La gazette de la faune sauvage

La gazette de la faune sauvage La faune sauvage de France en forme de récits.
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Quand on a eu la maison, j’ai voulu me débarrasser des nids d’hirondelles.C’est vrai quoi, on avait signé pour une maiso...
18/06/2026

Quand on a eu la maison, j’ai voulu me débarrasser des nids d’hirondelles.

C’est vrai quoi, on avait signé pour une maison, pas pour un dépotoir!

Non, vraiment, on voulait quelque chose de propre. Un mur aussi lisse que la peau d’une influenceuse à Dubaï. Hors de question d’avoir un tas de boue séchée sur notre beau crépis.

J’te dis pas l’angoisse quand j’ai appris que ces nuisibles étaient protégés. Sans déc’, vous avez vu le pouvoir de nuisance de ces piafs?

Vous imaginez si chaque fois qu’on faisait des gosses, ils ouvraient la porte d’entrée et posaient leurs déjections sur le paillasson? Nan mais on est où là ?

Bon, il a fallu que je trouve un moyen de me débarrasser de ces saloperies de nuisibles sans me faire gauler par mes voisins.

L’air de rien, j’ai sorti le karcher. Déjà, le bruit a fait fuir les parents. Bénef’. Ça commençait bien.

Puis j’ai fait semblant de nettoyer ma terrasse. Et puis à un moment, vite fait bien fait, j’ai balancé un p’tit coup de haute pression sur le nid. Tranquille, l’air de rien, comme si je nettoyais le ciel.

Misère! Le jet n’a jamais atteint le nid. L’eau m’est retombée dessus et je me suis retrouvé trempé, l’air aussi stupide qu’un influenceur à Dubaï.

Une hirondelle est passée au-dessus de moi et je vous jure que je l’ai vue ricaner.

Ok, c’est la guerre. J’ai levé un poing rageur vers le nid, le genre de poing menaçant qui calme les esprits.

Pour toute réponse, un juvénile a sorti son derrière et s’est délesté sur ma main, provocation suprême.

Tu vas voir ce que tu vas voir. Je suis allé dans la chambre de mon gosse, mais où a-t-il mis ces satanés pét**ds?

Je les ai enfin trouvés. Ah tu veux faire le malin? Tu vas voir.

Je suis monté dans les combles. J’ai étalé une corolle de ces outils géniaux - ah ma bonne dame, c’est fou ç’que l’humain est capable d’accomplir quand il le veut vraiment - et j’ai allumé les mèches.
J’ai foutu l’feu aux combles. Va expliquer aux pompiers pourquoi t’as voulu faire des feux d’artifice dans ton toit en plein après-midi.
Bref, passé cet incident, je me suis retrouvé avec un toit foutu et toujours ce satané nid d’hirondelles.

Et pleuvent et pleuvent les déjections!

J’ai vu - je vous jure que c’est vrai - j’ai vu, donc, ma terrasse se faire engloutir sous un tapis de matière noire et blanche. Ma femme vous dirait que j’exagère, mais c’est elle qui dédramatise.

Alors j’ai décidé d’employer les grands moyens : ravalement de façade.

Ah tu crains pas le karcher, ah tu crains pas les pét**ds? On va voir si tu crains pas la suite.

J’ai fait venir une entreprise. C’est des travaux urgents, vous comprenez.

Ah oui mais monsieur, votre façade est neuve.

Oui mais je veux changer de couleur.

Et là, AFFRONT! Le gars me dit qu’il ne peut pas intervenir, car les nids d’hirondelles sont protégés!

Mais QUI, grand dieu, QUI donc décide de protéger des piafs qui n’ont qu’un seul objectif au monde : pourrir ma terrasse?!

Je crois que j’ai hurlé. Le gars a appelé les pompiers. Les mêmes qui étaient venus pour le toit.

J’ai profité de cette occasion en or : j’ai assommé les trois mecs et j’ai pris le contrôle du camion : grande échelle télescopique, génial!

