Aurélia Gadeyne - Hors Du Sillon

Aurélia Gadeyne - Hors Du Sillon Illustrations poetico militantes
Impression artisanale. Textile & Papier recyclé
Slow design
Bouti De l’art planté avec amour, cultivé avec tripes et passion.

Les inspirations sont issues de conversations sincères et animées, de contemplations et de ressentis. J’imagine les idées tels les pistils des pissenlits s’envolant au grè du vent, elles sont dans l’air, visibles que si l’on y prête attention. Je prends soin de garder mon esprit fertile afin d’y accueillir les graines et de les laisser germer...

Bienvenue donc, dans mon jardin, n’hésitez pas à fl

âner dans les allées. Ici vous trouverez des écritures sauvages et des pensées arborescentes, des illustrations bouturées au militantisme ainsi que des créations engagées, arrosées sans pesticides. J’ai décidé de partager avec vous mon passage ensemencé sur terre et vous transmettre ces petites graines qui ne demandent qu’à germer. Chlorophyllement vôtre,

Aurélia

17/04/2026
On se retrouve samedi 14 Juin à Chambéry pour le marché du fait main avec Créa Savoie ! Je suis heureuse de vous présent...
12/06/2025

On se retrouve samedi 14 Juin à Chambéry pour le marché du fait main avec Créa Savoie !

Je suis heureuse de vous présenter la toute première collection Made in France🇫🇷 confectionnée en atelier d’insertion professionnelle à partir de tissus issus de stock dormant de maison de haute couture 😉
Toujours dessiné, imprimé et peint à la main dans mon atelier. ❤

Être au plus proche de mes valeurs et convictions est un véritable challenge mais ça me fait tellement vibrer !🌱

Venez découvrir les nouvelles illustrations et autres surprises ce week end permis d’autres créateurs de talent !

On se donne également rendez-vous le dimanche 15 Juin à Jarsy dans les Bauges !

Antifastfashionement vôtre ❤
(Tel est mon adage 😉 )

Aurélia

Aurelia Gadeyne

"Oh mais tu verras... On oublie vite !"Compte rendu d'extraction.C'était un lundi, premier jour de printemps, date annon...
03/06/2024

"Oh mais tu verras... On oublie vite !"

Compte rendu d'extraction.

C'était un lundi, premier jour de printemps, date annoncée pour la naissance de ma fille. J'ai pris la voiture et roulé plus d'1h30 jusqu'aux gorges d'Omblèze dans la Drôme, en chantant à tue-tête sur Sniper et Keny Arkana. J'aurai pu citer Debussy, ç eut été plus classe, mais dans ce texte, il n'est pas question de faire "bien" et vous allez comprendre pourquoi ...

J'ai la hargne, 19 kilos supplémentaires à porter et un tempérament de feu.
C'est le jour du terme et c'est ce jour-là que j'ai choisi pour... aller cueillir de l'ail des ours.
Arrivée près de la rivière, je ressens les premières contractions. Mon instinct me souffle de me mettre à l'abri, je suis dans un coin on ne peut plus tranquille, personne et quasiment pas de réseau.
J'ai le sentiment d'être partie malgré moi dans un endroit où je ne serai pas dérangée, je respire profondément et souris.

Le centre de périnatalité m'a bien dicté d'appeler afin de prendre rdv pour "vérifier" "s'assurer" mais je n'en ai pas envie et entame une cueillette. Je sens mon enfant s'agiter en moi quand je croque dans les boutons de fleurs et trempe mes pieds dans l'eau fraîche... à moins que ce ne soit toute la playlist de rap français" qu'elle s'est coltinée sur le chemin. Qui sait ?

Entre le chant des oiseaux et le rythme de l'eau retentit un son infâme, celui de mon téléphone, la 5G s'étant frayer un chemin parmi l'air pur.
C'est la secrétaire de l'hôpital.
" Bonjour Madame Gadeyne, c'est le jour du terme et vous n'avez pas pris rdv, comment vas t on vous caler maintenant ? rhoooo, il aurait fallu vous y prendre avant hein !"
Silence
"Je vous entends très mal là, ça coupe, c'est quoi ce brouhaha? Vous êtes où la ? à la piscine ?"
"Heu, dans les gorges à Omblèze"
"Dans les Gorges ??? silence - "Bon écoutez je vous note à 11h, tâchez d'être à l'heure."

J'obéis docilement, de toute façon elle vient carrément de me niquer mon flow et rebrousse chemin, cette fois dans le silence, concentrée pour "être à l'heure".
Le rdv est expéditif, il me manque quelques ml de ml de liquide amniotique.
"Il vaut mieux ne pas prendre de risques, enfin vous faites comme vous voulez, le planning de la maternité est plein mais je peux vous inscrire pour ce soir, alors?"
"ben je sais pas, j'aimerai encore attendre un peu, réfléchir ..."
"Ecoutez on est surchargé, s'il ya un problème, la maternité est à 1h15 de route, la je peux vous caler la ... ce soir et on déclenche."

