19/08/2022
Stranger #101 – Louise
I met Louise during a medieval festival, she kindly agreed to take the time to speak with me and let me take her portrait. I started my first 100 Strangers challenge three years ago, during the same medieval festival. I thought it rather fitting to start my second round at this festival.
What do you do for a living ?
“I’m an actress, it’s the second year I’m doing this with this troop. I’m going to change what I do for a living but I don’t know what I’ll do next. Actually, I do know, I want to do something with my hands, work with my hands and with nature like a tree trimmer. I realised I don’t know how to do anything with my hands. I draw and I write stories too but I’d rather have a day job and keep drawing and writing for my pleasure. It’s weird telling yourself that whether you eat or not, whether you can pay your rent or not depends on your imagination. And then you have to sell yourself and I don’t want to sell myself actually. I want people to work with me because they want to, because they like me and what I do. One day I’d like to write a story beforehand, do the preparatory drawings, write a comic, make it so that the drawings aren’t just an illustration of the text, that they tell something more.
There are comics that tell a story only through the drawings, without any text. An Ocean of Love for example, without going into detail it’s a couple, the old man disappears at sea and his wife goes to look for him. The old man is small and stunted while the lady is quite big. I make drawings that I publish on instagram and when I think of them they’re already laid out, ready to be drawn.”
What do you draw?
“Characters. I’ve been drawing since I was little. Whenever I felt lonely I would draw characters and I wouldn’t feel so alone anymore.”
What’s the best memory from your childhood?
“When I was little, in the South East of France, there was a cork oak. We’d climb it with my father and he would read me stories from a magazine I was subscribed to.”
What’s the craziest thing you’ve done?
“Something quite recent, it was after the second lockdown we went to the seaside with my lover, I jumped in the water naked.”
Do you still have faith in humanity?
“It depends on how my day’s going. I’m lucky enough to work with nice people and if I didn’t have have faith in humanity, I’d kill myself.”
What’s your definition of consent?
“To be in total agreement with oneself, with the other and with the deed.”
Has your consent always been respected?
“No.”
Do you still suffer from it?
“I can talk about it. I’ve been r***d twice by two different people. I only understood afterwards, I froze, I was in shock, I felt like I was out of my body. Years later I talked about it with a friend and she said that’s r**e. The fact that she said the word freed me in a way. For a while, I would choose nice guys and once I’d come I’d throw them away. I don’t do that anymore. I still have nightmares about my r**es.”
Do you have any advice for people?
“Help each other.”
Are you doing what you want to be doing in life?
“I have been doing what I want for five years.”
Why change?
“I have been asking myself questions about theater for a while now. With covid, we saw that culture wasn’t considered essential in France. Yet, if not for movies, if not for books clearly everyone would have killed themselves during lockdown. Who goes to the theater? Mostly rich old white men and people who are in show business themselves and then classes on school trips. Those are a captive audience and that’s not easy.
Being here, doing this, seeing these children be here and wanting to be here, it’s a nice change.”
Where will you be five years from now?
“I hope I won’t have itchy feet so much, that I’ll settle, in a house, not necessarily in a couple but with people I love, like a community.”
What do you need to be happy?
“It’s going to sound corny but I need love.”
We got to talking about anxiety and mental health.
“It’s because people can’t see what’s going on inside. I’ve never suffered from depression but people who suffer from that should seek help. If someone breaks their arm, they’ll go to the hospital. Well, if you’re depressed you should see a psychologist. Recently I happened on a quote by Seneca: “We suffer more in imagination than in reality.””
Thank you very much Louise!
This picture is #101 in my 100 strangers project. This is my 2nd round. Find out more about the project and see pictures taken by other photographers at the 100 Strangers Flickr Group page
This is my 100th submission to the Human Family Group. To view more street portraits and stories visit The Human Family Flickr Group page
J’ai rencontré Louise pendant une fête médiévale, elle a gentiment accepté de prendre le temps de parler avec moi et de me laisser faire son portrait. J’ai commencé mon premier défi 100 strangers il y a 3 ans, pendant le même festival médiéval. J’ai trouvé ça plutôt approprié de commencer ma deuxième session pendant cette fête.
Qu'est-ce que tu fais dans la vie ?