J’ai grimpé un à un les barreaux de l’échelle. Mon plan était simple : un bon coup de pied dans ce…

Dans ce…

Qu’est-ce que..? Oh, mais c’est dingue ce truc. Comment ça peut tenir à un mur?

Je me suis approché. L’ouvrage était assez déconcertant : un mélange de boue et de brindilles. Comment diable cette œuvre pouvait elle tenir aussi bien?

Je l’ai effleurée du bout de mes doigts. J’avais peur de l’abimer. J’ai tenté quelques instants de compter le nombre de billes de boue que cette petite maison représentait. Je me suis bien vite arrêté.

Chaque bille empilée, c’était un aller-retour entre un point d’eau et ici. Un travail colossal.

Et un résultat bluffant.

Je me suis encore approché. Des hurlements ont explosé et j’ai failli tomber de l’échelle.

Trois becs béants ont jailli de l’orifice, hurlant pour être nourris.

Puis, voyant que je ne les nourrissais pas, ils se sont calmés.

Alors, eux et moi nous sommes longuement considérés.

Détruire tout ce travail? Tuer des oisillons qui avaient soif de vivre?

Ça m’était devenu impossible.

Ému, je suis redescendu de mon échelle.

Et j’ai regardé les fientes au sol.

Ce n’était rien. Un petit carton à nettoyer de temps en temps. C’est l’histoire de quelques jours.

Et puis, ça me semblait désormais bien dérisoire face à la disparition massive du vivant.

Et puis j’ai regardé ma maison. Je me suis dit qu’après tout, elle avait été construite sur une parcelle sauvage.

N’avais-je pas une certaine responsabilité de compensation?

Aujourd’hui ce nid d’hirondelles n’est plus une tare. C’est une fierté.

La fierté de me dire que, d’une certaine façon, je participe passivement à la sauvegarde du vivant.

Petite surprise du matin sur le toit de la maison 🙂
17/06/2026

Petite surprise du matin sur le toit de la maison 🙂

Encore une belle année qui s'annonce en termes de couvées sur deux façades de la maison !Dont un nid artificiel que j'ai...
14/06/2026

Encore une belle année qui s'annonce en termes de couvées sur deux façades de la maison !

Dont un nid artificiel que j'ai fabriqué il y a quelques années suite à la chute d'un vieux nid avec des petits dedans. Des rouges queues en ont bien profité avant que le nid ne soit enfin récupéré par des hirondelles qui ont façonné l'entrée à leur goût ☺️

Moi, j'arrache des plumes aux oiseaux.Enfin, à certains.Oh je sais, les défenseurs de la cause animale vont encore gu**l...
13/06/2026

Moi, j'arrache des plumes aux oiseaux.

Enfin, à certains.

Oh je sais, les défenseurs de la cause animale vont encore gu**ler.

Mais croyez-moi, ça vaut le coup.

Voici pourquoi...

Il ne vous aura pas échappé que le guêpier est l'oiseau le plus coloré d'Europe.

Vous commencez à connaître le fonctionnement de mon cerveau malade : il n'y avait qu'un pas à franchir pour que l'idée germe en moi de récolter ces oiseaux afin d'en extraire leurs précieuses couleurs.

Pour quelle fin, allez-vous me demander, bande de petits curieux.

Faut-il vraiment un but à tout? Je ne le crois pas. La simple idée d'avoir des petits bocaux de couleurs variées m'enchante.

Voici donc, chers amis, comment je m'y suis pris pour récolter les couleurs du guêpier.

Je me suis rendu dans le lit d'une rivière à sec : il y avait là nombre de terriers de guêpiers qui perforaient la berge comme du gruyère.

J'ai installé un filet de manière à ce qu'il bouche l'ouverture du terrier, et j'ai crié : Petit-petit ! Viens par ici !

"Non." a-t-il répondu du fin fond de son trou.

