24/04/2026
INSPIRATION !
Élise (Karen) à Guîtres — Quand la BD prend vie
Il y a des inspirations qui s’imposent comme une évidence. Celle de Jean-Pierre Gibrat et de son héroïne Élise du Sursis en est une. Cette femme libre, sensuelle et mélancolique, filmée dans la France de l’Occupation, semblait n’exister que sur le papier — jusqu’à ce jour à la gare de Guîtres.
Le décor s’y prêtait parfaitement : les rails rouillés, la locomotive Decauville aux couleurs d’un autre temps, les lampions en fonte, les arbres bruissant au vent d’automne. Tout respirait la même atmosphère douce-amère que les planches de Gibrat — cette façon unique de suspendre le temps, de faire d’un instant ordinaire quelque chose d’éternel.
La robe noire à pois blancs, les cheveux au vent, la posture à la fois sensuelle et rêveuse… Comme Élise, elle semble attendre un train qui ne vient pas — ou peut-être quelqu’un. Accroupie sur les traverses, grimpant sur le marchepied, regardant au loin sur le quai, elle incarne cette féminité intemporelle que Gibrat sait si bien capturer au trait.
Car c’est bien là le génie de Gibrat : ses héroïnes ne posent pas, elles existent. Et ces photographies, baignées de la même lumière chaude et mélancolique que ses aquarelles, réussissent ce pari rare — faire sortir la BD de la page.
Tout était là. Il ne manquait plus qu’une héroïne de BD qui accepte de prendre vie 😊
Merci à KB3.coach, Karen Blanchard pour sa confiance.
Photographie appartenant à ma série « la bordelaise ».