27/01/2026
Quel lausannois, c’est à dire quel bipède rompu à la déambulation entre la gare et St-François, entre le printemps de l’après guerre et nos jours, n’a pas jeté une œillade furtive à la devanture de photo Tornow ? Si l’histoire de l’enseigne se perd dans le parcours mouvementé du sieur éponyme, des milliers d’entre nous ont franchis son seuil pentu, laissant les mythiques pavés pour l’antre feutrée du « photographe ». Entre les reflets dansants des passants dans la vitrine, quelques portraits, certains moins anonymes comme celui du beau Vincent Perez, venu assumer ses lausannoises origines. Quelques années après que les baby boomer se soient lassé de faire bouger Lôzane, tandis que l’heure est venue pour Orwell de vérifier son apocalypse, Roberto Ackermann prend la barre de l’inévitable studio. Métissage du charme et de l’élégance, où chante le prénom et sonne le patronyme, comme un parfum de femme dont les effluves enivraient Vittorio Gassman, Roberto va donner au lieu sa couleur, ses nuances de gris et offrir à chacun quelques secondes d’éternité.
Roberto a cessé les activités du studio en 2021. Soucieux de préserver le précieux patrimoine photographique accumulé, il s’est adressé aux archives cantonales vaudoises qui a généreusement offert un gite temporaire aux deux tonnes (mais oui !!) de négatifs et tirages de référence. Numérotés et répertoriés dans de précieux registres, leur sort devait être modifié en 2024, l’institution vaudoise ne pouvant plus héberger une telle quantité de documents. De plus le syndrome du vinaigre dont étaient atteints certains menaçait de se propager sur l’ensemble. C’est là que trois mousquetaires passionnés allaient réunir leurs efforts pour sauver le précieux fond. Au rythme d’un ou trois cartons par jour, Roberto, Jacques et Pierre d’o se sont attelés à trier, classer puis stocker plus de 40’000 pièces, tombant parfois sur quelques « pépites » illustrant l’histoire lausannoise.
A celles et ceux d’entre vous qui se souviennent avoir franchi le palier du studio du Petit-Chêne à Lausanne, nous proposons de laisser un commentaire ou message avec la date supposée de la prise de vue. Dans la mesure du possible, nous tenterons de retrouver la pochette et de vous faire part du fruit de notre recherche, sans garantie évidemment. A suivre...