Il faut dire que là ou je vis, la maternité a fermé depuis 2 ans malgré le nombre croissant de naissance, la plus proche est donc en "ville"
Deux femmes ont accouché dans leur voiture depuis, et une autre a passé un col bien plus sinueux que celui de l'utérus, pour pouvoir rejoindre la maternité de Grenoble ..

J'accepte et passe prendre l'homme incroyable, avec qui j'ai voulu vivre cette aventure sur son lieu de formation et roulons jusqu'à la maternité.
On est heureux et excités même si on a un peu peur.
On nous installe dans un premier bureau, mes contractions continuent de se faire ressentir, je gère.
Une médecin entre et me demande mon dossier, sur lequel est écrit "le petit haricot" surnom que nous avons donné à notre progéniture le temps de son incubation.
Elle brandit une feuille volante, " C'est quoi ça ? votre projet de naissance ? "
La sage femme m'avait conseillé d'en faire un et j'ai écrit une lettre manuscrite, en expliquant mes souhaits dans la mesure du possible, mes peurs, mes craintes..

La médecin la tient du bout des doigts, je sens bien que ça la saoule elle ne la lit qu'à moitié en murmurant des bla bla.
" Bla bla bla ... pas de pieds dans les étriers... oui ben ça on verra...Blablabla besoin de delicatesse, violence sexuelle.. ouais ... Papa présent au plus près.. Ben oui encore heureux !" Pas trop de monde dans la pièce" Bah ça, ça dépend ... Éviter la péridurale, mwarf"

Elle se lève et nous demande de patienter, claque la porte, je n'ai revu ni elle, ni ma lettre.
Sidérée, je garde ma joie, il faut dire que j'ai un super accompagnateur auprès de moi qui fait tout son possible pour me rassurer, on nous installe dans une chambre.
Une infirmière très douce vient s'assurer de l'avancée des contractions très lentes, nous avons la permission de sortir dîner.
Nous nous retrouvons donc contre toute attente pour un dernier resto en amoureux près de la gare, tranquille ! quand j'y repense maintenant ça avait tout l'air du dernier repas du Christ.

Les contractions sont de plus en plus intenses et je les calme en prenant des douches brûlantes.
On s'endort dans le lit d'hôpital une place blotti l'un contre l'autre, enfin ... enfin dans l'espace libre que me laisse le futur papa ;)
7h Nous sommes réveillés par une sage femme qui nous conduit en "salle de travail" tout s'accèlére.
Ça entre et ça sort vérifier et mesurer l'ouverture du col avec la même frénésie que devant un écran en bourse.
Environ 7 personnes différentes sont venues insérer régulièrement leurs doigts dans mon vagin avec le fameux " vous permettez, on y va doouuucement" , gratter la poche des eaux pour qu'elle se rompt sans succès. J'ai serré les dents.

Je fixe l'appareil qui note le rythme des contractions et je me prépare à chaque nouvelle vague. Une femme dans la chambre d'a coté hurle de douleur, l'intégralité de mon corps se raidit.
Le travail n'avance pas assez vite à leurs goûts, je suis déjà là depuis 6 ou 7h alors on m'adresse de l'ocytocine de synthèse qui viendra bouleverser tout le processus de gestion de la douleur.
Les contractions deviennent aléatoires et puissantes, je pleure, je crie, je mord dans la tunique de l'infirmière qui comprend très bien ce qui est en train de m'arriver, je sens sa compassion.
Je supplie pour qu'on vienne me soulager, j'aurai donner tout ce que j'avais a ce moment la pour que ça s'arrête. L'anesthésiste met 30 minutes à arriver et installe la fameuse péridurale.
Ca se calme très vite et je suis épuisée, c'est la deuxième nuit à l'hôpital et j'aimerai être chez moi.

Une nouvelle sage femme débarque à peu près vers 4h du matin, accompagnée d'une enieme nouvelle personne et me "brief" "
"Alors une fois l'accouchement entamé vous avez 20 min pour pousser apres c'est trop long et ça peut devenir dangereux.
De quoi mettre en confiance et détendre l'atmosphère.
Je demande à accoucher debout ou accroupie et on lance une playlist de musique douce créée pour l'occasion.

