06/06/2026
Hé oui, l'Ariège est aussi connue avec ces talents de cette classe, 😎 qui grâce à eux ont fait découvrir le département, l'Arirege, c'est du sport ... aussi 🥳 Équipe de France de Football
Lavelanet, Ariège. Une ville que personne ne situe vraiment sur une carte, un hôpital qui s'appelle La Soulano, et un garçon né le 28 juin 1971 qui allait devenir l'un des gardiens les plus singuliers que le football français ait jamais produit. Rien, dans ce décor ordinaire, ne laissait présager ce qui allait suivre.
Élie Baup l'avait repéré lors de sélections régionales. En 1986, il l'amène dans la pré-formation de Toulouse. Le jeune Fabien Barthez n'a pas encore quinze ans, mais quelque chose dans ses yeux — cette façon de lire le jeu avant que le jeu n'existe — convainc ceux qui l'observent. Le 21 septembre 1991, il fait ses débuts en Division 1 face à Nancy. Un début discret. La suite ne le sera pas.
Marseille le recrute en 1992. Dès sa première saison, il remporte la Ligue des Champions, gardant sa cage inviolée lors de la finale contre le Milan AC, victoire 1-0. À vingt et un ans, il est le plus jeune gardien à soulever cette coupe — record tenu jusqu'à ce qu'Iker Casillas le batte en 2000. Le scandale de match truqué qui frappe l'OM ensuite aurait pu le briser. Il reste. Il aide Marseille à gagner la Division 2 en 1994-95, par loyauté autant que par orgueil. Mais quand il comprend qu'un troisième étage en dehors de l'élite risque de lui coûter sa place en équipe de France, il part. Non sans amertume.
Monaco, ensuite. Deux titres de Ligue 1, en 1997 et en 2000. Une confiance qui grandit. Un style qui se consolide : ce crâne rasé reconnaissable entre mille, ce numéro 16 qu'il choisit à la place du 1, ces manches coupées sur son maillot de gardien, et cette façon d'aller au-devant du danger plutôt que d'attendre qu'il vienne à lui.
Mais c'est l'été 1998 qui fabrique la légende. La Coupe du Monde, à domicile. Deux buts encaissés en sept matchs. Cinq clean sheets. Le trophée Yashin du meilleur gardien du tournoi. Et dans la mémoire collective, ce rituel avec Laurent Blanc — le ba**er sur le crâne chauve avant chaque match — devenu l'une des images les plus tendres d'une génération de footballeurs. En finale, face au Brésil, c'est 3-0. Barthez ne tremble pas. La France devient championne du monde pour la première fois de son histoire.
Deux ans plus t**d, l'Euro 2000. La France double la mise, première nation depuis l'Allemagne de l'Ouest en 1974 à détenir simultanément les deux titres majeurs du football mondial. Barthez est dans les buts. Toujours lui.
Manchester United l'achète pour 7,8 millions de livres sterling en 2000. Sir Alex Ferguson voulait un grand gardien après le départ de Schmeichel. Il avait trouvé bien plus que ça : une personnalité. La première saison est brillante, le titre de Premier League décroché, les fans d'Old Trafford conquis par ses réflexes extraordinaires, ses sorties osées, ses petits ponts sur les attaquants adverses dans sa propre surface. Il y aura des turbulences ensuite — des erreurs coûteuses, des polémiques, une relation tendue avec la presse anglaise — mais jamais Barthez ne ressemblera à un gardien ordinaire.
En équipe de France, il collectionne 87 sélections. Dix clean sheets en Coupe du Monde, record partagé avec Peter Shilton. En 2006, à trente-quatre ans, il conduit une France vieillissante jusqu'en finale, blanchi le Brésil pour la deuxième fois consécutive en Mondial, capitaine par défaut après l'expulsion de Zidane en finale contre l'Italie. La France perd aux tirs au but. Trezeguet manque le sien. Barthez regarde, impuissant. C'est la fin.
Après le football, il se tourne vers le sport automobile avec la même intensité. En 2013, il est sacré Champion de France GT aux côtés de Morgan Moullin-Traffort. En 2016, il cofonde l'écurie Panis Barthez Compétition avec Olivier Panis. Toujours à fond, toujours à risquer quelque chose.
Le Divin Chauve n'a jamais fait les choses simplement. Il les a faites à sa façon — provocatrice, instinctive, lumineuse et imparfaite à la fois. Et c'est exactement pour ça qu'on ne l'oublie pas.