C'est contrariant, un piaf.

Alors, malin, j'ai lancé : "J'ai une guêpe!"

L'oiseau a jailli de son trou comme expulsé par un lance-pierre. Il s'est pris dans le filet et j'ai ri, j'ai ri !

Alors l'oiseau, oubliant sa condition, s'est mis à rire aussi !

Je me suis arrêté, surpris, et je lui ai dit : "t'es con ou quoi? Je viens de te capturer, pourquoi tu ris?"

Il a reconnu que j'avais raison et je l'ai ramené à la maison.

J'ai lui ai fait respirer du chloroforme pour l'endormir et pouvoir prélever quelques plumes sans le faire souffrir.

Ma femme est arrivée. Elle m'a engueulé. Comme quoi que l'guêpier c'est une espèce protégée, qu'on peut pas le capturer comme ça, m'enfin tu comprends pas, non seulement c'est illégal mais en plus c'est immoral, et blablabla…

Je l'ai chloroformée aussi.

Saleté de bonne femme. Et puis tiens, j'en ai fait respirer au chat aussi, on n'est jamais trop prudent.

Puis après je me suis rappelé que le chat n'est pas un organisme véritablement vivant puisqu'il dort 20 heures par jour en moyenne, donc il ne représentait pas un risque majeur, mais bon. Ce qui est fait est fait, on ne va pas revenir dessus, comme on dit. Pas sur le chat, hein, mais sur ce que j'ai fait au chat, vous savez, le chloroforme...

Si vous voulez mon avis, je crois que le chat émet naturellement du chloroforme qu'il respire et recycle, dans une sorte de boucle fermée infinie, sorte de cercle vertueux du sommeil, bref : ils ont tout compris à la vie.

Bon, je suis retourné à mes occupations : le guêpier.

Je l'ai pris dans mes mains. Quelle créature! Pensez-vous qu'il existe créature de meilleure façon qu'un guêpier? Je ne le pense pas. Ses couleurs ocre, turquoise, jaune, rouge, maaaah que c'est beau!

Bon, j'ai regardé ma femme, c'est vrai qu'elle est pas mal non plus.

Mais elle n'a pas de plumes. Peut-être que je pourrais tenter de lui en greffer pendant qu'elle dort? On verra ça plus t**d.

Vous allez dire que je m'égare. Je vous entends fulminer devant votre écran : "on veut la recette de la teinture de guêpier !"
ça arrive!

Bon, j'ai donc arraché quelques plumes à mon oiseau. J'ai commencé par le rouge, puis le jaune. La recette est simple : vous prélevez les plumes, vous les réduisez en poudre et vous les diluez dans de la bière.

Pourquoi de la bière?

Ben, ça me paraît évident! Parce que ça vous donne un bon alibi pour vous en ouvrir une petite!

La difficulté est arrivée lorsque j'ai voulu obtenir du bleu.

Me croirez-vous chers membres, lorsque j'ai réduit les plumes bleues en poudre, j'ai obtenu... Du marron.

Pire encore : lorsque j'ai mixé les plumes vertes, j'ai obtenu… du jaune!

Quelle était donc cette sorcellerie? Les vapeurs du chloroforme m'étaient-elles montées à la tête?

L'oiseau s'est réveillé. Il a émis un rire narquois.

Surpris, humain? Je vois à ton air déconfit, à ton attitude aussi stupide qu'une valise sans poignée, à ta tête de vainqueur, à ton regard vide indiquant que t'es clairement pas le couteau le plus aiguisé du tiroir, à...

"Bon bon, ça va!" j'ai dit. J'ai compris.

Mes plumes bleues ne sont pas vraiment bleues, mes plumes vertes ne sont pas vraiment vertes. Je suis sûr que cette phrase te crée quelque angoisse.

"Pas autant qu'un oiseau qui parle", que j'ai répondu.

