06/08/2025
Depuis quelques semaines, je documente une lutte pacifique aux côtés des Gardiens du Territoire Association des Gardiens du territoire Nehirowisiw Aski. Une lutte qui me rappelle, dans un autre contexte, celle que mènent les autochtones Guarani au Brésil. Aux deux extrémités des Amériques, le constat est le même : la colonisation n’appartient pas au passé.
Ici, c’est une lutte contre la toute-puissance de l’industrie sur les ressources naturelles, contre le projet de réforme de l’industrie forestière — le projet de Loi 97 ; une lutte menée par une coalition des peuples qui habitent le territoire, ça veut dire ENSEMBLE. Innu, Atikamekw, Abénaquis, ensemble.
Là-bas, les Guarani luttent pour récupérer les terres qui leur ont été volées, pillées, saccagées par une agriculture intensive qui a remplacé, en quelques générations, les luxuriantes forêts qu’ont connues leurs ancêtres.
La souffrance des peuples autochtones fait écho à la souffrance de la Terre.
Dans les vastes forêts québécoises s’opposent deux visions du monde. Celle d’un système cupide qui exploite les ressources du territoire avec des machines toujours plus grosses, toujours plus efficaces, toujours plus destructrices, au nom de la rentabilité et du profit ; et celle d’une conscience universelle qui ne place pas l’humain au-dessus de la nature, qui propose une gestion du territoire à échelle humaine, sur le long terme, où le capital passe après la préservation de la terre.
Ces mots de Paulina Martines, leader Ava-Guarani au Brésil, me reviennent:
« Nous sommes des protecteurs,
gardiens de la forêt,
gardiens des êtres vivants,
gardiens des semences.
Notre objectif est de reboiser�nos esprits,
l'âme de la société,
la Terre nourricière.
Chaque jour, elle appelle à l'aide,
mais la cupidité étouffe sa voix. »