09/09/2026
6 h 30, au lendemain d’une journée de canicule. Il fait déjà 23 °C.
Nous passons la porte de la maison avec une sensation de soulagement. La pseudo-fraîcheur matinale nous fait un bien fou. Nous prenons la voiture, direction le lac de l’Astarac. Pas sur la digue cette fois, mais du côté du grand parking récemment aménagé.
Grand calme, un soupçon d’immensité, un bain d’air frais. Le niveau du lac est bas et permet de s’aventurer un peu plus loin que d’habitude. Les oiseaux gardent leurs distances, et nous aussi.
J’aime observer les empreintes de leurs petites et grandes pattes dans la terre encore humide par endroits et déjà sèche à d’autres. Leurs passages aléatoires se croisent dans tous les sens et laissent imaginer une chorégraphie étonnante. Il n’en reste que les traces. Et quelques plumes. J’en ramasse certaines pour ma collection personnelle, sans avoir la moindre idée de l’oiseau auquel elles appartiennent : bécasseau ? héron ? aigrette ? bécassine des marais ? chevalier ? Mystère !
Le soleil, lui, prend son temps. Le ciel se teinte doucement de rose et d’orange. Sur l’eau, les couleurs ondulent jusqu’à ne plus vraiment ressembler à un reflet concret. J’aime ça, cette texture, cette matière étonnante. Ce mouvement coloré à la surface du lac.
Il faut encore patienter avant que le soleil daigne enfin surplomber la colline. Peu à peu, la lumière s’étale sur les arbres, puis l’eau et les rives. Le paysage change en peu de temps, comme par magie.
Et nous restons là à regarder avec toute la contemplation dont nous sommes capables.
C’est peut-être pour ça que les mots du photographe japonais Hiroshi Sugimoto à propos de l’océan me sont revenus en écrivant ce texte, car j’ai tout récemment découvert son œuvre surprenante au musée Soulages à Rodez. Lui parlait de la mer. Moi, ce sont plutôt ces paysages-là qui me font cet effet :
« Et cette vue m’a fait ressentir : je suis ici et j’existe. »
Je penserai souvent à cette phrase quand j’explorerai encore et encore mon Gers, car je sais bien que cette terre me fait me sentir vivante. Simplement vivante.