25/07/2026
Notre maison brûle… et ce n’est pas la première fois.
Je parle de Fontainebleau, de la Brenne, du Var, des Hautes Alpes, de la Gironde, de l’Espagne, du Canada et de tant d’autres territoires sur notre planète. Car notre maison c’est la planète bleue. Mais celle-ci s’embrase en de nombreux points et a changé de couleur… comme un signal d’alarme.
Alors quand les incendies ont commencé le 12 juillet à Fontainebleau, à 100 km de chez moi, j’ai senti que je devais essayer d’aider. Ce n’est pas parce que cela a été médiatisé ou que cela se trouvait près de Paris. Il y a beaucoup de polémiques sur la toile à ce sujet.
Pour ceux qui me connaissent, je suis déjà partie seule en Australie début 2020 après les terribles incendies de fin 2019, avec pour seul compagnon de voyage, mon sac à dos rempli de mitaines et d’une couverture tricotée par un membre de ma famille pour les animaux brûlés. Cela parait dérisoire mais j’y suis tout de même allée. J’ai essayé également d’aller dans l’Aude il y a à peine quelques semaines mais cela n’a pas été possible.
Seule, c’est compliqué d’aider de manière optimum. Dès le 13 juillet, j’ai répondu à l’appel de différentes associations comme des milliers d’autres bénévoles pour prêter main forte.
Je me suis rapprochée surtout d’une association peu connue dans les Yvelines à Rambouillet : Animal Protection du Vivant. Humble organisme par sa taille mais avec des adhérents d’une grandeur d’âme par leurs cœurs et leur engagement pour le Vivant. Nous nous sommes organisés conjointement pour agir sur le terrain mais aussi en coulisses. Une opération sur le terrain, cela s’organise un minimum.
Dans nos départements respectifs, nous avons organisé des collectes pour du matériel médical, pour les premiers soins animalier. L’équipe prête à se déployer a noué de nombreux contacts utiles auprès de vétérinaires et de centres de soins. J’ai été faire du repérage dans la limite des zones sinistrées et dans le respect des consignes de sécurité. J’ai pu échanger avec les pompiers, avoir connaissance de faits concrets, de l’élan de solidarité incroyable des citoyens, anonymes ou encore des agriculteurs. Ceux-ci ont été formidables dès le début des incendies. Un pompier m’a confié que sans eux la situation aurait été bien pire.
Comme je patrouillais à la recherche de survivants en périphérie de Fontainebleau, j’ai demandé des informations sur la faune sauvage. Attention, cela ne reflète qu’une petite partie du territoire en question. Peu ou pas de corps d’animaux. Les grands animaux avaient fui. Mais il était trop tôt pour faire un bilan. On se doute bien que la petite faune, les insectes, les amphibiens, les nichées… ont subi de lourdes pertes. Sans parler des dommages collatéraux avec les intoxications dues à la fumée, les collisions lors de la fuite de la zone sinistrée, le stress, la déshydratation…
Nous sommes partis un autre jour avec une patrouille de 5 personnes pour rechercher à nouveau des survivants en périphérie de la zone brûlée. Le feu était fixé mais il y avait encore des fumerolles dans les zones incendiées. Hélas rien… un silence de mort ressenti au plus près de la zone, une odeur âcre persistante, un sentiment d’impuissance prégnant face au drame…
Malheureusement nous n’avons pas pu sauver de survivants. La situation étant dangereuse au vu de la présence de feux zombies avec un sol composé de tourbières, ainsi qu’un risque de chute d’arbres. Les différents arrêtés préfectoraux ne permettent pas non plus d’aller sur zone pour raison de sécurité et ce pour une longue période…
Un premier bilan environnemental estime qu’environ 2 050 hectares de forêt ont brûlé, soit près de 10 % de la forêt de Fontainebleau, classée réserve de biosphère par l’UNESCO. Le massif abritait environ 6 600 espèces animales dont 60 mammifères, 200 oiseaux et 5 600 insectes. On y trouvait une flore et une fonge très riches (orchidées rares, champignons, batraciens et rapaces protégés). Les évaluations précises des pertes restent difficiles à établir, en particulier pour les insectes, champignons et microorganismes du sol.
Une dizaine d’animaux de la faune sauvage auraient été sauvés ( sources difficiles à évaluer).
Mais nous allons aider différemment en faisant don du matériel collecté grâce à cette formidable solidarité , auprès des centres de soins de la faune sauvage et de refuges locaux. La distribution a déjà commencé pour aider les petites associations pleinement engagées sur le terrain toute l’année et qui disposent de peu de moyens.
Un immense merci au soutien de tous, à la formidable équipe de l’association Animal Protection du Vivant et notamment de la super team terrain ! Merci à tous les donateurs pour la collecte et en particulier dans mon département dans le Loiret à ANYMOS , Thia Lgrt , Angélique Lbrn , Clinique vétérinaire du Gabereau, Pharmacie Cœur de Loire à Jargeau,
Julien Gadier .
Les incendies se poursuivent un peu partout hélas… nous veillons à l’actualité et entretenons cette solidarité pour faire notre part pour le Vivant.
Adeline