13/06/2026
J'ai pris une claque la semaine dernière.
Une vraie.
Pas sur le plan technique. Pas sur la photographie.
Sur moi.
Je suivais la formation « L'Âme du Portraitiste » avec Milena Perdriel. Nous étions quatre stagiaires. Trois femmes et moi, seul homme du groupe.
À un moment, Milena m'a parlé d'ateliers portrait qu'elle m'avait vu animer par le passé.
Et elle m'a dit quelque chose que je n'avais jamais entendu.
Ou peut-être que je ne voulais pas entendre.
Elle m'a expliqué que certaines de mes blagues, certaines de mes remarques, certaines de mes façons d'interagir pouvaient mettre des femmes mal à l'aise. Que parfois, ce que je considérais comme de l'humour ou de la spontanéité pouvait être vécu autrement.
Ma première réaction a été intérieurement de me défendre.
Parce que je ne suis pas cette personne-là.
Parce que je n'ai jamais voulu blesser qui que ce soit.
Parce que je pensais sincèrement mettre les gens à l'aise.
Et puis j'ai arrêté de me défendre.
J'ai écouté.
Et j'ai compris quelque chose d'essentiel.
L'intention ne suffit pas toujours.
On peut être convaincu de bien faire et pourtant produire l'effet inverse.
On peut croire que l'on crée une atmosphère détendue alors que certaines personnes se sentent en réalité observées, jugées ou enfermées dans une situation inconfortable.
Depuis plusieurs jours, je repense à tout cela.
À ma façon de photographier.
À ma façon de diriger.
À ma façon d'occuper l'espace.
À cette tendance que j'ai parfois à prendre beaucoup de place.
Trop de place.
Je ne vais pas écrire ici que je suis devenu un autre homme en trois jours.
Ce serait faux.
Mais je peux dire que quelque chose a changé.
Je n'ai plus envie d'être le photographe qui impose.
Je n'ai plus envie d'être celui qui déroule son numéro.
Je n'ai plus envie que ma personnalité prenne plus de place que la personne que je photographie.
J'ai envie d'écouter davantage.
J'ai envie de laisser émerger les gens plutôt que de les conduire là où j'ai décidé qu'ils devaient aller.
J'ai envie que mes portraits ressemblent davantage aux personnes photographiées qu'à mon propre personnage.
Cette publication n'est pas une demande d'indulgence.
C'est simplement une promesse publique.
Celle de faire mieux.
Parce qu'il n'y a pas d'âge pour apprendre.
Et parce qu'il n'y a pas de honte à reconnaître que l'on s'est trompé.
Merci Milena, Géraldine et Cathie pour cette prise de conscience.
📸 La plupart des images de ce carrousel sont leurs œuvres.