Jean-Luc Bobin Photography

Jean-Luc Bobin Photography Journaliste et photographe français indépendant basé en Catalogne nord. (...) French freelance jo

J’aime assez cette idée empruntée à la sagesse populaire qui affirme qu’une chaise vide est souvent plus éloquente qu'un...
11/06/2026

J’aime assez cette idée empruntée à la sagesse populaire qui affirme qu’une chaise vide est souvent plus éloquente qu'une chaise occupée. Elle n'est pas seulement un objet sur lequel on s’assoit. C’est aussi une invitation à s’arrêter. Une place laissée à l’espérance.
Ce matin, en repérage sur la plage de Sainte-Marie-la-Mer aux premières lueurs du jour, me sont revenues en mémoire ces petites pensées, certes futiles, mais pleine de bon sens et de poésie.
Et pour vous, qu’évoquent-elles, ces deux intrigantes chaises géantes, posées là, sur le sable, face à cet écran d’un cinéma Paradiso plus vrai que nature ?

Il ne fait pas encore tout à fait nuit. Mais ça ne saurait tarder. Le jour persiste. Insiste. Peu pressé de basculer ver...
10/06/2026

Il ne fait pas encore tout à fait nuit. Mais ça ne saurait tarder. Le jour persiste. Insiste. Peu pressé de basculer vers l’obscurité. A l’opposé, les derniers rayons de soleil s’apprêtent à disparaître. Fragile bascule. Bancale. Incertaine. Ouvrant la voie au chemin de tous les possibles.
Des tréfonds de la forêt, résonne le chant des coucous. Pas encore celui des hulottes. Dans le ciel, le ballet désordonné des hirondelles s’intensifie au fur et à mesure que la lumière vacille. Et puis, soudain, du magma de nuages et de brumes enlacés, surgis de la cendre, apparaissent les sommets du Canigó. Drapés dans une vibrante toge écarlate élégamment surlignée par de fines étoles à la blancheur hermine, ils rayonnent. Littéralement.
Viens, vite. Le crépuscule nous attend…

Ici, le vent qui tournoie entre les cimes nous conte les mystères de la vie. L’eau, qui dévale en cascades des sommets, ...
09/06/2026

Ici, le vent qui tournoie entre les cimes nous conte les mystères de la vie. L’eau, qui dévale en cascades des sommets, nous murmure en écho l’élégance de l’existence. La Nature s’y épanouit sans entrave. Flore et faune se côtoient en harmonie. Sans pour autant nuire à l’activité humaine dès lors qu’elle s’engage à être respectueuse et responsable vis à vis de l’environnement.
Ici, au coeur de la réserve de Mantet, joyaux du Parc naturel régional des Pyrénées catalanes, le pastoralisme constitue un maillon essentiel à la préservation de la biodiversité.
Ici, des pics de l’Orri et de Ribes Blanques, en passant par ceux de la Serra Gallinera ou de la Dona, l’élevage se pratique depuis l’éternité. Il fut un temps où ce vaste territoire, dominé par l’éclat scintillant de la voie lactée, accueillait plus de 10 000 têtes de bétail.
Rien de similaire certes aujourd’hui. Mais ici, au royaume des isards : troupeaux de brebis, chèvres, vaches et chevaux convoitent toujours ces riches pâturages affranchis des frontières. Et perpétuent ainsi, d’années en années, le mélodieux chant des sonnailles sur les parcours des transhumances.

Réserves Naturelles Catalanes 66 Communauté de communes Conflent Canigó, Tourisme Conflent Canigó, Le Syndicat Mixte Canigó Grand Site

Sur le chemin escarpé qui descend du col en direction du village aux toits de lloses, la Portella de Mantet côtoie ici l...
07/06/2026

Sur le chemin escarpé qui descend du col en direction du village aux toits de lloses, la Portella de Mantet côtoie ici l’intimité des cieux. Panorama de toute beauté à 180°. Teintes émeraude à perte de vue. Magnifiées par la vibrante lumière matinale.
Sur les sentes grasses des prairies, les genêts éclatent en boutons d’or hilares. L’air y est frais. Vivifiant. Régénérant. Au loin, le vol en cercles circulaires d’un gypaète surfant dans les courants ascendants accentue ce sentiment de plénitude qui fait battre à l’âme la chamade. Au-dessus de la rivière, le tintinnabulement lancinant d’une cloche. Vaches et chevaux paissent en presque totale liberté. Le bêlement d’un troupeau de brebis en estive répond en écho à cette douce symphonie pastorale.
Envie soudaine de mettre sur pause. D’activer délicatement l’obturateur. Pour figer, au 125 ème de seconde, cette élégante parcelle d’éternité.

