05/07/2024
C 'est quoi un réseau social, finalement ?
A peu de choses près, ce sont ces gens, les mêmes qu'on voyait au moyen âge se précipiter sur les places publiques pour reluquer les séances de torture, ou conspuer les "sorcières" en train de brûler, ce n'est pas mon monde. Des gens qui prennent la parole en hurlant pour déverser le pire de ce que nous avons tous en nous mais que notre humanité nous oblige à tenir en laisse. Comme disait Camus, un Homme, ça s'empêche. Sur les réseaux c'est l'inverse. Sous prétexte de soi, on se permet tout. Et je ne suis pas exempt, ça m'est aussi arrivé probablement. Mais quand ça m'arrive je ne suis pas fier de moi.
Je n'aime pas dire ça parce que c'est super prétentieux, mais tous ces cons, ces bas du plafond qui n'ont que jalousie et haine dans leur petite cafetière, ça me devient insupportable. Je pourrais m'en détacher, mais à chaque fois que j'ouvre FB je désespère un peu plus de l'humanité, et j'ai envie de garder un peu d'espoir. Et le pire c'est que ces cons s'y créent une tribune pour se prendre pour Victor Hugo, se reluquer le nombril avec délice.
Les réseaux c'est l'apothéose de la moraline, du clanisme. Tous ces parangons de vertu, qui, souvent, si on les suit un peu, se révèlent être des geignards, des pleurnicheurs. Des pleutres.
C'est au nom de la lutte contre le mal et de la morale qu'on a brûlé des sorcières en place publique, il faut le garder à l'esprit. La posture morale est une des pires qui soit, parce que tout est permis dans la lutte contre le mal, parce que justement c'est le mal et que rien ne peut être pire que le mal. Donc même si je me comporte en monstre, je reste vertueux parce que je combats le mal. Terrifiant.
C'est chiant parce qu'on peut y trouver des infos intéressante, mais c'est noyé dans un océan de fèces, de vacuité et d'ego boursoufflé.
Un réseau social, ça pourrait se résumer à une meute excitée par des passions tristes savamment orchestrées par ceux qui les gèrent dans le but de tirer un profit. C'est le business model de la chose. Le reste c'est de la poudre aux yeux. Globalement, le but est d'exciter les passions tristes qui font perdre le contrôle de soi, et qui perd le contrôle de lui-même devient un prospect malléable à l'envi.
Cette meute, je la fuis. Et à chaque fois que je me constate y prendre part, je me déteste. Quand elle se limitait au café du commerce ça restait gérable, on sortait du café, et on était tranquille. Là le café du commerce a tout envahi à tel point qu'on va même jusqu'à parler "d'ami", qui n'existe en fait pas. D'ailleurs le rapprochement avec le café du commerce est évident : tout cela n 'est qu'un commerce. Quelle insulte pour l'idée de l'amitié. Certains vont jusqu'à désespérer de voir leur compte inaccessible, tristes de perdre des "amis"... Quelle tristesse de constater cela.
Les réseaux on y est cadrés, censurés, orientés (nudgés), déshumanisés et in fine réifiés.
Ces plateformes ont été prises d'assaut par les plus dangereux, tous ceux qui ont intérêt à capter l'attention pour leur propre profit. Et le troupeau suit, pareil au bourricot qui suit la carotte au bout du bâton.
On s'y plaint, on y chouine, on y moque, toujours masqué et planqué derrière son écran. J'avoue j'y ai moqué, mais le plus souvent, c'était juste l'occasion d'un bon mot, d'un jeu de l'esprit. Parfois, oui, j'y ai exprimé une colère. Pas super glorieux.
Cette campagne électorale est la pire que je n'ai jamais vu depuis que je vote. Des gens que je pensais être gentils (ou du moins qui se prétendaient gentils en fait) se révèlent remplis de haine, des militants incapables de penser. Simone Weil le dit fort bien dans sont petit mais puissant "Note sur la suppression définitive des partis politiques" : un militant, d'où qu'il soit a délégué sa pensée, donc son humanité aussi, à son leader politique, son lider maximo. Un militant ne pense pas, il a choisi le confort du ready made intellectuel et éthique. Je l'ai constaté de mes propres yeux lorsque j'ai fait la campagne jupitérienne de 2017, j'ai d'ailleurs parlé quelques minutes avec l'animal à cette occasion, dès le mois de juillet j'ai compris à qui j'avais affaire. Dans ce parti, mais c'est pareil pour tout parti, je n'ai vu que des cons, des décérébrés, dotés d'un ego d'une taille que je ne pensais même pas possible. Et tous ce beau monde bien cornaqué par les leaders. Ces cons pouvaient être sortis des grandes écoles, banquiers, commerçants, ouvriers, là n'est pas le problème, ce sont juste des cons. Mais un con qui a du pouvoir ou qui agit dans les cercles du pouvoir, c'est redoutable !
Bref, comme je disais en introduction, ce n'est pas mon monde.
Si il existait un moyen de filtrer tout cela je resterais bien pour quelques bons mots, mais je ne suis pas assez expert et je ne sais même pas si c'est possible.