La Tour Perret fut le + haut building d'Europe jusqu'en 1969.La Tour Perret située en face de la gare a été construite par Auguste Perret entre 1948 et 1954 suite à la démolition du quartier en 1944. Elle fût l’un des premiers gratte-ciel construit en Europe et constituait à l’époque un exploit en ce qui concerne l’utilisation du béton. L’architecte étant décédé avant la fin des travaux n’a jamais
pu achevé le bâtiment. Il avait notamment prévu à l’origine de placer des horloges au sommet de la Tour pour faire référence aux Beffrois. L’ajout du sablier de verre sur la Tour Perret entre aujourd’hui dans un projet global de refonte du quartier de la gare.Description de l’architecte:
L’ambition du projet a été de s’inscrire dans l’histoire mouvementée de la place d’Amiens, de revendiquer l’architecture moderne comme projet inachevé, de lire la tour comme un témoin permanent laissé aux architectes pour risquer l’audace et rappeler que l’architecture n’est pas bâtie sur des ruines mais sur la volonté des hommes d’espérer l’avenir. L’ambition du projet a été de mettre en lumière une oeuvre architecturale exceptionnelle par une attitude moderne respectueuse, loin de toute attitude archaïque. Le volume est un cube dont la base correspond au module de 6,60 mètres qui forme la trame géométrique conceptuelle de l’ensemble de l’oeuvre de Perret à Amiens. Pour renforcer l’axialité de la place aujourd’hui illisible par des pollutions visuelles de tous ordres, nous avons hissé la tour à près de 112 mètres, comme le souhaitait Perret pour la largeur de la place à ses pieds. INTENTIONS LUMIERE
Un cube de verre lumineux, point culminant de la tour Perret, égrène le temps heure après heure, face à la gare, en plein cœur et au-dessus de la ville, de ses mouvements, de ses bruits. Chacune des 4 faces du «sablier» est composé de 12 éléments de vitrage à opacification commandée électriquement, permettant de rendre le sablier transparent ou bien translucide. Au centre de celui-ci 12 lignes de tri-néon gorgent le verre diffusant d’une lumière colorée et changeante. Nous proposons une logique constructive de la lumière que nous souhaitons en adéquation avec l’architecture d’Auguste Perret. Une lumière chaude et colorée, montante, trouve ses origines en pied de la tour, depuis le niveau de la rue jusqu’aux premières terrasses du bâtiment. Les modénatures sont soulignées par une lumière très colorée, appelant le promeneur à lever le regard en affirmant le nouveau plan architectural. Le mouvement horaire du sablier matérialise la première heure de la nuit, la lumière montante contribuant à élancer la tour vers le ciel nocturne. Doucement, au crépuscule, la lumière s'installe au sommet, lumière rougeoyante dont on ne mesure pas immédiatement l'origine. Le soleil a totalement disparu, le bleu se mélange au rouge, la transparence du verre s'estompe jusqu'à l'opacité, d'heure en heure, pour marquer le temps, lire la nuit. Tous les quarts d’heure, demi-heures et heures la tour s’anime, comme un carillon, elle «sonne» le temps. La lumière monte le long de la tour, le sablier brille d’un flot de lumière. Il est minuit, la lumière d'un blanc pur couleur de lune s'ancre dans la nuit, le verre a totalement perdu sa transparence. Un évènement lumière annonce le passage vers le nouveau jour, le cube de verre rayonne. De minuit à 1 heure du matin un grand calme s'installe, le sommet de la tour se montre dans la plus absolue simplicité, un grand cube de verre blanc-bleuté suspend le temps, veille sur la ville. La première heure du matin arrive, le sablier reprend sa respiration, dévoilant à nouveau la structure. Les heures passent, la lumière de l'aube se mélange au bleu, doucement, bleu-vert, lumière matinale, ciel voilé, la lumière artificielle s'efface pour laisser place à la lumière naturelle. Le sablier continuera sa course avec le soleil pour atteindre une totale transparence à midi. La lumière du jour pénètre au centre de la tour, dévoilant le volume circulaire qu'elle enserre en son centre. Conçue par l' architecte Auguste Perret en 1942 et construite dans le cadre du projet d' aménagement de la place Alphonse-Fiquet comprenant également deux gares, une poste et des immeubles d' habitation, cet édifice, à la fois "beffroi-campanile", tour-monument et immeuble résidentiel, symbolise la reconstruction d' Amiens après les destructions massives de la Seconde Guerre mondiale. Après les travaux de terrassement et de fondation débutés le 15 novembre 1949, la première pierre put être posée le 22 mai 1950. Le gros-oeuvre fut achevé en mars 1952. Les travaux furent menés par l' entreprise Perret-Frères (Auguste, Gustave et Claude) associée à l' entreprise Bouvet d' Arras. Pendant 7 ans , la tour resta sans fonction précise jusquà son acquisition en 1959 par l' architecte Spoerry qui fonda une société immobilière et aménagea la tour en appartements et bureaux. Construite sur les fonds publics du Ministère de la reconstruction et de l' Urbanisme, sa réalisation aura nécessité une dépense de 225 millions de francs. description : Haute de 103 mètres, la tour présente 3 niveaux de sous-sol (sur 12 mètres de fondation) , 20 niveaux de plan carré, 5 de plan octogonal et à nouveau 5 de plan carré. Le dernier étage est en réalité le toit de la tour, une plate-forme à ciel ouvert. Chaque étage est percé de grandes baies rectangulaires. gros-oeuvre : béton armé
couverture (matériau) : béton en couverture
étages : 3 étages de sous-sol ; rez-de-chaussée ; 29 étages carrés
couverture (type) : terrasse
escaliers : escalier dans-oeuvre ; escalier tournant à retours ; escalier en vis sans jour ; ascenseur
propriété d'une société privée
date protection MH : 1975/10/29 : inscrit MH partiellement
Façade et couverture inscrites. type d'étude : enquête thématique régionale (édifices civils et édilitaires d'Amiens des 19e et 20e siècles)
date d'enquête : 1997
rédacteur(s) : Mette Nathalie
N° notice : IA80000177
© Inventaire général, 1997
Dossier consultable : service régional de l'inventaire Picardie
5, Rue Henri Daussy 80044 AMIENS Cedex - 03.22.97.33.73