24/05/2026
« LA CRISE DU RUGBY FĂMININ : ILS NâONT RIEN VU VENIR »
Tous les dirigeants le savent.
Tous les entraĂźneurs aussi.
Quand la gronde vient du vestiaire, il est souvent déjà trop t**d.
Et aujourdâhui, ce ne sont plus :
- des observateurs,
- quelques dirigeants de clubs,
- lâopposition inexistante,
- ou dâanciennes joueuses
qui alertent.
Mais les internationales elles-mĂȘmes.
Manae Feleu demande âdes gens courageuxâ pour investir enfin dans le rugby fĂ©minin.
Joanna Grisez décrit un rugby féminin organisé comme dans les années 1990.
Rose Bernadou Ă©voque les limites du systĂšme actuel et le besoin urgent de faire changer dâĂ©chelle le rugby fĂ©minin français.
Carla Arbez "Câest incroyable ce quâon vit pendant cinq matchs mais la semaine prochaine ça va ĂȘtre compliquĂ© de remplir notre stade de Sainte-Germaine avec le Stade Bordelais."
les joueuses commencent Ă dire publiquement ce quâelles vivent dans les clubs depuis des annĂ©es.
Et cela pose une vraie question politique.
Comment, aprĂšs une Coupe du monde, aprĂšs toute cette communication sur âlâhĂ©ritageâ, ne pas faire :
- lâĂ©tat des lieux,
- lâaudit Ă©conomique,
- le constat sportif,
- et surtout le diagnostic des clubs ?
Comment Florian Grill, Ariane Van Ghelue et Jean-Marc Lhermet ont-ils pu rester à ce point éloignés de la réalité du terrain, des clubs ou simplement ignorants de leur écosystÚme ?
Parce que ces problÚmes, eux, étaient visibles partout et depuis longtemps:
- budgets dérisoires,
- clubs épuisés,
- écarts sportifs gigantesques,
- championnat déséquilibré,
- conditions de pratique des femmes,
- dépendance totale aux contrats fédéraux.
Tout le monde les voyait sauf manifestement la gouvernance fédérale.
UNE ERREUR STRATĂGIQUE MAJEURE
On aurait pu comprendre de maintenir le systĂšme jusquâĂ la Coupe du monde.
Mais immĂ©diatement aprĂšs il fallait changer de modĂšle qui nâest pas la bonne rĂ©ponse.
Pas repartir sur de nouveaux contrats fédéraux.
Pas prolonger artificiellement un systÚme déjà à bout de souffle.
Il fallait immédiatement :
- organiser la transition,
- aider massivement les clubs,
- construire leur autonomie économique,
- et leur permettre progressivement de rémunérer directement leurs joueuses.
Parce quâau fond, le problĂšme est simple.
Pourtant la FFR continue de penser " équipe de France ", contrats fédéraux, alors que le vrai sujet, ce sont les clubs qui forment, encadrent, accompagnent, développent les internationales.
Le haut niveau ne vivra pas sans clubs forts.
LE MODĂLE ACTUEL NE PEUT PAS TENIR
Comment imaginer quâon puisse professionnaliser durablement des joueuses avec :
100 000 Ă 250 000 euros de budget ?
Une masse salariale maximale de la moitié
Comment imaginer quâun naming national AXA ne rapporte que :
14 000 euros par club
sans comprendre immédiatement que le modÚle économique ne tient pas ?
Aujourdâhui, les chiffres dĂ©montrent quâun vrai club professionnel fĂ©minin devra fonctionner autour de :
4 Ă 5 millions dâeuros pour 30 joueuses payĂ©es entre 2 et 4.000 euros.
Pas 1,8 M⏠comme objectif de nos élus qui savent pourtant que leurs contrats fédéraux coûtent 2,2 M⏠par an.
Et certainement pas avec des clubs associatifs laissés seuls face à des exigences toujours plus lourdes.
LE TERRAIN A DĂJĂ BASCULĂ
François Ratier, sait que lâavenir du rugby français fĂ©minin est dans la totalitĂ© du potentiel des clubs y compris lâĂ©lite 2
- concurrence,
- ouverture,
- rotation,
- réservoir,
- joueuses performantes
et surtout les meilleures du moment
Bref une logique sportive cohĂ©rente et les joueuses adhĂšrent totalement parce quâenfin :
- personne nâest installĂ©,
- le maillot se mérite,
- et le sportif repasse au centre.
LA COMMUNICATION NE SUFFIRA PLUS
Le plus inquiĂ©tant finalement, ce nâest peut-ĂȘtre mĂȘme plus le ret**d pris mais que la communication politique a remplacĂ© lâaction.
Déplacements.
Présence médiatique.
Campagne permanente.
Mais à le rugby demande des solutions, des innovation, résultats et pour cela il faut savoir investir.
Il ne sert Ă rien dâĂȘtre en campagne Ă©lectorale continue si, derriĂšre, les clubs sâĂ©puisent, les Ă©carts explosent et les joueuses elles-mĂȘmes commencent Ă dĂ©noncer publiquement le systĂšme.
Le peuple du rugby nâaccorde pas sa confiance sur des slogans et demande dĂ©sormais
- une vision,
- des moyens
- de la transparence,
- des résultats,
- et Ă la capacitĂ© de voir venir les crises avant quâelles nâexplosent publiquement.
Et aujourdâhui, sur le rugby fĂ©minin cette gouvernance donne surtout le sentiment dâavoir toujours un train de ret**d.