Figure-toi, humain, qu'il n'existe pas de pigment bleu chez les oiseaux. Mes plumes rouges, mes plumes jaunes, mes plumes ocres, toutes sont colorées grâce à un pigment appelé caroténoïde, que je trouve dans la nourriture.

"Mais alors, pour le bleu et le vert?"

Il s'agit d'une structure particulière de mes plumes. Lorsque la lumière du soleil atteint la plume, sa minuscule structure laisse passer le rouge et le jaune. Le bleu, quant à lui, est renvoyé vers tes yeux, avec des nuances qui varient en fonction de l'angle de ton regard.

"Et pour le vert?"

C'est très simple : un peu de pigment jaune dans la structure qui crée le bleu : bleu et jaune, ça fait du vert!

Ainsi donc, tes plumes rouges et jaunes sont dues à un pigment, mais les plumes bleues sont dues à une structure qui "trie" les longueurs d'onde, et les plumes vertes sont un mélange des deux!

C'est cela. Et cela fait de nous les oiseaux les plus colorés d'Europe.

Petite précision : cette belle couleur bleue est aussi un indicateur de notre bonne santé, qui plaît aux femelles. Un beau bleu signifie un oiseau en pleine forme, capable de transmettre sa bonne santé à ses enfants et ça… les oiseaux le savent instinctivement!

Guêpier d'Europe, quelque part dans la garrigue.

Les escrolos vont encore gu**ler mais j'assume : mort aux méduses.Voilà, c'est dit.Dans l'ordre des choses que je détest...
12/06/2026

Les escrolos vont encore gu**ler mais j'assume : mort aux méduses.

Voilà, c'est dit.

Dans l'ordre des choses que je déteste, il y a les terroristes, les moustiques, les influenceurs LinkedIn qui écrivent "chief happiness officer, je t'apprends à booster ton potentiel happiness pour optimiser les sprints de brainstorming. On se fait un call asap?" et les méduses.

Dans cet ordre.

Enfin non.

Les méduses avant les terroristes, parce que les terroristes ont un projet, tandis que les méduses se contentent de flotter comme des grosses feignasses.

J'ai toujours trouvé ça suspect, un animal qui passe sa journée à faire du parapente aquatique à l'envers.

Chez moi on respecte les valeurs du travail et de l'effort. On n'encourage pas les branleurs.

Et lorsque je vais à la plage, je me baigne comme un homme : je marche droit, la silhouette roide, je bois accidentellement trois litres d'eau de mer, je me fais mal sur un caillou et je rentre fier, comme si j'avais eu le dessus sur les éléments

Parce que y'a mon bébé qui me regarde. Et quand il dit GNÉ (il est HPI), je sens son jugement.

Bref. Je suis un vrai bonhomme.

Pas comme ces assistées de méduses.

Ni squelette ni ambition, seulement de la gélatine.

De la gélatine...

De la gélatine, bo**el !

Alors quoi, suffit que les flans pâtissiers se mettent à dériver dans l'océan pour qu'on leur accorde le statut d'animal ?! La France va mal, je vous le dis, la France va mal ! C'était mieux avant !

Bref.

Un été, j'arrivai sur la plage.

Le drapeau violet flottait.

Je savais ce que ça voulait dire : c'était mon moment. J'allais montrer à mon bébé ce que c'était qu'un vrai bonhomme !

COMBAT, MOTHER FU**ER

Je retirai mon tee-shirt.

Puis mon marcel.

Puis ma ceinture abdominale (j'ai du bide et je l'assume pas).

Puis mon pantalon.

Puis mon short.

Puis mon caleçon.

Puis mon string léopard.

Au bout d'un quart d'heure, j'étais entièrement nu.

"Attention aux méduses", dit le maître-nageur.

Je lui mis une grande baffe dans sa gu**le de maître-nageur à la con.

"J'ai fait mes propres recherches. Les méduses ne piquent pas, non plus qu'aucun autre animal. Tout cela n'est qu'un complot orchestré par les reptiliens pour nous empêcher de nous baigner."

