18/10/2026
Il y a des images qui ne vieillissent pas. Et c’est parfois bien triste.
Il y a quelques années, j’ai réalisé cette photographie.
Sans doute la plus belle de ma carrière. Mais aussi la plus triste.
Elle a été doublement récompensée. Pourtant, aujourd’hui, j’aurais tellement aimé qu’elle ait perdu tout son sens…
Mais quand je vois ces images de villes saccagées, de commerces détruits, de monuments incendiés, de vies de travail réduites à néant en l’espace d’une nuit, je ressens une immense tristesse. Et de la colère aussi.
Je pense à ces femmes et ces hommes qui se lèvent chaque matin, qui travaillent dur, qui se battent pour faire vivre leur commerce, leur famille, leurs rêves.
À ceux qui, du jour au lendemain, se retrouvent devant les ruines de ce qu’ils ont mis des années à construire.
Et je me demande… Quel monde sommes-nous en train de laisser à nos enfants ?
Sur cette photographie, ce petit garçon serre la Terre contre son cœur.
Comme s’il voulait la protéger.
Comme s’il avait déjà compris à quel point elle est fragile.
Une larme coule sur sa joue.
Et aujourd’hui, cette larme me semble plus lourde encore qu’au jour où j’ai déclenché.
On peut être en colère. On peut être en désaccord. On peut vouloir faire entendre sa voix.
Mais rien ne justifie de détruire ce que d’autres ont mis une vie à bâtir.
Je ne prétends pas changer le monde avec une photographie.
Mais j’aimerais tellement que cette image nous rappelle une chose essentielle :
Détruire prend parfois quelques minutes. Construire demande toute une vie.
Et nos enfants méritent tellement mieux que le spectacle de notre propre destruction.
Avec espoir,
Anne