03/05/2026
2026
L’année du changement
Ou devrai-je dire du grand bouleversement !
Tu ne m’épargnes pas.
Depuis ce jour enneigé
la mer s’est levée en moi.
Une houle profonde, imprévisible,
qui a déplacé mes fondations
sans prévenir.
Il y a eu ce premier souffle coupé,
ce moment où l’on ne comprend plus
si l’on flotte…
ou si l’on sombre.
Puis les courants contraires,
les silences qui grondent,
les vagues qui reviennent sans prévenir,
et ce goût salé
laissé par ce qui n’a pas été dit.
Parfois, pourtant,
la lumière perce.
Un rayon fragile,
un instant suspendu,
comme si l’océan pouvait aussi apaiser
ce qu’il venait de bousculer.
Je tangue,
je bois la tasse,
je perds le nord…
Et malgré tout,
je reste.
Encore.
Parce qu’au fond,
il y a cette étrange envie
de continuer à nager
dans ce qui me dépasse.
Mais cette année,
ce n’est pas seulement la mer.
C’est un rivage que je quitte.
Des murs que je laisse derrière moi,
chargés de saisons,
de traces,
de morceaux de vie.
C’est aussi un feu que je baisse,
une passion qui brûlait fort,
trop fort peut-être,
avec ses tempêtes,
ses creux vertigineux,
ses vagues de quinze mètres
qui m’emportaient loin de moi.
Alors je choisis la terre.
Une terre plus douce,
où le souffle se pose,
où les pieds retrouvent
leur équilibre.
Je ne sais pas encore où mène le chemin.
Mais je marche.
Je suis ce bateau cabossé
qui tient encore la mer.
Et je suis aussi ce phare,
au loin,
cette lumière que je cherche
et que, doucement,
je deviens.
J’ai confiance.
En ma boussole.
En les mains invisibles qui me guident.
En cette force tranquille
qui ne m’a jamais laissée sombrer.
Et en toi,
là-haut,
toi qui connaissais la mer mieux que moi…
et qui, j’en suis sûre,
n’a jamais cesser de me regarder avancer.