10/06/2026
Pendant 10 jours, j’ai vécu au rythme de l’expédition Mamu Nikantetau, en rabaska et à pied, en longeant la rivière Kichi Sibi (des Outaouais) à Tiohtià (Montréal). J’y étais comme photographe, mais surtout, j’y étais pour rencontrer, écouter et me laisser traverser par cette expérience. Je prends aujourd’hui le temps d’essayer de mettre des mots sur ce vécu. Je dis bien essayer, parce que le ressenti et la compréhension de certaines choses n’ont pas toujours les mots assez justes pour parler de ce qu’ils sont réellement. Ce qui est le plus difficile à mettre en mots je crois, ce sont les humains rencontrés sur le chemin qui avancent avec ce qu’ils sont et ce qu’ils portent, mais aussi toute cette énergie, cette symbiose qui se crée entre nous, avec le territoire, avec l’eau, avec le vivant.
Je vous avoue qu’après une expédition comme celle-là, où les liens se créent avec grande sincérité, le retour à la “vie normale” est un peu étrange… il y a comme un vide. On s’ennuie de la chaleur humaine, des rires qui allègent le cœur, de l’amour qui circule, de tous ces petits moments devenus précieux sans qu’on s’en rende compte. Des défis qu’on traverse ensemble, de pouvoir compter les uns sur les autres, de s’écouter pour vrai. On finit par garder un petit bout de chacun avec soi. C’est simplement beau, et même assez bouleversant de réaliser à quel point on a besoin les uns des autres.
Le rabaska et les outardes sont eux aussi de si belles images de la communauté. On pagaie ensemble, on suit le rythme donné par l’avant, on s’ajuste entre nous. On se relaie quand quelqu’un a besoin de souffler, on donne un peu plus quand quelqu’un en a besoin. Personne n’avance vraiment seul puisqu’il faut écouter le rythme des autres pour trouver le sien. Je repars de ces 10 jours remplie, vraiment remplie, presque au bord de déborder de gratitude et d’amour pour la beauté de ce qui se crée lorsqu’on se laisse porter par les sillages qui se croisent.
Mamu Nikantetau ça signifie avançons ensemble en innu-aimun. Tout est là, dans ces deux mots. Je suis et serai alliée des peuples autochtones, du territoire qui a tant besoin qu’on en prenne soin, parce qu’on en fait partie.
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