04/02/2021
Pourquoi je ne fais pas mon métier ?
En voilà une bonne question ?
J'ai aujourd'hui le droit, légalement, d'exercer ma profession de photographe, au domicile de mes clients et même, avec un peu d'astuce (et d'espièglerie dirait Candy) en extérieur comme j'en ai l'habitude. Je pourrais rencontrer les futurs parents, les entrepreneurs et les artisans, faire des portraits, des shootings de produits.
Et ça serait tellement génial, oui, de faire ce métier que j'adore, de faire ces rencontres, de créer des souvenirs, de magnifier vos projets avec des outils de qualités et mon regard de professionnelle.
Et puis, après une telle année de changement de vie personnelle, de telles galères, un peu de cash flow ça serait pas de refus hein - quoiça c'est pas joli joli ? Ok ! Mais faut être pragmatique, on est photographe par passion, sûrement, mais la passion ça n'a jamais remplit un frigo ou fait briller les ampoules. :)
Alors - qu'est ce qu'elle fait la dame hein ? Pourquoi elle fait pas son travail ? Plutôt que de faire la course aux aides aux entrepreneurs, et des économies de bouts de chandelles ?
et ben... elle a la trouille la dame !
La trouille de choper cette saleté et de pas pouvoir assurer avec ses deux minis dont elle s'occupe seule au quotidien. La trouille de finir dans les quotats des hospitalisations d'urgence. La trouille de devoir gérer, malgré ça, parce que y'a peu de chance que quelqu'un vienne m'aider à la maison si j'appelle en disant "une petite immersion COVID-ménage-devoirs avec un malade et deux gamines de moins de 7 ans ça te tente ? Non ? sérieux ? tu voulais faire Koh Lanta pourtant, et là tu chipotes ? "
Alors, malgré le besoin de relancer la machine, de se sentir en sécurité financièrement, de construire l'avenir (et l'après), de vibrer un peu, d'être portée par des projets, des synergies, des créations : j'attends.
J'attends que ça se tasse, qu'on sache un peu où l'on va. Je me replie sur mon nid, sur mes essentiels, mon petit chez-moi, mes livres et le sourire jamais entamé de pessimisme de mes chouquettes si délicieusement joyeuses.
J'attends parce que si je fais des projets qui se cassent la binette c'est mon moral qui va partir en cacahuètes. J'attends parce que l'énergie qu'il me reste après ces mois pénibles et épuisants, je la garde pour Elles et pour assurer le coup.
J'attends et je me mobilise sur mon activité de graphisme.
Non, ce n'est pas celle qui fait battre fort mon cœur, pas celle qui me colle des paillettes dans les mains et des étoiles dans les yeux, mais c'est celle qui me tient debout depuis des mois (et damn it je suis tellement tellement reconnaissante aux clients qui me renouvellent leur confiance et continuent de miser sur une communication bien faite et bien pensée en ces temps frileux).
J'attends en pensant au printemps, qu'importe quand il commencera, j'ai des graines pleins la tête et le moment venu on se fera un grand jardin plein de soleils, de projets, de sourires, de possibles, de couleurs, de mouvement, de joie de Vous, de Moi.
J'y crois !