J'avais regardé deux vidéos de quinze secondes sur TikTok, autant dire que j'étais un pu**in d'océanographe.

Je pénétrai dans l'eau.

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !

Je ressortis de l'eau assorti d'une douleur intolérable.

Une vieille dame me regarda.
"Une méduse."

Oh ta gu**le la vieille !

Je l'enterrai dans le sable.

Puis je grimpai sur mon bébé qui me ramena à la maison.

Les jours suivants, je développai une obsession : je voulais comprendre l'ennemi.

Je commençai donc à observer les méduses.

Erreur.

Quand on commence à vouloir comprendre un truc, on risque de devenir moins con.
C'est un engrenage terrible.

J'appris qu'elles existaient depuis plus de six cents millions d'années.

Six cents.
Millions.
D'années.

Je trouvai ça extrêmement vexant.

J'appris aussi qu'elles n'avaient pas besoin de cerveau.

Ce qui me fit immédiatement penser à plusieurs chroniqueurs télé. Aller, un en particulier. Dans le milieu, on l'appelait pépé, en référence à ses initiales.

Puis j'appris qu'elles nourrissaient des tortues.

Que des poissons s'abritaient parmi leurs tentacules.

Que leurs populations racontaient parfois l'état des océans.

Bref.

Elles faisaient des trucs.

Bon, des trucs de méduses. Mais des trucs quand même. Elles n'étaient donc pas que des flans pâtissiers.

Je décidai alors d'aller voir un aquarium.

Mon fils m'accompagnait.

Il est HPI.

Je ne sais plus si je l'ai déjà dit.

Lui non plus ne sait plus.

On en parle toutes les dix minutes pour être sûrs.

Nous arrivâmes devant un immense bassin.

Des méduses dérivaient lentement. Au début, comme elles bougeaient peu, j'ai cru qu'elles faisaient une visio sur Teams.

Mon fils resta silencieux.
Moi aussi.

Puis il dit :
"Elles sont belles."

(Il a 9 mois mais il est HPI alors il parle)

Je voulus répondre quelque chose de viril.

Un truc du genre :

"Oui mais elles ne paient pas d'impôts."

Mais je n'y arrivai pas, parce qu'il avait raison, le petit : elles étaient belles.

Je choisis alors la mauvaise foi.
"Ça sert à rien."

Mon fils soupira.

Le soupir d'un enfant qui réalise que son père est parfois un peu limité intellectuellement.

"Papa."
"Quoi ?"
"Toi, tu sers à quoi ?"
Je réfléchis.
Longtemps.

Très longtemps.

Tellement longtemps que mon cerveau dégagea une chaleur gigantesque et il se trouve qu'un ingénieur en électricité passait par là et il vit dans la chaleur que je dégageai une opportunité formidable d'alimenter des turbines pour produire une électricité vertueuse alors il me paya très cher pour passer ma vie à manger et résoudre des problèmes complexes du genre j'ai trois billes dans ma poche j'en retire une combien en reste-t-il et en fait ça a pas l'air comme ça mais c'est une question super dure qui fait tourner les turbines très très vite donc comme ça je produis beaucoup d'électricité et c'est cool tu vois parce que du coup on n'a plus besoin ni de nucléaire ni de charbons en fait faudrait prendre tous les imbéciles des réseaux comme moi et les faire réfléchir et on résoudrait beaucoup de problèmes dans le monde.

Pfff vous me fatiguez chers membres.

Bref.

Aujourd'hui encore, je me fais piquer de temps en temps.

Je continue de les insulter.

Par principe.

Et puis parce que j'ai le syndrome de la Tourette.

Mais avec respect.

Parce que j'ai compris quelque chose d'important.

Les méduses ne sont pas des parasites inutiles.

Les parasites inutiles écrivent des commentaires Facebook sous les articles scientifiques.

