31/08/2026
Ici se trouvait un glacier.
Aujourd’hui, pour le voir, il faut lever les yeux. Bien haut.
Ce qu’il reste en bas, c’est son empreinte.
Une vallée de pierres grises, une eau laiteuse qui se déchire en dizaines de bras, un lac à la couleur éclatante posé au milieu de tout ça.
Cette couleur, c’est de la roche broyée par la glace en suspension dans l’eau.
La beauté de l’endroit est faite avec les restes du glacier. Un paysage à couper le souffle.
Et dans toute cette beauté, une réalité bien plus noire : un glacier qui ne cesse de reculer.
C’est ce qui rend ces endroits si étranges à parcourir.
Une découverte magnifique de par leur beauté, et en même temps une interrogation sur ce qu’ils deviendront bien vite.
Ces hautes vallées du Val d’Aoste, perdues au fin fond des montagnes, ne ressembleront plus à ça dans vingt ans.
La montagne que l’on aime et que l’on admire se transforme au fil des saisons et des années.
Sauf qu’aujourd’hui, ça ne se compte plus en générations. Ça se voit à l’échelle d’une vie. La nôtre.
Alors je continue de monter, et de photographier.
Pas pour archiver ce qui disparaît, mais pour que ceux qui n’y vont pas voient ce qui est en train de bouger.
Ces paysages sont éphémères. Ça ne les rend pas moins beaux. Ça rend juste le fait d’y aller, et d’en parler, un peu plus urgent.