22/06/2026
On dirait une affiche de cinéma. C’est une photographie. Et personne, ici, n’est un acteur.
Pendant des années, je ne faisais que passer. je me voyais comme une photo-reporter hors-temps, je franchissais le portail, je m’asseyais au coin du feu, et je rapportais ce que je voyais : la vie d’un camp, d’un autre temps, captée sur le vif.
Je vous l’avais dit, je reviens, mais pour quelque chose de différent et cette fois, j’ai fait vraiment autre chose, un projet qui murissait depuis plus de trois ans.
Il y a une image que beaucoup d’entre vous portent en eux sans toujours savoir pourquoi. Une compagnie qui s’avance dans la brume, étagée entre les arbres, prête à partir. On la croit née de l’imaginaire, finalement elle ne l’est pas.
Les grands illustrateurs de la Terre du Milieu n’ont rien inventé de la lumière qui nous bouleverse. Ils l’ont trouvée dans notre propre histoire : une étoffe rêche, un acier patiné, une plume au chapeau. Mon idée tient en une phrase : retrouver ces fragments de réel, et les laisser réapparaître.
Pour cette première traversée, je n’ai photographié aucun acteur. J’ai photographié des habitants d’un autre temps : Les Gentilshommes de Son Eminence qui font revivre la guerre de Trente Ans avec une rigueur que nul costume de cinéma n’atteindra jamais. Nous étions en Normandie, dans un ravin du Calvados, là où la forêt garde encore quelque chose d’ancien.
Eux habitent leur époque. Moi, je n’étais que l’œil venu prouver qu’elle a existé. Et vous, quelle image vous a marqué·e sans que vous sachiez vraiment pourquoi ? Dites-le moi en commentaire, je suis curieuse.