Chaque année, à la veille de l’été, elle vient me saluer. Un beau matin, elle débarque des savanes africaines de son vol...
05/06/2026

Chaque année, à la veille de l’été, elle vient me saluer. Un beau matin, elle débarque des savanes africaines de son vol ondulant, souple, vaguement hésitant. Un peu à l’instar de celui d’un gros papillon.
La piste d’atterrissage de ma vieille pelouse desséchée constitue pour elle un terrain de chasse idéal. Un garde manger à ciel ouvert, où de son long bec effilé elle peut farfouiller à l’envi la terre en quête de larves, vers, coléoptères et autres insectes qui constituent la base de son alimentation.
La huppe fasciée est vraiment un oiseau étonnant. Avec sa crête orangée qui ondule au gré de son humeur du moment, on la croirait presque sortie d’un dessin animé de Walt Disney. Ce jour-là, elle a passé un bon moment à déambuler de long en large et en travers dans le jardin de ses petits pas feutrés.
Dissimulé derrière un bosquet, allongé au sol dans les herbes jaunes, j’ai passé une bonne demi-heure à l’observer. Parfois, de son oeil vif, elle jetait un regard en ma direction. Semblant m’avoir repéré. Mais magnanime, elle m’a laissé lui tirer le portrait. C’est la première fois que j’ai pu l’approcher d’aussi près.
Un cadeau inestimable que je ne suis pas près d’oublier.

Drapée dans sa longue tunique d’or, son enfant soutenu contre l’épaule par son bras gauche, elle retient de la main droi...
04/06/2026

Drapée dans sa longue tunique d’or, son enfant soutenu contre l’épaule par son bras gauche, elle retient de la main droite l’étrier d’une ancre marine. Elégante. Notre-Dame de Bonne Nouvelle veille. Protectrice. Yeux rivés sur l’horizon, elle scrute le Levant. Sans ciller. Rassurant de sa présence: là face à la mer, sise sur le promontoire de la redoute du fanal de Port-Vendres, le plaisancier croissant au large ou le marin-pêcheur relevant son chalut à plusieurs milles des côtes.
Même à l’époque des balises Argos, GPS et autres systèmes sophistiqués de localisation par satellite, la vierge de Port-Vendres a conservé intacte sa dimension de dévotion populaire. Fleurs, rubans, chapelets ou témoignages d’affection sont toujours très régulièrement déposés à ses pieds.
Hier, en passant la voir au lever du jour, elle semblait pensive. Perplexe. Légèrement abattue même. Peinée de constater qu’au coeur du XXIe siècle, des enfants comme le sien, des femmes et des hommes contraints à l’exil par la faim et les persécutions, périssaient toujours. Engloutis chaque jour, dans l’indifférence générale, dans les abysses de Méditerranée.

Seul face à l’horizon qui poudroie et le ciel qui rougeoie. Seul face à l’immensité. Seul. Sur ces rivages ensorcelants ...
03/06/2026

Seul face à l’horizon qui poudroie et le ciel qui rougeoie. Seul face à l’immensité. Seul. Sur ces rivages ensorcelants de la Côte Vermeille du Pays catalan. Ici et maintenant. Tout simplement…

Allez savoir pourquoi ! Pourquoi, parfois, du chaos visuel d’une composition, les éléments brusquement se mettent en pla...
02/06/2026

Allez savoir pourquoi ! Pourquoi, parfois, du chaos visuel d’une composition, les éléments brusquement se mettent en place. Cela, évidemment, ne dure pas. Mais, l’espace d’une fraction de seconde, le cadrage envisagé fait sens. Chaque pièces du puzzle préalablement repérées entrent alors en résonance les unes avec les autres. Comme les rouages d’une montre ou d’une horloge.
Il y a d’abord ce feu métallique du môle de Port-Vendres qui structure la scène. Drôle d’échassier aux longues pattes rouillées dont la houppe écarlate vient d’emblée happer le regard à la surface d’une mer azur.
Puis, ces trois embarcations alignées comme sur une portée. Formant en quelque sorte la clé de voute de cette ode marine dédiée à Neptune. L’une d’elle, frêle et belle catalane, vient de virer de bord, s’apprêtant à rentrer au port. Tandis qu’une autre est sur le point de hisser sa voile avant de prendre le large. Plus haut, un solide monocoque file déjà à belle allure. Cap sur Béar ou les Baléares. Vers les embruns salés de la liberté…

Sauvage. Passionnément sauvage. Une nature à l’état brut. Délicieusement authentique. Bigrement ressourçante. Ils sont n...
31/05/2026

Sauvage. Passionnément sauvage. Une nature à l’état brut. Délicieusement authentique. Bigrement ressourçante. Ils sont nés ici, ces paysages indociles enfantés dans les replis cachés des Pyrénées, façonnés dans l’harmonie, à l’écart des abjections du monde.

L’heure bleue vient tout juste de se dérober. Laissant place à ces délicieuses minutes dorées, celles qui accompagnent d...
27/05/2026

L’heure bleue vient tout juste de se dérober. Laissant place à ces délicieuses minutes dorées, celles qui accompagnent délicatement le lever de soleil sur la Méditerranée. Un léger souffle d’air caresse avec sensualité la surface de l’étang de Canet en bord duquel s’affairent déjà deux pêcheurs d’anguilles. Pressés d’aller relever en barques nasses et filets. Intense et profond sentiment de quiétude.
De l’autre coté du miroir, les Pyrénées pointent maintenant le bout de leur nez. Jolie frimousse pomponnée. Le pic du Canigó va bientôt se débarrasser de sa livrée hivernale. S’apprête, d’un jour à l’autre, à endosser sa tenue estivale.
Passe ainsi le cycle des saisons au coeur du Roussillon…

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