Allez y pousser
la péridurale m'empêche de sentir pleinement mon corps et je suis exténuée par les deux nuits sans sommeil et de la douleur.
Je ne me rend compte que je ne sais pas pousser, mes préparations à l'accouchement ont été réduites car ma sage femme, une personne extraordinaire a fait un burn out.
Pousser ... ça a l'air tout con comme ça, mais je crois qu'à ce moment-là j'aurai préféré qu'on me la fasse version NTM.
" Vas y bébé donne tout ce que t'as, c'est fou ce que t'as comme talent, mais ou est que t'as appriiiis tout ça, faut qu'ça glisse et puis qu'ça transpire ;)
Mais surtout à ce moment là, comme beaucoup de femmes j'imagine, je ne suis pas prête de faire zoom zoom zen de sitôt.

Mais la c'est la panique, j'ai idéalisé ce moment, lu des livres d'accouchement physiologique, regardé des vidéos qui prônent la libération de la femme sauvage qui sommeille en moi, du yoga du perinée et de l'univers qui serait à mes côtés.
La vérité c'est que je ne sais pas pousser, j'ai peur de faire c**a ou même de péter devant des gens que je connais pas, ça me bloque, je pense aux 20 minutes.. ça me bloque encore plus.
la sage femme decide d'appeler le gyneco qui débarque avec une interne pendant que je suis nue extenuée pendue a des cordes devant toutes ces personnes. On est loin du glamourognagnan de 50 shames of grey

Je ne sais comment je me retrouve allongée dans le lit, les pieds dans des étriers, une lumière dans l'entrejambe et un gars qui regarde la partie la plus intime et secrète de moi même.

J'ai peur, et tout va si vite..
"Poussez!"
"Mais je sais pas !"
Mon mec vire l'interne qui essaie de s'incruster dans la salle, en demandant de respecter mes choix, et je l'en remercie aujourd'hui d'avoir su faire entendre la voix que je n'ai pu avoir ce jour-là.
La péridurale ne fait plus effet et mon corps n'est que douleur, je sens quelque chose de coincée en moi. J'ai envie de rentrer, de les planter tous et qu'ils se démerdent.

Le gynéco me présente une ventouse avec une chaîne, m'explique sans que j ai le temps de comprendre "Vous êtes daccord ?"
Je n'ai pas le temps de répondre qu'il insère déjà le machin en moi.

Je décolle.
J'ai quitté mon corps, j'observe la scène du coin gauche du plafond, tous à s'affairer la.
Je suis ailleurs.
" Bon là on pousse encore une fois et sinon c' est le bloc, je sens la panique et reviens à moi."
Le presque Papa a peur, je le sens et moi aussi, c 'est lui qui me donnera la force de par sa main qui me serre de " donner tout ce que j'ai " il a crié avec moi, on était ensemble et plus rien d'autre ne comptait.
Cette petite merveille qui est désormais notre fille, on la voulait plus que tout.
Et elle est arrivée, mes premiers mots furent " Elle est belle" " Elle est tellement belle (pu**in)"
Je l'ai tenu fermement sur moi, j'ai su que jamais je ne la quitterai.
"On peut l'appeler Nova ? Hein on peut l'appeler Nova? "

J'ai tenu son petit corps si fort contre moi que je peux encore sentir sa tête contre ma clavicule imprimée à jamais.

L'histoire aurait pu s'arrêter là mais ce n'est pas fini ...
A peine arrivée dans la chambre que les allées et venues des infirmières qui me harcèlent de questions.
Il faut lui faire le test d'audition, c'est pas obligatoire mais bon.
J'ai envie de rire, ma fille sursaute à chaque claquement de porte intempestif, preuve de la bonne condition de son ouïe

"Il faut lui administrer un antibio vous êtes d'accord ?"
Non
La charmante pédiatre me fera culpabiliser suite à cette négation. " Vous vous rendez compte du risque que vous lui avez fait prendre ?
suite à son questionnaire de sortie, car j ai voulu quitter la maternité plus tôt, elle m'infantilisera davantage sur ma bonne conduite à tenir.

Le titre du texte c'est " Compte rendu d'extraction" car c'est le document avec lequel je suis repartie de la maternité relatant mon accouchement.

Mon histoire est des plus banales malheureusement. Mais j'écris pour mon enfant, qu'elle connaisse la vérité, mais aussi pour celles qui se sentent seules dans leurs têtes avec ce qu'elles ont vécu, accouchement, violence gynécologique et n'importe quelle détresse ou désillusion ...

