20/12/2025
Dans le velours des ombres, je tiens ma lumière comme on tient un secret.
Une braise pâle derrière les cils, une prière ancienne derrière la bouche.
Je ne souris pas : je scelle.
Mes cheveux sont une nuit peignée, une frange comme un seuil,
un rideau tiré entre le monde et l’invisible.
Et sous ma peau claire, il y a des cartes :
des constellations de silences, des runes d’émotions qui ne se disent pas.
Je porte le noir comme un serment.
Chaque couture est un fil d’incantation,
chaque dentelle un alphabet oublié
que seules les âmes attentives savent lire.
À ma gorge, le cercle du temps se resserre :
collier de larmes sèches, chapelet de lunes.
Je suis la femme des entre-deux.
Celle qui écoute les portes respirer,
qui reconnaît les signes dans la vapeur des miroirs,
qui sait que certains rêves ont des griffes
et que certaines vérités ne parlent qu’en symboles.
Je marche dans une cathédrale intérieure.
Les vitraux y sont faits d’absence,
les piliers de patience,
et l’encens : c’est la mémoire des jours anciens,
brûlée doucement pour purifier le présent.
Je n’ai pas besoin de crier pour ensorceler.
Ma présence suffit : une encre noire sur le monde,
un sort posé sur la lumière,
une élégance de spectre qui choisit la douceur.
Regardez bien :
dans le coin de mes yeux, la nuit n’est pas vide.
Elle est peuplée.
De guides sans visage, d’étoiles dissimulées,
de promesses qui attendent le mot juste.
Et si vous sentez un frisson—
ce n’est pas la peur.
C’est votre âme
qui se souvient.
Peggy Betty
📸 autoportrait Peggy Betty photographie