28/02/2022
Mon Micka,
C’était vendredi dernier et la nuit qui a suivi.
Cela faisait longtemps.
Cela faisait longtemps que ma nuit n’avait pas été compliquée, que ma journée n’avait pas été compliquée.
Bizarre de dire longtemps pour une période qui au total n’était alors « que » de 149 jours, et de précisément 5 mois aujourd’hui.
Un réveil avec en tête le son d’un titre, un titre en ton hommage.
J’ai trouvé curieux lors de ce réveil en pleine nuit d’avoir un son en tête.
Mon rêve s’est rapidement évaporé mais cette musique est restée.
Je ne me suis même pas rappelé tout de suite de ce qu’était ce son…
Il faut dire qu’il n’est pas encore sorti.
J’ai hâte qu’il le soit.
Un nouveau hasard s’en est suivi … L’annonce samedi du tournage du clip qui accompagnera le son.
Pas simple pour ceux présents sur place pour le tournage hier…
A nouveau des montagnes « russes » d’émotion pour eux, pour nous, pour la terre entière en fait actuellement.
C’est malheureusement tristement de circonstance actuellement les montagnes « russes » d’émotion…
Au moins tu n’as pas à connaître ça …
Ces évènements sont tellement à l’inverse de toi.
L’usage inique et destructeur de la force y compris contre des innocents, des civils, le mensonge, la manipulation, l’hypocrisie.
C’était déjà Poutine, à l’époque qui dirigeait la Russie lorsque tu avais décidé de prendre ta plume à 9 ou 10 ans pour dire à Jacques Chirac qu’il fallait intervenir pour protéger les civils Tchétchènes contre les exactions russes…
J’ai retrouvé dans ta boite à souvenirs ton courrier ainsi que la réponse du Président voici quelques semaines … Tellement toi ...
Mais je dois le confesser, ce ne sont sans doute pas les évènements en Ukraine qui ont perturbé mon sommeil.
Mais certainement les émotions de vendredi générées par la touche finale à ta stèle.
La pose de ta photo à laquelle tient tant Isabelle.
Lorsque nous sommes arrivés au Champ Niguel (toujours la même difficulté à utiliser certains mots qui me font mal) nous avons eu la surprise de voir une très bonne amie d’Isabelle, arrivée en même temps que nous, sans qu’elle sache que nous venions pour assister à la pose de ta photo.
Cela nous a touché qu’elle soit là. Aussi présente qu’à chaque fois lors des moments importants qui ont suivi le 30 septembre.
Elle ne savait pas que nous venions pour cette raison particulière.
Encore un de ces surprenants hasards…
Comme vendredi soir lors de notre sortie au spectacle avec des amis pour voir un humoriste.
Alors qu’il utilisait en fil rouge des morceaux d’Alain Souchon (au moins cela n’allait pas me faire penser à toi me suis-je dit), il a aussi intégré, sans raison, des notes de Yann Tiersen et de Kaleo « Way down we go », deux titres aux significations particulières pour toi, pour nous.
Mais ne t’inquiète pas après la « way down » il y a toujours une « way up » 😊
Je n’ai pas besoin de ça pour penser à toi mais je dois avouer que ces hasards y contribuent beaucoup…
Penser à toi tout le temps, panser ma douleur parfois…
Toujours mes digressions…
On le mettra peut-être comme titre au livre 😉
Je reviens donc à ta stèle.
Qu’est-ce qu’elle te ressemble : puissante, solide, belle, esthétique, marquante, pure, éthérée au lieu de pure ai-je envie de dire… L’éther… L’éther dans son acception antique. Ether, le dieu primordial, symbole de la brillance, de la pureté de l’air, du ciel, de l’espace ou l’éther dont l’âme tirerait son origine.
Bon c’était avant qu’Einstein et ses copains mettent à mal le concept… Mais le mot et le concept restent beaux 🙂
Elle est belle ta stèle mais qu’est-ce qu’elle fait mal…
Heureusement à chacun de ces évènements te concernant, à part les deux jours qui ont suivi ton départ, le temps est toujours beau.
Beau lorsque l’on te cherchait, lumineux et chaud lorsque l’on t’a retrouvé, doux le jour de ton hommage, clément lors du dépôt de ton urne, calme au moment de la pose de ta stèle et à nouveau beau aujourd’hui lors de la pose de ta photo.
Un peu de chaleur et de douceur ne font pas de mal…
Mais elle est tellement dérisoire, cette douceur, en comparaison de la claque que je reçois quand je suis face à face avec cette horrible réalité.
La beauté de ta stèle m’apporte un peu d’apaisement toutefois.
Le sentiment de l’avoir imaginée, pensée pour panser, un peu, puis réalisée à ton image.
Mais tout cela reste bien peu en comparaison du vide immense que tu laisses derrière toi.
Je t’aime mon fils.