15/04/2026
☯️ L'entre-deux ☯️
Ni vraiment visible, ni complètement invisible.
Ni tout à fait valide, ni réellement invalide.
Bienvenue dans la zone grise de ce que j'appelle mon "handicap bâtard".
Pendant 16 ans (depuis mon diagnostic), j'ai cru que le fauteuil roulant serait le point final. Le signe que ma vie d'avant s'arrêtait. Aujourd’hui, je vous partage cette photo avec fierté parce que j'ai compris que le fauteuil n'est pas une fin, mais un nouveau souffle.
🗨️ Je peux marcher. Oui, mais mal.
Je peux marcher. Oui, mais au prix d'efforts cognitifs et physiques épuisants.
Je peux marcher. Oui, mais avec l'ombre d'une chute à chaque pas.
Alors souvent, je prends ma canne. Et parfois, je m’assois dans un fauteuil. C’est là que le regard des autres devient lourd.
« Elle se lève ? Mais elle est en fauteuil ! »
« Elle s'accroupit pour prendre une photo ? C'est quand ça l'arrange, en fait. »
Le syndrome de l'imposteur a été mon plus grand frein. J’ai longtemps cru que si j’utilisais une aide technique, je n’avais plus le droit de m’en passer, même pour quelques pas. Comme s'il fallait "mériter" sa canne ou son fauteuil en étant totalement incapable de marcher ou de bouger. J'ai même eu ce réflexe inconscient de vouloir amplifier mes symptômes pour être "crédible" aux yeux des passants.
Pourtant, la vérité est là : plus j'utilise mon fauteuil pour les longs trajets, mieux mes jambes se portent le reste du temps. C'est un paradoxe salvateur.
Aujourd'hui, j'arrête de me cacher ou de refuser des sorties par honte de mes mouvements hésitants. Je ne suis pas paraplégique, mais j'utilise un fauteuil pour ⭐vivre mieux⭐.
Je suis parfois sur deux jambes, souvent avec une canne, et parfois en fauteuil. Je ne suis plus une imposture, je suis simplement moi, cherchant l'équilibre pour profiter de la vie avec un peu plus d'insouciance. ✨
Avez-vous, vous aussi, déjà ressenti ce sentiment l'illégitimité face à une aide ou un besoin ?