Parfois j'aimerais qu'il y ai un "me too" de l'accouchement.
Y'a trop de tabous, de silence sur ce qui concerne la racine de bien des problèmes, la naissance, sujet qui concerne la totalité de l'humanité.
J'en veux pas aux infirmières de la maternite ni au médecin, j'en veux à la structure, aux aberrations d' un système qui ferme les yeux sur tant de manque de moyen évident d' un service primordial.
Le problème c'est qu'encore une fois on a remis notre sort dans les mains de gens qui n'en ont rien à fo**re.
Pendant que ce pays vend des armes à tour de bras

Je pense aussi à tous ces gens, ces mères de pays en guerre ou en plein genocide, car oui une armée contre un peuple c' est un genocide et qui vivent ces parcours sous les missiles.
Souvent je me dis que mon histoire n' est rien et que c'est en tant qu'occidentale privilégiée que je peux écrire ces mots sans risquer ma vie.
mais c' est parce qu'on se tait pour les bases qu'on peut assister à ces massacres sans sourciller entre deux infos débiles.

Il n'y a qu'à observer les réseaux : Une vidéo ou l'on entend une mère vendre ses filles pour 300 euros entre une vidéo de chatons qui font du toboggan et une autre relatant une anecdote stérile d'hanouna.
On noie notre indignation et on finit par parler de n' importe quel clash ou divorce people, la toile s'embrasera parce que ben ...c'est plus facile et puis "On n'y peut rien"
Résultat on a l'impression de manifester alors qu'on se goure total de combat.
La ou peut faire quelque chose par contre, c'est agir localement et faire preuve de sincérité.

Pas facile dans une époque où il faut être "bienveillant" et dans la gratitude infinie du chakra de la cheville.
J'aimerai développer ce paragraphe mais je sens que je vais m'énerver.

Quand j' entends Macron parler de réarmement démographique, j'ai envie de lui mettre une " clique sur ses fesses".
J' avais envie d'écrire une grosse baffe dans sa gu**le mais askip on peut plus taper les enfants.
De l'envoyer au coin, lui rappeler qu'il sort tout droit du même or***ce que tout le monde, d'appeler sa reum pour qu'elle lui raconte comment il naquit et qu'il se sente concerné par tout ça.

Le "ça", c'est la naissance, le point de départ pour agir et prévenir les mal êtres futurs, traumatisme, dépression, dépendance...
Comment prendre soin des êtres humains si on n'est pas capable de les accueillir correctement ? de les éduquer, les accompagner et de leur donner à tous les mêmes chances dans la vie ?
On préfère punir, classer, évincer.

En attendant de grandes révolutions ...On pourrait déjà commencer entre nous ...

"Quoi tu dors encore avec ton enfant ?"
Elle vient chercher la chaleur de nos corps et est rassurée
"Et votre intimité ?"
Mon intimité ne regarde que moi et je partage mon lit avec qui je veux.
D'autres partagent leurs nuits avec un téléviseur et dorment avec leur téléphone, je vous laisse juger du degré d'intimité, que chacun se pose les bonnes questions et fait surtout ce qu'il à envie sans se faire em****er.

"-Alors ça c'est bien passé ?"
-Ben non pas trop ... Je ...
-Ah mais le bébé va bien c'est le principal !
A traduire : " Oui bon ta Gu**le, de toute façon on veut pas savoir "

"Oh mais tu verras on oublie vite"

"-Ah bon ? Moi ça c'est très très très bien passé."
"- Moi c'était M.E.R.V.E.I.L.L.E.U.X "
Comme si c'était un concours.
"Moi c'était le plus beau jour de ma vie !"

Perso, c'était pas le plus beau jour de ma vie, le plus beau jour de ma vie, c' est tous les autres jours, quand je me lève la tête enfarinée et que je vois le sourire de ma fille ou la regarder parader fièrement dans les bras de son papa.
Le plus beau jour de ma vie c' est maintenant.

Dans cette société ou il faudrait être la mère robuste, forte, qui se dépasse sans cesse. Celle qui porte à bout de bras une charge incroyable mais qui n'a pas le droit d'en avoir marre. Ce serait bien qu'on se soutienne un peu plus hein.
Des fois jme dis c' est le karma , je regrette sincèrement quand, plus jeune je pensais que les mères restaient tranquilles à la maison avec les enfants plutôt que d'aller travailler.
En fait pour la plupart, retourner au travail c'est faire tout ce qu'elle fait déjà et travailler soit un 24h/24 7/7.

Combien de fois me suis-je retrouvée avec les seins si tendus que leur texture était semblable à la peau du visage des frères Bogdanoff, parce que je n' ai pas réussi à trouver un coin tranquille pour tirer mon lait lorsque je quittais la maison.

" Bah qu'est ce qu'il y a ? " "Pourquoi tu t'énerves ? "

Il faudra faire face à l'intolérance des autres et celle qu'on voue à soi même
Être épuisée, ralentir...avec un corps qui se remet doucement, que tu te réveilles parfois 5 fois dans le nuit et que tu fais toutes tes tâches quotidiennes à un bras, 12 kg dans l'autre, l allaitement ( 1500heures la première année).
Se donner le droit d'aimer sa famille plus que tout mais d'avoir aussi pensé à prendre un billet simple pour l'Alaska pour pouvoir être tranquille 5 minutes.

