Nath-Sakura Photographer

Nath-Sakura Photographer Directrice artistique et photographe professionnelle (Fashion/Commercial)
Montpellier (Studio B612)
(244)

Photographe professionnelle au Studio B612 (1km ouest Montpellier) (Siren : 533423182)

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07/09/2026

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Intention, cadrage et composition d'image

07/09/2026

PETITE QUESTION QUI FÂCHE

Une image générée par intelligence artificielle peut-elle être appelée une photographie ?

Pour moi, la vraie question est ailleurs : faut-il qu’une lumière réelle ait réellement frappé un capteur ou une surface photosensible pour qu’on puisse encore parler de photographie.

Et si oui… jusqu’où peut-on retoucher une image avant qu’elle cesse, elle aussi, d’être une photographie ?

Alors, où placez-vous la frontière ?

Vous voulez vous lancer dans un portfolio, un edito ou un livre photo ? Voilà qui pourrait vous être très utile...-->
05/09/2026

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Méthode concrète et pistes de réflexion

POURQUOI LES PREMIÈRES PHOTOGRAPHIES NOUS PARAISSENT-ELLES SI TERRIFIANTES ?Imaginez entrer dans un atelier photographiq...
04/09/2026

POURQUOI LES PREMIÈRES PHOTOGRAPHIES NOUS PARAISSENT-ELLES SI TERRIFIANTES ?

Imaginez entrer dans un atelier photographique vers 1850.
On vous installe sur une chaise, on ajuste votre position, on installe un système très complexe pour maintenir votre tête, vos épaules et votre buste totalement immobiles, avec des vis et des sangles Vous regardez l'objectif.

Vous ne souriez pas. Cinquante secondes plus t**d, parfois davantage selon le procédé utilisé, après que vous ayez figé tout votre corps et que vos muscles se soient tétanisés, que vos yeux soient secs parce que vous avez essayé de ne pas cligner des yeux pendant une durée si longue, votre portrait est enfin enregistré.

Cent soixante-dix ans après, quelqu'un découvre cette image et trouve votre regard inquiétant. Pourtant, si vous aviez vécu cette période, cette photographie n'avait probablement rien de sinistre. Elle représentait au contraire la plus grande modernité, parfois même le seul portrait que vous posséderiez de toute votre vie.

Le malaise que nous ressentons aujourd'hui vient en grande partie du décalage entre les codes visuels du XIXe siècle et les nôtres. Nous avons appris à associer le portrait familial au sourire, à la spontanéité et au mouvement. Les premiers portraits photographiques obéissaient pourtant à d'autres contraintes et à d'autres conventions sociales.

L'IMMOBILITÉ COMME CONTRAINTE TECHNIQUE

Lorsque le daguerréotype se diffuse à partir de 1839, les temps de pose sont encore longs. Dans les premières années, certaines expositions peuvent durer plusieurs minutes. Et encore, si le soleil était suffisamment puissant et sans nuage, parce que c’était la seule source de lumière suffisante pour impressionner les supports de l’époque. Le portrait humain était un exercice très compliqué : le sujet devait rester totalement immobile, maintenir sa tête et conserver une expression stable.

Les studios utilisent pour cela des meubles, des accoudoirs et des supports métalliques équipés de sangles et de système de serrage placés derrière la tête ou le dos. Un univers digne des films d’horreur.

La technique évolue pourtant rapidement. L'amélioration des plaques, des objectifs et des procédés chimiques réduit considérablement les temps de pose, même s’il faut toujours compter des temps de pose de plusieurs dizaines de secondes. Avec le collodion humide, introduit par Frederick Scott Archer en 1851, le portrait devient beaucoup plus rapide. Mais il reste encore très complexe, pour le photographe dont on attend plus qu’il maîtrise la chimie que la composition artistique.

POURQUOI LES VISAGES SONT-ILS SI SÉRIEUX ?

A cette époque photographie hérite directement des conventions du portrait peint. Se faire représenter constitue encore un acte important. Et rare. Le portrait doit transmettre la dignité, le statut et la maîtrise de soi. Le sourire largement ouvert n'est pas encore associé à la photographie familiale comme il le sera au XXe siècle. D’autant qu’il est difficile de maintenir un sourire figé qui ne soit pas ridicule pendant plusieurs secondes.

Notons par ailleurs que le visage neutre ou grave de nos aïeuls correspondait à l’époque à la manière socialement normale de se présenter devant un portraitiste.

