08/08/2026
L’Allier a chaud,
Il a fait chaud dans l’Allier.
L’Allier, pourtant… un département tempéré.
Un pays de rivières, de prairies, de bocages, de jardins et de terres grasses.
Et pourtant, cette fois, il a eu chaud.
Très chaud. 🌞🌞🌞
Il a fait chaud partout.
Trop chaud.
Trop longtemps.
C’est dingue.
C’est presque irréel.
Trop chaud, trop peu d’eau, trop soif.
Quelle calamité.
Les agriculteurs regardent leurs terres avec désespoir. Les jardins ont jauni.
Les pelouses ont disparu. Les rivières ont baissé.
Les arbres ont souffert.
Et là-haut, cette énorme boule de feu qui brille tranquillement dans le ciel…
Comment fait-elle pour nous faire griller comme ça ?
Mais le soleil, lui, n’est pas coupable.
Nous le savons.
Alors il reste les autres incendies.
Ceux qui naissent parfois d’une imprudence, parfois d’une négligence, parfois de la main criminelle de quelques esprits assez fous pour mettre le feu aux forêts, aux prairies, aux vies.
Pourquoi ?
Pour rien.
Pour quelques secondes de folie, certains peuvent transformer des années de nature en cendres.
Quelle calamité.
Quelle damnation.
Et nous voilà, petits humains, à regarder brûler ce que nous pensions éternel.
Nous sommes peu de choses.
Nous le découvrons lorsque l’eau manque.
Nous le découvrons lorsque la terre se fend.
Nous le découvrons lorsque le ciel devient blanc de chaleur et que l’herbe craque sous nos pas.
Et demain ?
Demain, peut-être, nous ouvrirons le robinet.
Et nous attendrons.
Une seconde.
Deux secondes.
Puis nous comprendrons.
Il n’y a plus d’eau.
Plus rien.
Tout est sec.
Tout est fragile.
Tout s’effrite.
Tout s’effrite.
Tout s’effrite.
Tout s’effrite.
Cette sécheresse ressemble à un rêve de fièvre dont personne ne parvient à se réveiller.
Alors comment ne pas avoir peur ?
Comment ne pas se demander où nous allons ?
Comment expliquer cela à nos enfants ?
Que leur dire lorsque les canicules deviennent ordinaires, lorsque les incendies reviennent chaque été, lorsque les records deviennent les nouveaux repères ?
Leur dirons-nous que nous ne savions pas ?
Que nous n’avions rien compris ?
Que nous pensions que cela finirait bien ?
Non.
Nous savons.
Et c’est peut-être cela, le plus terrible.
Nous savons.
Alors que faire ?
Faire demi-tour ?
Changer de chemin ?
Apprendre à vivre autrement ?
Réapprendre la valeur d’une goutte d’eau, d’un arbre, d’une ombre, d’une terre vivante ?
Il faudra bien.
Parce que les canicules se succèdent.
Les détresses aussi.
Les dégâts, les incendies, les sinistres, les récoltes perdues, les rivières qui s’épuisent.
Tout est là.
Tout nous avertit.
Et pourtant nous continuons.
Alors une question demeure, suspendue dans cet air brûlant :
Nous allons vers où ?
Et surtout…
Nous allons vers quoi ?
Parce qu’il est peut-être encore temps de changer de direction.
Mais il faudra commencer maintenant.
Avant que le mot « sécheresse » ne devienne simplement le nom de notre époque.
Avant que nos enfants ne nous demandent un jour :
« Vous saviez… alors pourquoi n’avez-vous rien fait ? »...
Photo Villeneuve sur Allier 7h30