Virginia Woolf a écrit : "il faut tuer l'ange du foyer " ça fait tellement sens pour moi aujourd'hui.
Prendre la place qu'on a envie d'avoir dans ce monde et ce sans la demander ou s'excuser.
Bousculer les habitudes générationnelles, dire les choses et exprimer ses besoins c'est peut être ça la vrai bienveillance.

A l'heure de la pensée positive à tout va que j'emmerde de tout mon coeur, j'ai envie de clamer haut et fort mes ressentis même les moins heureux.
J'ai envie d'être aussi incisive que celles qui transpercent actuellement les gencives de ma fille

Je pris conscience très récemment que quand je pleurais ce n'étais pas par tristesse ou sensibilité mais parce que je retenais ma voix, mes mots.
Je les retiens si fort que je dois mettre une telle pression sur la boîte à glandes lacrymales que le liquide salé m'explose au visage comme une bouteille de kombucha qu'on a laissé trainé.

J'ai peur de me faire entendre , de diffuser ce texte... car il sera aussi lu par ma famille et mes amis, ma mère.
Mais j'ai décidé d'être dans une démarche d'authenticité qui m'est salvatrice.

Et puis "Pas le temps pour les regrets, les erreurs n'appartiennent qu'à nous même " Nietzsche

Nan je dé***ne c' est Booba ;)

Prenez soin de vous, on est pas tous parents, mais on est tous des enfants.

Marâtrement vôtre,

Aurélia

09/05/2024

Le décompte est lancé !

Le samedi 25 mai prochain, nous aurons le plaisir d’accueillir 65 artisans-créateurs pour notre traditionnel marché de créateurs de Grenoble.

Pour la deuxième année, le marché s’installera au jardin de ville.
Vous découvrirez dans les jours à venir la sélection que nous vous avons concoctés.

On compte sur vous pour venir nombreux soutenir l’artisanat local !

Gardienne du Feu ou Femme au FoyerCoucou les gens qui peuvent dormir, ça va ?Je suis pas très présente en ce moment car ...
30/10/2023

Gardienne du Feu ou Femme au Foyer

Coucou les gens qui peuvent dormir, ça va ?
Je suis pas très présente en ce moment car j'suis pas mal occupée t'as vu!
J'ai un peu de temps parfois, quand elle dort et que je me suis pas effondrée avec, ou alors que j ai pas marché sur Sophie la Girafe en sortant du lit (Pouêeeet) ou même shooter dans sa boîte a musique.

Quand j ai le temps du coup, je bosse sur un nouveau projet!J'ai envie de tout changer! tout!
C'est prévu pour le printemps prochain, faudra être patient.
Quand je dis on change tout! c est le nom, les matières, la façon de faire.
Y'a que l'esprit et le fond qui restent... contrairement à la forme (un peu comme moi en ce moment)
J'ai aussi un tas d'histoires pas finies à publier, mais j'ai du mal à me concentrer avec des "DA da Daaaaa dada a brrrrrrr areuh" en fond sonore.

Du coup, j en profite pour écrire spontanément maintenant, je crois que les dents et le changement d'heure ça lui a mis sa claque...
A moi aussi d'ailleurs, je me suis réveillée au moins 6 ou 7 fois depuis hier soir, je ne sais même plus quel jour on est.
D'façon je m'en fou, j'suis pour l'instant femme au foyer !
(j'ai pas eu de congé maternité hein, ça c'est pour les femmes qui ont eu un "vrai" travail) et je monte un nouveau projet pro!
J'avoue je suis assez fière, c est le métier le plus sportif et le plus polyvalent que j ai jamais fait, le moins bien payé aussi.

Femme au foyer, moi j aime pas trop le nom, je préfère déesse de l'âtre ou gardienne du feu.
Et encore en anglais, c est "Housewife" soit "épouse de maison"
Alors la Darling,.. Oh my god ! t'existes même plus ...
Tu fais environs 168 heures par semaine et des fois! des fois t'as le droit d'aller faire c**a tranquille.
Tout le monde à des habits propres sauf toi, parce que tu rentres plus dans rien et ...

Ah elle est réveillée, je vais continuer mon texte dans ma tête en l'allaitant...

C est bon je l'ai mise dans son parc...
J'ai investi, ça m'a couté 300 boules, alors j'ai bien le droit d'être tranquille 5 min pour finir mon texte.