Quel voyage absurde !Je suis bien arrivé en Afrique. Le périple a été quelque peu éprouvant :A Paris, l'avion a déclaré ...
27/05/2026

Quel voyage absurde !

Je suis bien arrivé en Afrique. Le périple a été quelque peu éprouvant :

A Paris, l'avion a déclaré qu'il était trop fatigué pour voler.

Alors j'ai dû porter l'avion.

Arrivé à l'aéroport, j'ai demandé le remboursement de mon billet.

On m'a répondu que ce n'était pas possible, mais que l'on pouvait me dédommager en pâtée pour chat.

J'ai accepté.

J'ai pris la pâtée,

J'ai mangé la pâtée,

J'ai vomi la pâtée.

Je suis sorti de l'aéroport. L'avion me collait aux basques et il faisait ses yeux de biche.

Je lui ai dit que le porter jusqu'en Afrique ne faisait pas de moi son pote à vie.

J'ai hélé un taxi.

Le taxi m'a répondu par un doigt d'honneur et s'est mis à danser la Javanaise.

Pour qui n'a jamais vu de taxi danser la Javanaise, cela peut paraître anodin.

Mais un taxi qui danse la Javanaise crée aussitôt un jour de célébration nationale.

Alors tous les taxis s'arrêtent de travailler.

J'ai donc rappelé l'avion.

J'ai dû le convaincre qu'on était amis pour qu'il m'emmène là où je voulais aller.

Je lui ai dit : "emmène-moi là où je veux aller."

Il était content.

Je suis monté sur son dos. Il y avait deux rênes et une cravache.

J'ai fouetté l'avion comme… M***e on n'avait dit pas la vie privée sur les réseaux.

L'avion était encore content. C'est toujours content, un avion. En même temps, ça vole, un avion. ça voit le soleil tous les jours. ça flirte avec les nuages. ça glisse sur l'air froid. ça a les yeux riches des territoires que ça survole.

Oui, mon avion a des yeux. Et il s'appelle Bertrand.

Bertrand l'avion m'a donc emmené là où je voulais aller, c'est-à-dire à l'endroit exact qui n'est pas tous les autres endroits en lesquels je ne voulais pas être : définition du bonheur.

Arrivé à l'endroit où je voulais aller, je m'aperçois que je veux être ailleurs. Je m'apprête à partir, mais…

C'est alors que j'aperçois un oiseau noir qui se prend pour un parapluie.

Je lève les yeux : il ne pleut pas.

Je lui dis qu'il est con.

Il me conseille d'arrêter les réseaux sociaux : ce n'est pas parce que je ne comprends pas quelque chose, que c'est automatiquement idiot.

Je découvre le concept de l'intelligence : est intelligent celui qui cherche à comprendre avant de ricaner comme un con.

Je ne ricanerai plus comme un con sous toute publication que je ne comprends pas.

L'oiseau applaudit.

Il m'explique qu'étaler ses ailes pour former un disque a une utilité : créer une zone ombragée pour effacer le reflet du soleil à la surface de l'eau.

Pour mieux voir les poissons.

Les petits fuient l'ombre (synonyme pour eux de prédateur), les gros s'immobilisent.

L'oiseau peut alors leur bouffer leurs gu**les de gros poissons à la con.

Technique de pêche redoutable.

Et moi, même si je dois désormais me coltiner un pote un peu collant, j'ai encore découvert un truc incroyable sur la faune sauvage.

Aigrette ardoisée

MÉDITERRANÉE — Des milliers de gorgones et coraux rouges continuent de mourir sous l'eau. En cause, pas une bactérie ni ...
26/05/2026

MÉDITERRANÉE — Des milliers de gorgones et coraux rouges continuent de mourir sous l'eau. En cause, pas une bactérie ni un virus, mais le manque de diffusion sous-marine des éditos de l'heure des pros.

Explications.

