29/03/2026
Je traverse la nuit sans lui donner mon nom,
Je connais ses détours, ses ronces, sa prison.
Les épreuves, parfois, me couronnent de cendre,
Mais je sens sous la peur un autre jour descendre.
L’avenir se profile en voiles et en feu,
Comme un signe caché dans le silence bleu.
Je marche avec le doute au bord de la poitrine,
Mais quelque chose en moi déjà se discipline.
Autour de moi tout change, et le monde se tord,
Les serments, les visages, et les portes du sort.
Je vois naître et mourir mille formes anciennes,
Comme si l’univers défaisait ses frontières.
Et pourtant je pressens, sous l’ombre qui m’éprouve,
Une main de clarté qui lentement me trouve.
Car si je suis perdu dans l’épaisseur du soir,
Je ne suis pas livré aux mâchoires du noir.
Choisir me coûte, oui, car tout choix sacrifie,
Il arrache à l’hier quelque part de ma vie.
Et j’ai craint bien souvent, dans mes propres saisons,
De n’être que témoin de mes métamorphoses.
Mais l’âme n’est pas faite à rester au balcon,
À regarder le feu sans entrer dans son nom.
Il faut mourir un peu pour rejoindre sa rive,
Et laisser l’ancien soi rendre enfin ce qu’il vive.
Alors j’avance, nu sous le poids du mystère,
Avec mes anciens deuils, mes vertiges, mes guerres.
Je ne marche pas vers la chute ou l’oubli :
Je marche vers la lampe au bout de l’infini.
Car la nuit n’est qu’un seuil, et non pas ma demeure,
Un ventre de silence où l’être se demeure.
Et si l’ombre me forge en ses lentes douleurs,
C’est pour mieux préparer mon visage à l’ardeur.
Je le sais désormais, même en pleine blessure :
La lumière me veut, et déjà me murmure.
Ce qui vient n’est pas là pour m’offrir le tourment,
Mais pour faire de moi l’élu de mon levant
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