"Bah enfin elle pourrait allez à la crèche, faut "défusionner un peu"
Alors merci Emile, mais y' a pas de places avant Septembre 2024...
"T'as pensé aux couches lavables ?"
Les semaines n'ont malheureusement que 168h, le parc a 300 boules, j' aurai p'têt pu le construire moi même mais quand? quuuand ? Qu'est ce que le teeeemps ? Me dit le chapelier fou.

En ce moment la nuit ,elle pleure toutes les heures... (touuuutes les heuuuures gros! ) et on sait pas pourquoi! Nobody knows... niemand weiss... ဘယ်သူမှမသိဘူး... ( le dernier c est en birman )
La journée elle pète le feu, elle sourit tout le temps et charme les chalands.
"OOoooh ça se voit que c'est une petite fille facile!"
Gnin gnin gnin et moi j'acquiesce, mes zygomatiques en mode tuteurs pour paupières.

Du coup Nova (ma fille) et moi, on va aux rdv professionnels ensemble, visiter les ateliers, rencontrer les modélistes, et s'entraîner au pitch pour un projet d'incubation social et environnemental en Rhône alpes.
Je l'a présente comme mon assos, ça les fait même pas rire.
Tout ça pour dire que je vais essayer de poster plus souvent, parce que j ai plein de trucs à vous raconter, que ce projet me met en joie et que je le trouve génial !

Bon... je me suis quand même rentrer en pleurant du dernier rendez-vous. Lors de mon intervention, Nova brandissait son doudou requin devant mon nez en testant ses cordes vocales, je n'avais pas dormi, et dans l'impossibilité de me concentrer, me suis enfuie avant de craquer.

Je vous oublie pas !
Nocturnement vôtre,

Bisous à tous, aux hâletantes, et aux gens qui dorment pas, quelles qu'en soient les raisons ...
Aurélia
Ps: Merci à la jeune femme, maman de jumeau, venue me voir au marché pour me remercier du précédent texte. Ça m'en a inspiré des dizaines.

17/08/2023

Mon premier court métrage avec en guest le fondu vidéo des années 2000 🙃

Des fois j'fais des rêves chelous ...
Je crois que c'est parce que le soir j'observe longuement les veines saillantes qui parcourent ma poitrine, telles des cables, des éclairs, des racines imprimés sur ma peau...

Jésus transformait l'eau en vin ... Abracadaboutdebras! Je change mon sang en lait !


Elle fait ses nuits ? 😑A peine née, les yeux grand ouverts sur le monde dans toute la violence et la beauté qu'est un ac...
08/06/2023

Elle fait ses nuits ? 😑

A peine née, les yeux grand ouverts sur le monde dans toute la violence et la beauté qu'est un accouchement, que la société fut déjà présente pour la tenir dans le rang.
Heureusement nous sommes là pour veiller au grain ...
Et quelle graine mes amis ! 🌱

A ma vie de femme, j'ai ajouté ma vie de mère, un apprentissage riche d'expériences plus farfelues les unes que les autres !
J’ai toujours fui la banalité, me voilà dans une affaire bien commune mais pas des moindres, celle d être une maman.
J'ai troqué mon sac a dos pour le beau des voyages sans billet retour.
Aucun jour ne se ressemble, la découverte est fascinante.
Retrouver un instinct primitif et animal, mes acuités visuelles et auditive sont décuplées !

J'ai agrandi mon vocabulaire : Babybump, cododo, téterelle, msn (rien a voir avec hotmail) plancher pelvien... et aussi le fonctionnement des glandes mammaires...
Je me sens plus proche que jamais du vivant.
Les végétaux transforment la lumière en chlorophylle, Jésus l'eau en vin, les femmes transforment leur sang en lait ... (les meufs un d'ses pouvoir en vérité ! 🤌)
Tu m’étonnes qu'on a gonflé le clergé et que certaines d'entre nous ont fini au bûcher.
En cas de famine, on pourrait se nourrir entre femmes ! je te tête, tu me tètes par la barbicheteuuuuh
C est ça la sororité !

En plus c est bon ! ben oui j'ai gouté ! quoi ? beuuurk ?
Ca fait 37 ans que je bois du lait de plein de vaches mélangées que je connais même pas, emballé dans du carton ou du plastique et que je mange du lait de biquette bo**ré de moisissures.
Alors fais pas l’offusquée !

