07/06/2023
DE L’ACTE PHOTOGRAPHIQUE
La photographie sert à matérialiser l’existant, à le justifier à travers un enchaînement de faits ou d’impressions juxtaposées lucidement ou inconsciemment, en un instantané, condensé, recréant une réalité prétendant avoir qualité de preuve.
En créant un espace-temps, reviviscence d’une perception, après un certain temps de latence, favorisant l’émergence d’un soi inconnu jusqu’à présent.
Perdant de ce fait nos repères mais vecteur intellectuel favorisant la création de visions futures.
Et la photographie dans tout cela ?
N’est-elle qu’un instantané esclave des apparences ou un médium permettant de déchiffrer le passé et de mieux comprendre le futur ?
Y aurait-il une relation à établir entre l’acquisition initiale d’une preuve matérielle avec tout ce qu’elle contient d’émotion instantanée
et les cheminements mystérieux dus au temps, paradigme correspondant aux destinées humaines, filtre naturel de nos émotions, ou l’oubli peut également faire renaître des souvenirs enfouis dans nos mémoires, inaperçus au moment de la captation de l’image, sorte de sublimation mettant en évidence un essentiel non perçu…
A contrario cette charge émotionnelle, sensorielle ne peut-elle pas donner naissance à une image mentale, subliminale, dématérialisant la réalité afin de la transcender et la divulguer, nouveau paradigme, vers son essence même ?
© Francis Van Sever 2020