26/10/2025
Il était une fois la Calabre.
Il était une fois ma première semaine de vacances depuis mon affectation à Briançon le premier juillet.
Trois mois et demi d’une nouvelle vie.
Il fallait bien ce voyage pour parvenir à me déconnecter.
J’ai choisi, une fois encore, l’Italie.
Une Italie différente, pleine de contrastes, une Italie boudée par les français, un peu comme Elba que j’avais découverte en juin 2024, mais pour des raisons différentes ; lui préférant la Sicile, la côté Amalfitaine ou les Pouilles.
Une Italie tour à tour bouleversante de beauté et repoussante de saleté.
J’avais choisi de me déplacer à pied et en train pour des tas de raisons :
Pouvoir manger plus.
Parce-que marcher est de loin l’activité la plus bénéfique et apaisante pour moi.
Pour rééquilibrer mon bilan carbone.
Pour aller à la découverte des lieux et des gens, en profondeur.
Alors, il est compliqué de marcher en Calabre, il n’y a pas de sentiers côtiers et au-delà de ça pas de trottoirs. Marcher devient vite dangereux, réellement. J’ai été klaxonnée, frôlée, et on m’a reproché d’être sur le bord des routes.
Peu importe, j’ai alterné marche et train. Et j’ai survécu !
La Calabre ce sont des paysages absolument exceptionnels, une eau d’une pureté rare, avec des températures en cette saison qui m’ont permis d’être en short et t-shirt tout au long de la semaine et de nager avec les poissons.
De manger des glaces encore et encore sans jamais me lasser.
De parler avec des italiens adorables qui m’ont expliqué que l’été, il était impossible de déambuler dans les rues des villes prisées et envahies de touristes italiens et suisses.
De regarder, chaque soir, le soleil se coucher avec le Stromboli en point de mire.
Mais c’est aussi, en dehors des villes touristiques, la région la plus pauvre d’Italie, et la plus sale.
J’y ai affronté la laideur, les immeubles décrépis, les poubelles partout, les regards fixes, noirs et réprobateurs dans les petits villages loin des touristes dans lesquels j’ai lu « mais qu’est-ce que tu fous là en short avec ton sac à dos et ta sale tête ? ».
Je ne vais pas vous détailler mon périple, ni vous donner les lieux les plus beaux, comme d’habitude.
Je pense toujours qu’un voyage c’est une découverte, un chemin, qu’on construit soi-même avec ses aspirations, ses envies et sa curiosité.
Je n’ai pas pu arpenter la Calabre des montagnes, l’Aspromonte, le sentier qui relie une côte à l’autre.
En une semaine j’ai fait des choix, et choisir c’est renoncer.
Mais durant ces huit jours, j’ai vécu un vrai voyage au cœur de cette région d’où était originaire ma grand-mère paternelle.
Et une fois de plus, j’ai aimé ce pays qui décidément, sera pour toujours mon second pays. Mon pays de cœur.
Je reviens heureuse que l’univers m’ait permis de rentrer sans encombres ( parce que les 24 dernières heures ont été vraiment rock-and-roll et que j’ai bien failli rester bloquée trois jours de plus).
Pendant ce temps, la terre a continué de tourner, assez mal malheureusement, j’ai vu, écouté, entendu.
Je reviens faire ma part, sereine et plus riche encore qu’avant mon départ.
A partager sans modération !