Quoi qu'en dise Michel :( j ai décidé de garder le vrai prénom )
Passant sa tête dans l’entrebâillement de la porte pendant que je l'allaite :
" Rhoooo, il a de la chance ce petit là, il doit faire des envieux ! "
On ne se connaît pas, je laisse couler, au fond c'est pas si grave ... ( mais ça fait c***r quand même )
Puis une autre remarque d’une connaissance " Oh c est papa qui doit être content"
Plus t**d dans la même journée, j'allaite ma fille à nouveau pour la 8éme fois quand il me souffle :
" Quoi encore ! mais c'est pour elle ou pour te faire kiffer ou bien ? "
Dans ma tête, j'ai eu envie de lui balancer une couche sale ( ouverte ) à la gu**le, et ça ? ça t'fais kiffer co***rd ?"
Mais j'ai rien dit ... parce que j'ai pas encore l'expérience, mais t’inquiètes ça va venir.

J'ai eu le temps d y réfléchir et la prochaine fois, lors d'une telle remarque, pendant que je l'allaite, je simulerai un orgasme bien bien fort pour bien lui mettre le seum. 😚
" OOOh ouiiiiiii, Aaaaaaaah ."
Ca s'appelle renverser le malaise.

Michel a beau être un mec cultivé ( il connait tous les noms des volcans du monde par coeur, ça l'empêche pas d’être un gros beauf et de s'en doute faire parti des mascu ouin ouin. ( Quoi ? c'est mon texte je dis ce que je veux !)

"Tu mettrais pas un p'tit châle ? "
Non en fait j'ai pas envie de me cacher, au diable la pudeur ! Environ 10 personnes différentes sont venues tripoter mon or***ce vaginal pendant mon séjour à la maternité, on va pas faire de manières !
Je dégaine ma poitrine à chaque signe de faim de ma petite protégée, peu importe l'endroit.
L'allaitement, qu'on aurait pu sans complexe orthographié d’halètement, clairement énergivore et chronophage qui n'enlève rien à la beauté du geste.
Une dizaine d’allaitement par jour donc, ce n’est pas rien, sans compter les nuits ... entre 20 à 45 minutes chaque, je vous laisse faire le calcul.
Faudrait en plus pas déranger !

Cela permet de nourrir et de rassurer ma petite fille en pleurs parfois, ma poitrine la rassure et l'aide à s'endormir.
Et si mes seins m'apportent une autre source de plaisir désormais c’est le silence ❤️

Parfois je craque, devenir mère n'est pas rien et j'aimerais ne pas avoir non plus à m'en cacher ou me justifier.
Parce que je suis fatiguée, que je n'ai pas fait de nuit complète depuis 3 mois, parce que des douleurs inconnues jusqu'alors se font ressentir ou quand je me fais p**i régulièrement dessus dès que je me marre...
Cest toujours aussi, à ce moment là que qqun, aussi bienveillant soit-il me conseille de faire telle ou telle chose en croyant m'aider, alors qu’à ce moment-là, ce tout petit moment-là, j'ai juste besoin d’un câlin et d’un café ... chaud de préférence.


Moi qui adore manger brûlant, j’apprends a apprécier le tiède, les oeufs à la coque que je chéris tant, sont devenus des oeufs durs, en fait c’est bon aussi…
De toute façon, se faire des mouillettes avec une main c’est trop compliqué, surtout quand tu donnes le sein en même temps.
Parmi ceux qui voudraient m’apprendre comment faire et me mettre la pression il y a les réseaux sociaux ...

Depuis sa venue au monde, les algorithmes me montrent comment ne pas déprimer, bien gérer mon emploi du temps, blablabla
me donnent mille et une techniques pour perdre du poids, pour ne pas avoir les seins qui pendent après l'allaitement ..
Parce que voyez vous, on voit fleurir partout en une des magazines des articles en tout genre sur ces propos. rédigés principalement par des femmes, je glisse ça comme ça ...
Beach bikini body et autres réjouissances ...
Est-ce qu'il y a des articles sur les testicules qui traînent au fond du slip … non il n y en a pas.

J’ai aujourd'hui un petit ventre mou et de la cellulite que je ne vois plus comme un défaut mais une réserve pour m’aider tenir le coup niveau énergie et nourrir mon enfant.
Telles les alvéoles de la ruche remplis de propolis et miel, qui ne sont pas faites que pour notre palais mais pour nourrir les larves.
Je chéris ce corps plantureux désormais qui m’a amené jusqu’à ces réflexions.
Un corps magnifique de femme qui a abrité et donné la vie et qui ne demande qu’à être aimé de sa propriétaire.

Autre fait intéressant lorsque j'ai tapé pour la première fois sur google " Est-ce qu'un accouchement ... "
le même gogole en question m'a proposé comme recherche :
" Est-ce qu'un accouchement fait plus mal qu'un coup de pieds dans les co****es " 🤦‍♀️
Véridique, tout ce que je peux écrire dans mes textes ( pour ceux qui suivent ) n’est que pure vérité.

