25/07/2026
Quand nos paroles résonnent dans le vide par notre insipidité
Soleil d'enfer🌞
Nous en avions rêvé tout l'hiver et, tels des incrédules Aztèques, nous avions prié pour qu'enfin il revienne nous réchauffer de ses rayons bienfaisants.
Il est venu enfin puis s'est installé au pouvoir et, en dictateur absolu, il a instauré sa loi de manière unilatérale.
Ses sujets se sont alors rebellés. Demandèrent sa démission et, au pire, sa clémence.
Révolte inutile, car déjà ce despote s'était allié aux hommes négligents et aux esprits criminels de la Terre pour nous soumettre tous dans un règne de terreur.
Tout s'enchaîna si vite que la vie des humains sur Terre devint un calvaire.
Guerres, tornades, incendies dévastèrent la planète en se succédant dans un défilé macabre et souvent assassin.
Les fleuves se retirèrent comme des armées vaincues.
Les forêts, jadis cathédrales de fraîcheur, se changèrent en bûchers où chaque arbre semblait attendre son tour dans un silence résigné.
Le vent lui-même avait déserté. Il ne soufflait plus ; il brûlait.
Les villes apprirent à vivre les volets clos et les rues étaient désertes aux heures où, autrefois, les enfants jouaient.
Les places sonnèrent creux. Les oiseaux se turent. Même les cigales finirent par renoncer tant la chaleur semblait avaler jusqu'au bruit de la vie.
Alors les hommes cherchèrent un coupable.
Ils montrèrent le ciel du doigt, insultèrent le Soleil, le traitèrent de tyran, de monarque sanguinaire.
Mais le vieux roi de feu demeura impassible. Depuis des milliards d'années, il n'avait jamais changé de nature.
Le véritable conspirateur n'était peut-être pas celui qui brillait là-haut.
Il marchait parmi nous depuis toujours.
Il bétonnait les sols, rasait les haies, abandonnait les terres en jachère, jouait avec le feu, pillait les ressources comme si le lendemain n'existait pas.
Toutes ces actions qui nous paraissaient anodines...
Ensemble, ils avaient bâti le trône du despote.
Le Soleil n'avait fait qu'exercer son métier.
Nous avions, nous-mêmes, construit son royaume.
Et lorsque, un soir, les premiers nuages apparurent enfin à l'horizon, personne n'osa applaudir.
Nous savions désormais que la pluie ne suffirait pas à éteindre l'incendie.
Car le brasier le plus dangereux n'était plus dans les champs ni dans les forêts.
Il brûlait depuis longtemps dans notre aveuglement.