05/09/2026
PROUVÈNÇO ISTÒRI
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PROUVÈNÇO AUTOUNOMO »
UNE RÉGION HISTORIQUE
Tout le territoire de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur appartient au royaume de Provence de Charles. Puis, progressivement, du IXe siècle jusqu’au XIVe siècle, certains territoires périphériques en furent séparés par la volonté des princes : le Briançonnais, la principauté d’Orange, l’Embrunais, le Gapençais, le Comtat Venaissin et Avignon.
Pour le Comtat Venaissin, il faut retenir la raison pour laquelle la papauté le choisit lorsque le roi de France le lui offrit en récompense de son aide, à la fin de la croisade contre la maison de Toulouse. La papauté, menacée à Rome par l’expansion de l’islam, avait besoin d’un territoire de repli.
La position géographique du pays venissin, au centre de gravité de l’Europe latine, entre la péninsule Ibérique, la péninsule italienne et la France septentrionale, et directement en relation, par le couloir rhodanien, avec l’Europe du Nord, permettait à la papauté, si elle devait quitter Rome, de s’établir au carrefour des chemins de la catholicité.
Cette fonction, avec l’apparition des États-nations autarciques, allait retrouver toute son importance en 1993, grâce à la libre circulation des personnes et des marchandises.
Au XIVe siècle, la baillie de Barcelonnette, les vigueries de Nice et du Puget-Téniers, au moment de la succession difficile de la reine Jeanne, prennent le parti de la maison de Savoie. Celle-ci prétend au Comté de Provence, qu’elle gouvernait en Savoie et au Piémont, et rêvait de fonder une grande confédération alpine avec la Provence.
Cela ne se fera pas à cause du roi de France, qui imposera la maison d’Anjou, dans le but d’intégrer la Provence à son domaine royal.
Si cette confédération avait réussi, la Provence orientale, au lieu de rester une frontière, serait devenue le centre d’une liaison Piémont-Provence, sans frontière.
Cette idée devait également redevenir d’actualité dans la perspective de 1993.
De plus, la carte de 1388 entre Nice et la maison de Savoie montre l’ambition de la principale cité provençale de l’est : elle prévoit qu’elle devienne le siège du pouvoir exécutif provençal si la maison de Savoie récupérait toutes ses terres de Provence.
La cité de Rancher conserve encore aujourd’hui la volonté d’être un centre politique important de Provence.
DÉFENDRE SON AUTONOMIE
Ce qui caractérise tous ces territoires séparés, c’est leur volonté de défendre leur autonomie, comme le montre, par exemple, l’histoire du Briançonnais, de la principauté d’Orange, du Comtat Venaissin et du Comté de Nice.
Cette défense de l’autonomie se retrouve à la fin du XVe siècle lorsque, après six années de négociations avec le roi de France Charles VIII, celui-ci confirme l’union de la Provence à la France.
Cette union doit être considérée comme une confédération entre deux États sous le même souverain, et non comme une confusion de deux États pour n’en former qu’un seul.
Ainsi, le souvenir du Parlement de Provence de 1789, du traité d’Utrecht de 1713 jusqu’en 1960, date de création de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, montre que les territoires séparés, lorsque les circonstances le permettaient, ont demandé à rejoindre l’ensemble provençal.
Cette volonté, plus qu’une raison économique comme certains voudraient nous le faire croire aujourd’hui, est due au sentiment d’appartenir à une même communauté linguistique et culturelle.
Cavour l’a parfaitement démontré lorsqu’il donna à la Chambre de Turin la raison du choix de Nice par la France lors du référendum de 1860 :
« Quelle est la preuve la plus forte de la nationalité d’un peuple ? C’est le langage. Or, l’idiome parlé à Nice n’a qu’une analogie très éloignée avec l’italien. C’est le même que celui parlé à Marseille, à Toulon, à Grasse. »
Dans les conversations familiales, les Niçois ne se servent pas de l’italien : ils parlent provençal.
* « PROUVÈNÇO EN LUCHO »
L’UNITÉ DE NOTRE RÉGION
Tout le territoire de la Provence-Alpes-Côte d’Azur se trouve dans l’aire du dialecte provençal de la langue d’oc.
Ses variantes — provençal montagnard, niçois, provençal central (maritime), provençal rhodanien — proches les unes des autres, montrent que, depuis la fin de l’Empire romain, au moment où se sont formées les langues latines, les habitants de ces territoires ont toujours entretenu des relations humaines et des échanges privilégiés.
L’unité linguistique et culturelle de notre région est sa caractéristique majeure.
Il n’existe pas de minorité parlant une autre langue territoriale.
De plus, le sentiment d’appartenance à une même communauté ethnique de ses habitants est renforcé par le fait que le provençal est également la langue territoriale des pays qui l’entourent : à l’est, le domaine provençal d’Italie, de Bardonnèche à Vintimille ; au nord, après la barrière presque infranchissable du massif du Pelvoux, le Dauphiné provençal, de La Mure à Valence ; à l’ouest, du Vivarais au Vidourle, les parlers provençaux de la rive droite du Rhône.
Cette extension du domaine provençal ne vient pas d’une capitale culturelle et économique rayonnante, mais d’un maillage de pays découpés soit par le relief, soit par la zone d’influence d’un bourg qui, en passant de l’un à l’autre, ont toujours entretenu des liens étroits entre eux.
