09/08/2016
" Il ne savait plus quoi penser. Il n'exprimait d'ailleurs pas grand chose planqué derrière les verres fumés.
Le grain dégueulasse estompait tout trait de ce qu'il restait de son visage.
L'image comme exhumée d'une autre époque où les photos ne faisaient pas encore la course au propret lisse et parfait.
Voilà il voulait salir un peu le truc. Casser le moule étriqué.Faire transpirer un peu cette chaleur sans doute estivale. Presser le dernier jus acide d'un fond de Rock défraîchi. Remuer les tripes autant que les idées. Secouer la boîte en espérant trouver quelques poussières d'envie.
Mais rien ...
La mayonnaise est foutue. Bousillée.
Rien ne va plus! Les œufs sont frais ! Tournée comme la page froissée d'un de ces torchons qu'ils osent appeler journal. Grand tirage mais gratis... Un concept malodorant De cette société nouvelle qui lui est inadaptée. Pousser à acheter tout et surtout n'imp' d'un côté et de l'autre, brader, "offrir" la confiture des jolis mots, la gelée royale de l'art aux cochons ignorants engraissés à l'exigence du tout, tout de suite gratis ...
Aujourd'hui il se sent aussi vide qu'un petit verre de côte mal rincé avalé cul sec à 8h du mat au zinc d'un pmu de banlieue ...
Mais au delà de côté désabusé il n'est pas triste. Loin s'en faut. Presque soulagé d'un fardeau beaucoup trop lourd.Il est appelé. Ailleurs. Une envie, enfin. D'un bon barreau de chaise cubain de parvenu ou de vieux bourgeasse au choix. Puis il a fini. par vouloir aller de nouveau voir cet ailleurs insouciant. Au bois ( commun )si les lauriers sont coupés. Il ne tardera pas à reprendre son sac. Rose, le sac. ( ... ) "