Depuis plusieurs années, les gorgones méditerranéennes blanchissent et meurent par colonies entières après des épisodes de chaleur marine descendant désormais jusqu’à 30 mètres de profondeur.

Une réaction jugée "émotionnelle et woke" par de nombreux internautes, dont certaines pages météo qui semblent mieux connaître le sujet que les océanographes.

Sur un plateau TV bien connu, un éditorialiste tout aussi connu retire ses lunettes rouges et interrompt une scientifique : “Taisez-vous vieille bique, je suis un homme et je vous le dis, les coraux commettent l’erreur classique des scientifiques ! Mais ouiiiii, mais dééésoléééé d'avoir raisoooon : ils réagissent aux conditions physiques réelles du milieu plutôt qu’aux opinions des chroniqueurs. Et ça, c'est de gauuuche !”.

Sous l'eau, en exclusivité, l'équipe de la gazette a pu interroger pour ses lecteurs une colonie de gorgones partiellement nécrosée. Témoignage.

“Nous pensions naïvement que des températures anormales pendant plusieurs jours risquaient de détruire nos tissus”, témoigne-t-elle, à l'agonie. “Alors qu’en fait il suffisait d'écouter Pascal ! Il nous a expliqué que le climat a toujours changé et que les vagues de chaleur n'existent pas : 35 degrés en mai, c'est normal ! Ça change tout : nous venons de réaliser que la nécrose de nos tissus et le blanchiment de notre squelette ne peuvent pas exister. C'est une invention des moutons-gauchiasses de chez LFI."

Retour sur la terre ferme. Certains vont plus loin. C'est le cas de Robert, 65 ans, qui a commenté une publication météo : “Moi j’ai connu 1976 et pourtant je ne suis pas allé vivre à 40 mètres sous l’eau. Bande de co****es molles."

Quand on lui fait remarquer que citer 1976 à chaque vague de chaleur revient surtout à admettre que 1976 était exceptionnelle, Pascal lâche un rot bien gras en ricanant puis il démarre son gros moteur et enfume les Khmers verts.

"Islamo-gauchistes", dit-il depuis son pick-up flanqué d'un autocollant "F**k les écolos. J'aime cramer du pétrole."

Pendant ce temps, dans le golfe du Lion, des algues se développent avec la chaleur et étouffent les gorgones qui auraient le toupet de survivre.

Les scientifiques alertent, mais sur CNews Pascal a le courage de dire la vérité aux Français patriotes : "c'est le grand remplacement bathymétrique ! La chaleur n'y est pour rien, c'est l'immigration massive des algues pour obtenir des papiers !"

Pendant ce temps-là, les internautes rigolent à chaque nouvel article : "des algues meurent échouées sur la plage en tentant de rejoindre la surface des gorgones".

"Seulement deux tonnes ?" "Ça nourrira les insectes!" "Bien fait pour elles, on n'a pas vocation à accueillir toutes les algues du monde" disent les commentateurs bienveillants.

Bref, il ne semble guère y avoir de réel problème sous l'eau : si les gorgones et les coraux crèvent en masse à chaque épisode de très fortes chaleurs depuis quelques années, c'est simplement qu'ils ignorent que le climat est une opinion de gauche.

Eh oui, ils l'avaient pourtant bien dit : la gauche tue.

Dérèglement du climat et monde sous-marin : j'aurais préféré avoir tort.J'aime bien avoir raison, comme tout le monde, j...
25/05/2026

Dérèglement du climat et monde sous-marin : j'aurais préféré avoir tort.

J'aime bien avoir raison, comme tout le monde, j’imagine. Mais là… j’aurais vraiment aimé me tromper.

En plongée, depuis quelques années, je vois ce que je n’avais jamais vu avant : des murs entiers de gorgones mortes.

Avant, elles étaient colorées et pleines de vie. Et puis, au fil des années, il a fallu dépasser les 30 mètres de profondeur pour en trouver des vivantes.

