21/04/2026
Prier… ou photographier ?
Dans la chambre funéraire de la pyramide de Gizeh, une question nous a arrêtées net.
Et étrangement, nous ne savions plus comment être là.
Dans cet espace fermé, massif, presque hors du temps, nous étions seules toutes les trois.
Le silence n’était pas vide. Il occupait tout.
Puis le gardien nous regarde et demande simplement :
voulez-vous prier ?
❓Un flottement immédiat.
Pas de refus.
Pas d’évidence non plus.
Le problème n’était pas la proposition.
C’était nous.
–> Comment se tenir dans un lieu comme celui-ci ?
–> Quelle posture adopter ?
–> Comment répondre à ce que l’on ressent sans le trahir ?
Nous étions traversées par quelque chose de fort, mais sans cadre pour l’accueillir.
Alors, voyant notre hésitation, il propose autre chose :
nous prendre en photo.
👉 Et là, tout devient simple.
Parce que photographier, on sait faire.
C’est un geste familier. Presque un réflexe.
Mais avec un peu de recul…
–> il fixe
–> il cadre
–> il donne une forme à l’invisible
En racontant cette scène, une amie m’a fait remarquer ce glissement.
Comme si nous avions simplement remplacé un rituel par un autre.
🌿 Voyager, ce n’est pas seulement recevoir un lieu.
C’est aussi chercher comment y répondre.
Et parfois, cette réponse passe par une image.
👉 Quand un lieu impose sa présence, que reste-t-il comme geste possible ?
Laurent Isabelle Cardenti Héloïse Ponsonnet