Notre interprétation actuelle inverse parfois complètement cette intention. Ce que le modèle considérait comme digne nous paraît sévère. Ce qu'il considérait comme calme nous semble inquiétant. Notre perception du passé dépend ainsi de codes que nous projetons rétrospectivement sur les images.

LES ÉTRANGES « MÈRES CACHÉES »

Certaines photographies sont pourtant réellement troublantes. On y voit un enfant assis tandis qu'une silhouette humaine semble se dissimuler derrière une couverture, un rideau ou un fauteuil. Ces images sont aujourd'hui connues sous le nom de « hidden mother photographs ».

L'explication est très simple. Photographier un jeune enfant avec un temps de pose de plusieurs secondes est difficile. Une mère, une nourrice ou un autre adulte doit parfois maintenir l'enfant pour éviter qu'il ne bouge. Comme le portrait doit représenter uniquement l'enfant, l'adulte tente de disparaître sous un tissu ou derrière le décor.

L'effet produit aujourd'hui est exactement inverse de celui recherché. La silhouette qui devait devenir invisible attire immédiatement notre attention et transforme une solution technique parfaitement rationnelle en image presque fantomatique.

LES MORTS

Par ailleurs, la photographie post-mortem a occupé une place importante dans les pratiques mémorielles du XIXe siècle. Elle représentait même la part de chiffre d’affaires la plus importante chez les photographes américains d’avant le début du XIX° siècle.

Cette pratique doit être replacée dans son contexte. À une époque où la photographie reste relativement rare et coûteuse, il est possible qu'un enfant meure avant qu'aucun portrait n'ait été réalisé de lui. La photographie post-mortem devient alors la seule possibilité de conserver son visage.

Ce que nous percevons aujourd'hui comme morbide pouvait donc être considéré comme un acte de mémoire et de deuil.

LE TEMPS A LUI AUSSI TRANSFORMÉ LES IMAGES

Nous associons souvent les photographies anciennes au jaune, au sépia, aux taches, aux rayures ou aux visages partiellement effacés. Une partie de cet aspect n'appartient pourtant pas à l'image originale.

Oxydation de l'argent, dégradation chimique, abrasion, humidité et mauvaise conservation ont progressivement transformé les supports photographiques. Un daguerréotype bien conservé peut au contraire présenter une finesse de détail exceptionnelle et un rendu métallique extrêmement précis.

Nous confondons donc parfois l'esthétique du XIXe siècle avec l'esthétique de son vieillissement.

Comme on confond souvent les colonnes grecques en ruine avec l’Antiquité elle même…

Autrement dit, le passé n'était pas nécessairement sépia. Il l'est devenu.

POUR APPROFONDIR

Barthes, Roland, La Chambre claire. Note sur la photographie, Gallimard/Seuil, 1980.
Batchen, Geoffrey, Forget Me Not: Photography & Remembrance, Princeton Architectural Press, 2004.
Burns, Stanley B., Sleeping Beauty: Memorial Photography in America, Twelvetrees Press, 1990.
Frizot, Michel (dir.), Nouvelle histoire de la photographie, Bordas/Adam Biro, 1994.
Linkman, Audrey, Photography and Death, Reaktion Books, 2011.
Library of Congress, The Daguerreotype Medium, collections historiques consacrées au daguerréotype.
Bibliothèque nationale de France, collections photographiques du XIXe siècle et documents commerciaux relatifs aux « portraits après décès ».
J. Paul Getty Museum, ressources consacrées aux « hidden mother photographs ».
Metropolitan Museum of Art, collections et notices sur le daguerréotype, les dispositifs de pose et la photographie post-mortem.

Bon... il paraît que je suis une "artiste wokiste"...
03/09/2026

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Il y a quelques semaines, un blog d’extrême droite a qualifié mes p...

03/09/2026

QUI A DÉCIDÉ QU'UNE PHOTO DEVAIT ÊTRE NETTE ?

La question paraît étrange aujourd’hui, parce que toute l’industrie photographique semble avoir fait de la netteté une valeur absolue.

On compare les objectifs à 100 %, on mesure leur pouvoir séparateur, leur microcontraste, leurs performances dans les angles. Un objectif « mou » est un mauvais objectif. Une photographie floue devient facilement une photographie ratée.