La première année, on s’est dit : « sale année ». Mais ça a recommencé.

Et pendant ce temps, sur les réseaux, ça ricanait.

Des pages météo suivies par des dizaines de milliers de personnes prétendaient que c’était de l’alarmisme : « quelques jours de chaleur, ça ne fait rien à la mer. Escrolos, taxes, voitures électriques...» La totale.

Ça riait comme au PMU. Et moi, j’aurais adoré me joindre à eux, et me dire, dans une ignorance délicieuse : « ahah, ces journalistes exagèrent encore. »

Mais voilà : depuis quelques années, je constate les dégâts.

Jusqu'ici, je n'en avais rien dit.

Mais aujourd’hui, la science confirme ce que nous observons sous l'eau.

Une étude publiée dans Ocean Science montre qu’à l’été 2022, la chaleur est descendue jusqu’à 30–40 mètres dans le golfe du Lion.

On aurait pu se dire, comme tous les spécialistes en tout, que ce n'était rien, quelques jours de chaleur.

Mais quelques jours de chaleur à ces profondeurs sont critiques pour les gorgones, les coraux rouges ou certaines éponges.

Résultat ? Une mortalité massive, exactement ce qu'on constate, sous l'eau, depuis quelques années.

Le problème, c'est que ces organismes sont très peu résilients. Il faut des années pour qu'ils se retapent.

C'est cela, le gros problème que pose le dérèglement climatique : des réchauffements, des refroidissements, il y en a toujours eu dans l'histoire de la terre.

Mais jamais à ces vitesses, qui empêchent les espèces de s'adapter !

Mais les gars, ils ricanent toujours.

C'est facile, de ricaner, quand on ne regarde rien. Quand son quotidien, c'est d'écrire ses certitudes sur Facebook, depuis son canapé, devant des milliers de personnes, sans jamais se renseigner sérieusement.

J'avais le secret espoir que mes souvenirs me trompent. Après tout, il n'y a rien de plus incertain qu'un souvenir.

J'en veux pour preuve tous ceux qui continuent d'affirmer que "76, c'était pire !"

Non, 1976 c'était un été qui serait considéré modéré aujourd'hui, et qui a choqué à l'époque.

Mais voilà : des spécialistes auto-proclamés du climat disent que ce n'est pas grave.

Et ils ricanent.

Et moi qui contemple les gorgones mortes, derrière mon masque, je n'arrive pas à trouver ça drôle.

Mai 2026. Aux îles Féroé, le massacre continue. Des dauphins et globicéphales sont encore rabattus vers les côtes puis s...
23/05/2026

Mai 2026. Aux îles Féroé, le massacre continue.

Des dauphins et globicéphales sont encore rabattus vers les côtes puis saignés vivants au nom d’une tradition ancestrale (arriérée ?).

Derrière les débats culturels ou politiques, une réalité simple : ces animaux sont des êtres sociaux, intelligents et sensibles.

On ne peut guère en dire autant de ceux qui les saignent.

En 2026, voir la mer se teinter de rouge à cause d’un massacre de cétacés ne devrait laisser personne indifférent.

Respecter un peuple et son histoire n’empêche pas de dire qu’une tradition doit évoluer avec notre conscience du vivant et de la souffrance animale.

Je l'ai écrit dans mon livre il y a quelques années, et c'est encore trop juste aujourd'hui : le terme tradition est dangereux car efficace dès qu'il s'agit de défendre l'indéfendable. Il se retrouve très souvent au cœur d'un argumentaire justifiant l'archaïsme ou le caprice.

En photo, non pas le massacre, mais une belle rencontre le long de la côte espagnole, avec des dauphins qui jouaient littéralement avec nous.

Les voir nager autour des bateaux, surgir des vagues avec une liberté presque joyeuse qui semble appartenir à un autre monde devrait nous interroger : qu'est-ce qui, dans un tel instant, donne à un homme l'envie de les égorger ?

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