Je vous laisse donc imaginer la bande de trous d'balle qui a pu faire ce type de recherches pour que je tombe dessus, c’est qu'il y a encore de nombreux progrès à faire ... quoi qu'on en dise.

Les ascenseurs émotionnels que je pouvais vivre jusqu'alors sont devenus des montagnes russes..
Je me sens l'envie de soulever des montagnes et l'instant d’après fondre en larmes ... en privé et en public...
Je ne m'en cache plus non plus, c'est parfois plus difficile de contrôler ses émotions face aux autres, de les retenir face aux commentaires extérieurs que de m’occuper de ma petite fille tout en laissant ces émotions me traverser, être moi même en toute circonstance.

D'ailleurs j'aimerais comprendre pourquoi les gens sont si mal à l'aise avec les pleurs, les leurs ou ceux des autres alors qu'ils furent leurs premiers moyens de communication.

Etre à l’aise avec sa vulnérabilité a toujours été chez moi une forme de courage, c’est se donner la chance d’avancer et d’être entier.
Ne pas mentir et surtout ne pas se mentir, être dans le deni amènerait à stagner et ne pas résoudre les problèmes de fond.

Et puis vint le fameux " Laisses la pleurer un peu ....
Tu vas en faire une capricieuse. "

Laisser pleurer son enfant ? il s’exprime lui aussi. Ne pas le prendre dans ses bras et le laisser seul, encore ce malaise avec les larmes, cet inconfort.
On voit bien ce que ça donne, des humains incapables d’être à l’aise avec leurs émotions, et de les exprimer sereinement et sans jugement.
Et puis " elle fait ses nuits ? "
On nous dit que le sommeil d’un enfant n’est pas mature ? 9 mois dans le noir et il faudrait déjà qu’il ait un rythme, celui d’une société malade.
Elle a le temps, je ne suis pas pressée.

Ces adages datent et perdurent, ce qui était vrai il y a 30 ans ne l'est plus maintenant, et ne le sera plus dans 30 alors à quoi bon.

Le temps, je suis en train d'apprendre, grâce a elle, à l’apprécier vraiment.
Il passe et je ne veux plus lui courir après.
Avoir un enfant c’est ralentir, pas pour vous empêcher d’avancer. Ralentir pour ne plus courir après des chimères, ralentir pour ne pas gaspiller de temps et de le prendre, pour prendre de meilleures décisions. Se poser et réfléchir ...

Elle m’a apprit bien plus en 2 mois que dans toute une vie.
J'ai accouché une deuxième fois : de moi même et là aussi c'est violent.
Comment ai-je pu imaginer sortir indemne de cette mutation, peut être avais je peur d'être libre.
Je n'ai plus de filtres, les inégalités de genre me sautent au visage.
Quand je regarde autour de moi désormais, je vois toutes ces femmes mener de front leur existence, des battantes, des warriors.

On dit qu'il faut un village pour élever un enfant, parfois j’ai le sentiment qu’il faut une mère pour élever un village.

Je vis le présent et les jours défilent ... on danse, on rit, on pleure et on s'affirme et ça on l'apprend toutes les deux.
Ma fille aura bientôt 3 mois et elle s 'appelle Nova, Nova, la nouvelle.
Elle a repoussé quelques démons en moi, leur montrant qu’il n y a plus de place pour eux désormais.

Je l'aime, je le sais parce qu’à chaque fois que je descends dans notre chambre par cet escalier raide, je serai prête à prendre de plein fouet le mur en crépis d'en face, si chute il y avait, pour la protéger.
Preuve incontestable de mon amour pour elle. 😊

C'est ma p'tite biquette en sucre, mon bébé joli, mon troglodyte mignion, ma p'tite raclette à la framboise, mon ... vous avez compris.

Je l'aime. des filaments dorés nous relient l'une à l'autre quand je l'allaite, mon coeur s’emballe quand elle sourit.
au fur et a mesure tout devient plus simple, je compte environ 4 ou 5 heures seules depuis qu’elle est née et j’en profite pour écrire.
mon amie Clémence appelle ses enfants " ses trous noirs" et je comprends désormais ...

Elle m'a transcendé de son regard dès la première seconde et j’ai su que j’étais sur le bon chemin.

Je voue un amour sans nom à ma petite fille et à son papa sinon je ne ferai pas tout ça.

Le seul regret que j'ai c'est de ne pas pouvoir la présenter aux absents : mon papa, mes grands pères, mes oncles André et Benoît, disparus récemment.
La famille c'est sacré et je pense souvent à eux.

Des fois je sais pas trop ce que je fais ... mais je pense que je le fais bien.

Il y a encore tellement de choses à dire mais ce sera pour un prochain épisode, merci de m'avoir lu.

Marâtrement votre,

Aurélia

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