Pourtant, l’histoire de la photographie raconte quelque chose de beaucoup plus intéressant : le flou, d’abord subi comme une limitation technique, a progressivement été transformé en langage artistique. Et ce changement a profondément modifié notre manière de penser l’image.

LE FLOU EXISTE AVANT LE FLOU ARTISTIQUE

Dans les premières décennies de la photographie, le manque de netteté n’a évidemment rien d’exceptionnel.

Les procédés sont lents, les optiques imparfaites, les profondeurs de champ parfois réduites et les modèles doivent rester immobiles pendant des poses relativement longues. Un léger mouvement suffit à rendre un visage moins précis. Une mise au point approximative produit immédiatement des contours incertains.

Mais, dans cette première période, ces imperfections sont généralement considérées comme des limites qu’il faut dépasser.

L’histoire technique de la photographie est alors largement celle d’une conquête : celle de la réduction du temps de pose et de l'amélioraition de la sensibilité des supports.

Encore compris entre plusieurs minutes et parfois près d’une heure aux débuts du daguerréotype, en 1839, il tombe généralement à quelques secondes avec la diffusion du collodion humide à partir de 1851.

À la fin des années 1870, l’apparition des plaques sèches au gélatino-bromure, beaucoup plus sensibles, rend enfin possibles des expositions d’une fraction de seconde et ouvre la voie à la photographie instantanée.

Mais il reste encore à améliorer les objectifs et produire davantage de détails.

Cette volonté de précision s’explique facilement. La photographie doit encore justifier son existence face au dessin et à la peinture. Sa capacité extraordinaire à enregistrer les détails du monde constitue précisément l’un de ses arguments. La netteté devient donc presque une preuve de compétence technique.

Puis Julia Margaret Cameron arrive.

JULIA MARGARET CAMERON : LE DÉFAUT DEVIENT UN CHOIX

Cameron commence véritablement à photographier en 1863, lorsqu’elle reçoit son premier appareil à l’âge de 48 ans. Très vite, ses portraits prennent une direction radicalement différente de celle recherchée par une grande partie de ses contemporains. Les visages sont serrés, la profondeur de champ faible, les contours parfois incertains.

Les longs temps de pose enregistrent de petits mouvements. Des rayures, traces et imperfections du procédé peuvent rester visibles.

Elle ne cherche pas à les éliminer systématiquement.

Le Victoria and Albert Museum rappelle que ses photographies sont intentionnellement hors foyer et que cette manière de travailler est immédiatement critiquée par certains de ses contemporains.

Cameron revendique pourtant une ambition élevée : donner à la photographie la dignité du « High Art » et associer le réel à l’idéal, la vérité à la poésie.

Le moment décisif apparaît dans son propre témoignage.

Cameron explique que ses premiers résultats hors foyer furent accidentels, mais qu’en effectuant la mise au point elle découvrit parfois une image qu’elle jugeait belle avant d’atteindre la netteté maximale. Elle décida alors de s’arrêter volontairement à cet endroit au lieu de poursuivre jusqu’au point exact que les autres photographes recherchaient.

C’est une rupture considérable.

Le flou cesse d’être uniquement l’endroit où la technique échoue. Il devient l’endroit où le photographe décide que la précision n’est plus la priorité.

ET ELLE SE FAIT CRITIQUER POUR ÇA

Les réactions sont parfois sévères. En 1864, le Photographic Journal critique ses portraits « out of focus » et lui reproche de négliger les qualités propres de la photographie. Le jugement est intéressant parce qu’il révèle exactement le conflit qui est en train de naître : pour une partie du milieu photographique, supprimer volontairement du détail revient presque à renoncer à ce que la photographie possède de spécifique.

Cameron pense l’inverse. Elle utilise la douceur du foyer, les mouvements légers et l’éclairage pour produire des portraits moins descriptifs mais plus expressifs.

Le Metropolitan Museum souligne que cette combinaison donne à ses modèles une impression de présence, de souffle et de vie inhabituelle.

Autrement dit, montrer moins précisément permet parfois de montrer davantage.

LE PICTORIALISME TRANSFORME LE FLOU EN PROGRAMME ESTHÉTIQUE

Quelques décennies plus t**d, cette intuition devient presque un programme.

À partir des années 1880, le pictorialisme se développe en Europe puis aux États-Unis. Ses représentants veulent démontrer que la photographie peut être un art d’interprétation et non une simple reproduction mécanique du monde.

