09/08/2026
Luna Tale Muszka dite Lala
2 mars 2013 - 9 août 2026
Lala était flamboyante, à l’image de l’or sur son pelage.
Elle était la Joie, l’impétuosité et la puissance. Mon antidépresseur naturel, la vie avec une telle chienne ne peut qu’être amusante. Elle me faisait rire tous les jours. La vie était un jeu.
Sur la plage je me retrouvais avec une collection de bâtons sur le ventre parce que madame voulait jouer. Je cédais toujours. Elle savait me manipuler.
Petite, elle avait réinventé le jeu de Sysiphe : faire rouler un truc pour le remonter et ainsi de suite. Elle a ensuite adapté le concept à la rivière, plongeant le bec dans l’eau pour remonter des cailloux. C’était son truc.
Tout comme son amie Doucette, elle en a vu des plages, des océans et des mers, des lacs, des cascades et des forêts magiques, elle a été une aventurière formidable, chienne des grands espaces.
Lors de nos voyages en van, je me souviens de notre halte sur les falaises d’Albufeira, à me dire que ma mission du jour était de la garder vivante. Elle aurait pu partir derrière un oiseau et faire le grand plongeon. C’était la chienne la plus optimiste que je connaisse.
Elle était aussi douceur, et d’une délicatesse infinie. J’aimais sa grande sensibilité.
Je n’avais jamais connu avant elle un chien en deuil. Celui ci, il y a trois ans, au départ de Doucette, a été si intense. Tout était intense en elle. (cours retrouver ta copine noiraude...)
Elle était belle, si longue et élancée. Elle l’est restée jusqu’au bout : poils et truffe brillants. Je l’admirais. Lorsque son regard était pris par quelque chose, elle devenait reine. La reine des border collies. Ma reine.
Le cancer me l’a prise. Il a surtout pris sa joie et sa folie. Et hier, c’est la tristesse qui gagnait. Son corps vacillait.
Cette nuit son regard magnifique s’est mué en chagrin. Ce matin elle n’a plus levé la tête.
Alors Béatrice est venue et l’a délivrée de la maladie.
Au pied de mon lit qu’elle n’avait pas quitté depuis le tout petit matin, elle s’est endormie, la tête épousant parfaitement le contour de mes mains, comme liées pour toujours.
Mon amour pour Lala est encore plus fort. Le manque gigantesque.