19/05/2026
POURQUOI, MÊME AVEC LES CAPTEURS MODERNES, IL FAUT SUREXPOSER À +1,33 IL LA ZONE LA PLUS CLAIRE ?
Certains pensent qu’avec les capteurs modernes, l’optimisation par surexposition à +1,33 IL de la zone climax mesurée en lumière incidente, ne sert plus à rien parce que les ombres serait aujourd’hui "très récupérables sur les nouveaux capteurs".
Cette idée confond deux notions différentes : récupérer une image et obtenir une information de qualité.
Dans une scène contrastée, les zones sombres reçoivent beaucoup moins de photons que les hautes lumières. Or moins une zone reçoit de lumière, plus son rapport signal/bruit devient faible :
SNR ∝ √N
Autrement dit : moins il y a de photons, moins l’information est riche.
Bien sûr, les capteurs modernes ont fortement réduit le bruit électronique. Cela permet de remonter les ombres plus facilement qu’avant sans produire immédiatement du banding ou du bruit coloré. Mais une ombre remontée en post-production reste moins qualitative qu’une ombre ayant reçu davantage de photons dès la prise de vue.
Exemple simple :
- Une ombre enregistrée avec peu de lumière contiendra moins de microcontraste, des dégradés plus fragiles et davantage de bruit ;
- La même ombre exposée plus à droite contiendra plus d’information exploitable, même après réajustement de l’exposition en post-production.
Les logiciels modernes peuvent masquer une partie des défauts, mais ils ne recréent pas les photons qui n’ont jamais été captés.
L’optimisation d'exposition reste donc physiquement valide aujourd’hui.
Les nouveaux capteurs n’ont pas supprimé l’intérêt d’optimiser l’exposition ; ils ont seulement réduit les conséquences d’une exposition imparfaite.
Sources
James R. Janesick, Photon Transfer, SPIE Press, 2007
Emil Martinec, Noise, Dynamic Range and Bit Depth in Digital SLRs, 2008
K. Stefanov, CMOS Image Sensors, IOP Publishing, 2022
Prayag Wakale et al., Survey of Sub-Electron Noise CMOS Image Sensors, 2024
Et évidemment, mes livres, présents dans toutes les bonnes librairies.