même souffle pour vivre. Le même air entre dans leurs poumons. Leur cœur peut tous les deux se briser. Tous les deux peuvent perdre un être cher. Tous les deux peuvent connaître la peur, la solitude, la maladie, le deuil, l’amour, la joie et la fin.
Le souffle ne demande pas votre statut avant d’entrer dans votre corps. La douleur ne regarde pas votre compte bancaire avant de vous traverser. Et la mort ne demande pas si vous étiez beau, connu, admiré ou puissant.
Notre corps est précieux. Il mérite d’être respecté, aimé et protégé. Mais il reste une enveloppe qui change. La peau vieillit. Les traits se transforment. La force diminue. Ce que la société célèbre aujourd’hui comme « beau » changera encore demain.
Et un jour, cette enveloppe retournera à la terre.
La Genèse nous rappelle cette vérité simple : « tu es poussière, et à la poussière tu retourneras. »
Alors je me demande parfois : si nous savons que tout cela est éphémère, pourquoi passons-nous autant de temps à nous comparer, à nous mesurer, à nous rabaisser les uns les autres sur quelque chose qui, de toute façon, ne durera pas ?
Les textes sacrés nous invitent souvent à revenir vers nous-mêmes. Dans l’Évangile selon Matthieu : « Ne jugez pas, pour ne pas être jugés. » Puis vient cette image de la paille que nous voyons dans l’œil de l’autre alors que nous oublions la poutre dans le nôtre. Dans le Coran aussi, il est rappelé de ne pas se moquer les uns des autres, de ne pas rabaisser, médire ou nourrir certains soupçons.
Des traditions différentes, mais une invitation qui reste profondément actuelle : avant de pointer l’ombre de l’autre, avons-nous regardé la nôtre ?
Cela ne veut pas dire qu’il faut tout accepter. Comprendre n’est pas excuser. Poser une limite est parfois nécessaire. Refuser le manque de respect est parfois nécessaire. Mais il y a une immense différence entre observer un comportement et décider que toute la valeur d’un être humain se résume à son apparence, son erreur ou sa différence.
Je le dis souvent : vous ne pouvez pas changer une personne. Vous pouvez parler, expliquer, aimer, tendre une main. Mais vous ne pouvez pas forcer une conscience à s’ouvrir.
En revanche, vous pouvez regarder la vôtre.
Vous pouvez observer ce qui vous déclenche, ce qui vous dérange, ce que vous jugez immédiatement. Vous pouvez vous demander : « Pourquoi cela vient-il toucher quelque chose en moi ? » Non pas pour vous culpabiliser, mais pour mieux vous comprendre.
Et surtout, ne forcez pas les choses. On ne tire pas sur les branches d’un arbre pour le faire pousser plus vite. On nourrit ses racines, on lui donne de l’eau, de la lumière, du temps, puis on respecte son rythme.
Nous aussi, nous avons besoin de ce temps.
Le temps peut aider certaines blessures à cicatriser, mais il ne fait pas tout à notre place. Il faut parfois regarder, comprendre, pardonner lorsque cela devient possible, demander de l’aide lorsqu’elle est nécessaire, poser une limite et surtout arrêter de fuir ce que notre vie essaie de nous montrer.
C’est exactement le sens que je donne à Aléthéia.
Aléthéia parle de vérité, mais aussi de dévoilement. Retirer peu à peu ce qui recouvre. Voir plus clairement ce qui était déjà là, sous nos peurs, nos protections, nos blessures, nos masques.
Mais je ne détiens pas cette vérité pour vous.
Ne prenez pas mes mots parce que je les écris. Prenez ce qui résonne en vous. Questionnez-le. Observez-vous. Faites votre propre expérience. Et laissez le reste.
Pour moi, s’éveiller ne signifie pas devenir meilleur que les autres. Cela signifie peut-être simplement devenir plus conscient de ce que nous projetons sur eux.
Parce qu’au fond, derrière chaque corps que nous jugeons, il y a un être qui respire comme nous. Derrière chaque visage, une histoire que nous ne connaissons pas. Derrière chaque sourire, peut-être un combat invisible.
Et un jour, nos corps retourneront tous à la même terre.
Alors peut-être que la vraie question n’est pas de savoir qui est plus beau, plus fort, plus riche ou plus digne.
Peut-être que la vraie question est simplement celle-ci : qu’aurons-nous fait du cœur que nous avions pendant que nous étions ici ?
C’est aussi pour cela que j’ai créé mon journal d’introspection gratuit. Certains d’entre vous l’ont déjà commencé. Si vous sentez que le moment est venu de regarder un peu plus profondément en vous, écrivez simplement « JOURNAL » en commentaire et je vous indiquerai comment le recevoir gratuitement.
Pas pour vous donner ma vérité.
Mais peut-être pour vous aider à dévoiler la vôtre.
Loïc Esparon - Guide de conscience
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