DES VILLES PUISSANTES
C’est une autre particularité de la Provence
Au croisement des chemins de Nice à Avignon et de Briançon à Marseille, il existait sous l’Ancien Régime une capitale administrative, siège du Parlement de Provence, mais elle n’a jamais eu une fonction comparable à celle de Paris pour le bassin parisien ou de Toulouse pour le Languedoc, qui sont des centres dominant tout leur territoire par leur influence.
C’est le relief montagneux de la Provence qui en est la cause.
Les grandes villes provençales sont des centres d’affaires périphériques ouverts vers l’est.
Ce sont d’abord les deux ports qui se sont développés là où les criques naturelles l’ont permis, à l’embouchure des principaux fleuves de Provence, le Rhône et le Var.
Ce sont Marseille et Nice qui se partagent sous leur influence l’espace provençal.
=)Pour Marseille ,Elle est devenue la capitale économique, culturelle et administrative de la Provence. De plus son agglomération de plus de 2,5 millions d'habitants est la deuxième de France.
=)Pour Nice : une autre partie avec le Haut-Verdon, le bassin du Var et l’est de la Provence centrale.
Par ces deux villes prépondérantes, la Provence donne l’image d’un territoire à deux pôles.
Mais l’influence de Marseille et de Nice est contrebalancée par la présence d’autres villes puissantes comme Toulon, au centre de la Provence maritime, qui empêche une coupure de la Provence en deux, ainsi qu’Avignon, qui donne une certaine autonomie à la Provence rhodanienne, ou Gap, qui joue un rôle comparable pour tout le haut pays gavot.
Ces villes puissantes ont développé leur particularisme local en refusant de se placer sous l’influence d’une autre.
Il existe ainsi un particularisme culturel marseillais, un particularisme culturel niçois, un autre avignonnais, un autre gapençais, et la liste des villes pourrait être poursuivie.
C’est l’originalité de la civilisation provençale.
Au pied de l’axe rhodanien, ouverte sur la Méditerranée et sur l’Europe occidentale, la Provence-Alpes-Côte d’Azur est la région la plus riche du Midi français.
Son produit intérieur brut de 384,3 milliards de francs la plaçait au troisième rang des régions françaises après l’Île-de-France et la région Rhône-Alpes.
//*//« PROUVÈNÇO AUTOUNOMO »
Mais la Provence possède également l’un des
C’est un pays de contradictions.
Son climat méditerranéen et son art de vivre attirent les populations du nord.
Sa richesse économique comme son climat attirent également les populations des pays du Maghreb, anciennes colonies françaises.
Elle a accueilli 450 000 rapatriés d’Afrique du Nord.
La combinaison de ces facteurs a fait passer sa population, entre le recensement de 1954 et celui de 1990, de 2 415 000 habitants à environ5 2000 000 habitants.de nos jours.
Cela représente une croissance démographique de 1 845 000 habitants, soit 76 %, en l’espace de 35 ans.
Cette croissance économique et démographique s’accompagne d’une quasi-dépossession des Provençaux du pouvoir de production, financier et de la grande distribution de leur pays.
Le pays provençal se trouve dans un état de dépendance vis-à-vis de centres de décision économiques et financiers extérieurs, pour la plupart installés à Paris.
Paris concentre également les centres de décision administratifs qui gouvernent le territoire français, l’un des plus centralisés de la Communauté économique européenne.
Cette administration, pour désigner notre région, a placé à côté de Provence deux termes imprécis : Alpes, qui désigne un massif montagneux de plus de 1 000 kilomètres de long, et Côte d’Azur, expression touristique créée par le journaliste Stephen Liégeard.
Or, nous venons de voir que notre région est l’héritière du royaume de Provence de Charles et du Comté de Provence qui lui a succédé.
Ainsi, pour nous, c’est tout simplement la Provence, la Grande Provence, comme disent les anciens Niçois et les anciens Briançonnais, pour souligner que leur pays en fait partie.
DEMANDONS QUE SOIT DONNÉ À LA PROVENCE…
Nous avons vu son unité linguistique et culturelle.
Nous avons vu que son relief montagneux n’en faisait pas une région centralisée autour d’une capitale, mais une Fédération de pays.
Nous avons vu que, jusqu’à la Révolution française, toutes les entités qui forment la Provence ont défendu leur autonomie devant leurs princes.
La Provence, ce pays si particulier, qui fut toujours animé par l’esprit fédératif, se trouve aujourd’hui dans une situation qu’il faut examiner face à l’évolution de l’Europe et du monde.
Pour lui permettre de maîtriser le rôle que lui donne sa position géographique, pour ne pas être entièrement soumise aux pouvoirs économiques et financiers extérieurs qui contrôlent ses moyens de production, pour que sa langue et sa civilisation soient le fondement de la volonté de ses habitants de la faire rayonner,
DEMANDONS QUE SOIT DONNÉ PAR LA FRANCE,
À NOTRE GRANDE PROVENCE,
LA MÊME AUTONOMIE
QUE L’ESPAGNE DÉMOCRATIQUE
VIENT D’ACCORDER À LA CATALOGNE.
Une Grande Provence autonome, qui, tout en s’intégrant à l’Europe et à la communauté mondiale, préservera son âme, dont l’instrument principal est sa langue.
Une Grande Provence autonome, fière de son passé, qui fédérera tous ses pays tout en respectant leurs particularités, afin que chacun apporte sa pierre au monument vivant de sa civilisation.
PROUVÈNÇO NACIOUN/PARTI AUTONOMISTE PROVENÇAL