« Je suis comédienne, c'est la deuxième saison que je fais ça avec cette compagnie je vais me rediriger vers autre chose mais je sais pas encore quoi. Si je sais en vrai, je veux faire quelque chose avec mes mains travailler avec mes mains et avec la nature genre élagueur je me rends compte je sais rien faire de mes mains. Je dessine et j'écris des histoires aussi mais je préfère avoir un travail alimentaire et garder le dessin et l'écriture pour le plaisir. C'est bizarre de se dire que le fait de manger, de payer son loyer dépend de notre imagination. Et puis il faut se vendre, et j'ai pas envie de me vendre en fait ; j'ai envie que les gens travaillent avec moi s'ils ont envie parce qu'ils m'aiment bien et qu'ils aiment ce que je fais. Un jour j'aimerais écrire à l'avance l'histoire faire les dessins préparatoire écrire une BD, faire que les dessins ne soient pas juste une illustration du texte mais qu'il raconte quelque chose en plus du texte.
Il y a des BD qui racontent toute une histoire uniquement grâce aux dessins, sans le texte. Un Océan d’Amour par exemple, sans rentrer dans les détails c’est un couple, le vieux monsieur disparaît en mer et sa femme part à sa recherche. Le monsieur est tout rabougri alors que la dame est imposante.
je fais des dessins je les publie sur Instagram et quand ça me vient c'est déjà découpé dans ma tête, c’est prêt à être dessiné. »
Qu’est ce que tu dessines ?
« Des personnages, je dessine depuis que je suis petite. Quand je me sentais seule, je dessinais des personnages et j’étais plus seule. »
Quel est le meilleur souvenir de ton enfance ?
« Quand j'étais petite dans le sud-est de la France, il y avait un chêne liège on grimpait avec mon père et il me lisait des histoires d'un magazine auquel j'étais abonné. »
Quel est le truc le plus fou que tu aies fait ?
« Un truc récent, après le deuxième confinement avec mon amoureux on est allés à la mer je me suis jetée à l'eau nue. »
Tu as encore foi en l'humanité ?
« Ça dépend des jours, j'ai la chance de travailler avec des gens sympas et puis si j'avais pas la foi je me buterais. »
Quelle est la définition du consentement ?
« Être en accord total avec soi, avec l'autre, avec l'acte. »
Est-ce qu'on a toujours respecté ton consentement ?
« Non. »
Est-ce que tu en souffres encore ?
« J'arrive à en parler, j'ai subi deux viols par deux personnes différentes. J'ai réalisé qu'après, j'étais sidérée, je suis sortie de mon corps. C'est des années après en en parlant avec une amie qu'elle m'a dit c'est un viol. Le fait de mettre le mot dessus ça m'a libéré d'une certaine façon.
Pendant un moment après je choisissais des mecs gentils, dès que j’avais jouit avec eux je les jetais, je ne le fais plus. Je cauchemarde encore de mes viols. »
Est-ce que tu auras un conseil pour l'humanité ?
« S'entraider. »
Tu fais ce que tu veux dans la vie ?
« Ça fait 5 ans que je fais ce que je veux. »
Pourquoi changer ?
« Ça fait un moment que je me questionnais sur le théâtre. Avec le covid on a vu que la culture a pas été considérée comme essentielle, pourtant sans les films sans les livres clairement tout le monde se serait buté pendant le confinement. Qui va au théâtre ? C'est des vieux blancs riches qui vont au théâtre et puis des gens du métier, des gens qui sont dans le spectacle et puis des classes en excursion scolaire, c’est un public captif et c'est pas facile.
Être ici, faire ça, voir des enfants qui sont là qui sont heureux d'être là ça change. »
Où est-ce que tu seras dans 5 ans ?
« J'espère que j'aurai moins la bougeotte, que je serai dans une maison, pas forcément en couple mais avec des des gens que j'aime comme une communauté. »
De quoi as-tu besoin pour être heureuse ?
« Ça va faire cucul j'ai besoin d'amour. »
Nous avons parlé de la santé mentale et de la perception des gens de la santé mentale des autres. « C’est parce que c’est pas apparent, les gens voient pas ce qui se passe dans nos têtes. J’ai jamais été en dépression mais les gens qui souffrent de ça doivent se faire aider. Si tu te casses le bras, tu vas à l’hôpital. Et bien, si t’es déprimé, tu vas voir un psy. » Nous avons parlé de l’anxiété. « Récemment, je suis tombée sur cette citation de Sénèque : « Nous souffrons plus de l’imagination que de la réalité. » »
Merci pour tout Louise !
Cette photo est la #101 dans mon projet 100 strangers. Apprenez-en plus au sujet du projet et visionnez les photos prises par d’autres photographes sur la page Flickr du groupe 100 Strangers
C’est ma 100ème participation au groupe The Human Family. Pour voir plus de portraits de rue et d’histoires, visitez la page Flickr du groupe