10/02/2026
Ce moment où tu reconnais l’autre, parce que tu te reconnais toi même. Est ce que c’est ça « vieillir » ?
Se sentir à la fois terriblement vulnérable, happée par le temps, inexorablement marquée par les étapes douces et douloureuses de la vie, et en même temps extrêmement solide, sûre.
Liées aux êtres qui comptent et détachée des regards qui pèsent.
Ancrée dans le besoin de vrai. Juste le vrai.
Éloigner les faux semblants et se nourrir de l’essentiel.
Donner et retrouver du sens dans tout ce que l’on fait.
La beauté c’est quoi aujourd’hui ? Les (mes) critères évoluent. Par la force des choses peut être. Mais peu importe les raisons.
Je trouve toujours du beau chez l’autre mais j’ai tellement lutté contre le beau en moi. Ce moi est imparfait, ce corps que j’essaie de ne plus maltraiter n’a jamais été celui que je voulais, le pauvre. Mais il a ses atouts, et en premier lieu, celui de me porter, de m’emmener, de me faire rencontrer, porter l’appareil, porter mes filles, dans tous les sens que cela peut contenir. Il me permet d’avancer, de courir, de souffrir, de respirer, de vibrer, d’avoir peur, d’oser.
Oser me photographier.
Poser le trépied, c’est dire je prends ma place dans le cadre.
Et poser moi, c’est montrer que je cesse d’être en dehors.
Oser montrer ensuite.
Avoir le courage pour remercier toutes celles qui le font - et feront - avec moi.
Assumer, dévoiler, être une femme, avoir 40 ans.
Être, tout court.