J'ai d'ailleurs fait une série de vidéos sur ce mouvement :
https://youtu.be/WKmtdd_BWFQ?si=nBHbpFS1Rrt1JWfm

Le flou devient alors l’un des outils possibles de cette émancipation. Certains photographes utilisent des objectifs à foyer doux, des papiers texturés, la gomme bichromatée, les encres grasses ou des interventions manuelles sur le tirage.

Le Metropolitan Museum décrit explicitement l’usage des soft-focus lenses comme l’un des moyens employés par les pictorialistes pour renforcer la dimension expressive de leurs images.

En France, Constant Puyo conçoit même des objectifs spécialement destinés à produire des effets de douceur. Robert Demachy travaille abondamment les procédés pigmentaires. Céline Laguarde utilise des « objectifs d’artistes » volontairement non corrigés, produisant un estompage des contours que le musée d’Orsay décrit comme un « flou chromatique ».

Le paradoxe est magnifique : pendant que les ingénieurs perfectionnent les objectifs pour supprimer les aberrations, certains artistes recherchent précisément des optiques qui en conservent.

LE FLOU DEVIENT UNE MANIÈRE DE DIRE QUE LA PHOTOGRAPHIE N’EST PAS LE RÉEL

Cette bataille dépasse donc largement une question de goût. Elle concerne la définition même de la photographie. Les pictorialistes refusent l’idée selon laquelle la valeur du médium résiderait uniquement dans sa capacité à reproduire fidèlement les détails.

Le musée d’Orsay résume leur démarche comme une volonté de tourner le dos au strict documentaire pour construire un monde plus intériorisé, plus évocateur, davantage apparenté aux autres arts.

Mais cette esthétique ne durera pas éternellement. Au début du XXe siècle, une nouvelle génération commence à rejeter les effets pictorialistes. Stieglitz, Steichen puis Paul Strand se tournent progressivement vers une photographie plus directe, plus nette, qui donnera naissance à la straight photography.

Le Metropolitan Museum décrit cette transition comme un passage du soft-focus pictorialiste vers une esthétique moderne beaucoup plus graphique et précise.

La netteté revient.

Mais elle ne peut plus redevenir innocente.

APRÈS CAMERON, UNE PHOTOGRAPHIE FLOUE PEUT ÊTRE JUSTE

C’est probablement cela, la véritable invention du flou artistique. Personne n’a inventé le fait qu’une photographie puisse être floue. Les photographies floues existent depuis que la photographie existe.

La révolution arrive lorsque quelqu’un regarde ce défaut et décide qu’il n’a aucune raison de le corriger.

Julia Margaret Cameron est essentielle précisément pour cela. Elle ne découvre pas le flou. Elle découvre qu’une photographie peut être moins nette et pourtant plus juste par rapport à ce que le photographe cherche à exprimer.

Les pictorialistes transformeront ensuite cette intuition en esthétique consciente, parfois jusqu’à l’excès.

Depuis, le flou n’est plus nécessairement une erreur. Il peut suggérer le mouvement, effacer un détail inutile, isoler un visage, produire de l’incertitude, évoquer la mémoire ou simplement empêcher le spectateur de tout comprendre immédiatement.

Et c’est peut-être là la leçon la plus intéressante de cette histoire.

Pendant plus d’un siècle et demi, la technologie photographique a cherché à nous permettre de montrer toujours davantage.

L’art, lui, a parfois choisi exactement le chemin inverse.

Parce qu’une photographie n’a pas toujours besoin de montrer davantage pour dire davantage.

Allez, si ce genre de choses vous intéresse (dites le moi en commentaire), je vous raconterais la suite dans une prochaine publication.

"Que vois-tu ?" - Modele : Aurore Istria - Make-up/hairdressing : Christophe Pujol - Photo : Nath-Sakura/Studio B612
02/09/2026

"Que vois-tu ?" - Modele : Aurore Istria - Make-up/hairdressing : Christophe Pujol - Photo : Nath-Sakura/Studio B612

02/09/2026

Bonjour à tous, j'espère que vous êtes en forme :) Moi ça va super bien. Et vous ?

"Silence des statues" - Model : Aurore Istria - Make-up/hairdressing : Christophe Pujol - Photo : Nath-Sakura/Studio B61...
01/09/2026

"Silence des statues" - Model : Aurore Istria - Make-up/hairdressing : Christophe Pujol - Photo : Nath-Sakura/Studio B612

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