22/09/2025
Un an après…
Aujourd’hui, cela fait exactement un an que ma vie a basculé lors d’une activité bénévole en tant que photographe sur une course cycliste en contre-la-montre.
Ce jour-là, j’ai été percuté par un cycliste 40 mètres après la ligne d’arrivée, sur une boucle comportant le départ. Le bilan a été lourd :
commotion cérébrale avec perte de connaissance,
multiples fractures,
7 points de suture au front,
un ongle arraché,
deux mois d’arrêt de travail (j’ai refusé le troisième),
ma paire de lunettes de vue inutilisable,
mon boîtier photo et un objectif de qualité hors service.
Les gendarmes sur place, sur instruction du parquet, ne donnent pas suite à l’accident. Je dois donc me tourner vers ma responsabilité civile et celle du cycliste. Je fais une déclaration auprès de mon assurance (MATMUT) et j’attends.
Les jours passent. Sans nouvelles du cycliste, je finis par l’appeler : je prends de ses nouvelles, heureux d’apprendre qu’il n’a aucun dégât corporel ni matériel, et je l’encourage même à poursuivre sa passion. À ce jour, il ne m’a jamais demandé comment j’allais.
Puis viennent les lenteurs administratives : les coordonnées de son assurance t**dent à arriver, la MATMUT me laisse entendre qu’il ne faut pas espérer grand-chose. Leur empathie ? Inexistante. Quand je leur dis que je vais travailler avec des verres de lunettes rayés, leur réponse est glaçante : « Eh bien, rachetez-vous des lunettes ! »
Les mois passent… rien ne se passe.
La semaine dernière, enfin, un appel : l’assurance du cycliste (BPCE) refuse toute prise en charge, motif : l’accident a eu lieu lors d’une épreuve sportive. Décision irrévocable. Et le plus choquant ? La MATMUT savait depuis mai 2025… et me l’annonce quatre mois plus t**d !
Aujourd’hui, nous nous tournons vers l’assurance de l’organisation de la course. Mais, étrangement, plus personne ne répond à mes messages.
Depuis un an, pas un jour ne passe sans que je pense à cet accident. Personne n’assume. Personne ne prend ses responsabilités. Je me sens seul.
J’ai perdu une passion. J’ai perdu confiance en beaucoup de monde.
Mais je n’ai pas perdu l’envie de me battre contre cette injustice.