Benoît Barbarossa

Benoît Barbarossa Photographe bruxellois.

Pour voir tous mes projets c'est par ici
03/05/2023

Pour voir tous mes projets c'est par ici

Brussels based photographer

05/05/2021

“J’occupe !” est une série de portraits des personnes qui portent des projets et font vivre les lieux de notre écosystème Hélène Kim (La Serre)

27/04/2021

J’OCCUPE ! 6ème épisode de notre série de portraits. Le travail d’Hélène, c’est de penser et co-concevoir l’habitat collectif. Pour ça, elle a de nombreuses cordes à son arc (architecte, facilitatrice, coordinatrice de projets) Dans le lieu Maxima, elle s’inspire du commun et le nourrit tous les jours, à chaque occasion. Merci Hélène !
Pour en savoir plus sur son projet : Com'on Home
Pour lire ce portrait et les autres : http://www.communa.be/accueil/portraits

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▻ Peux-tu te présenter ? C’est quoi ton projet ici ?

Je m’appelle Hélène, je travaille pour Com’on Home, un projet que j’ai fondé il y a deux ans et demi. J’ai la chance d’avoir une acolyte de projet depuis mai 2020. Ensemble on vise à faciliter l’accès au logement qualitatif en plaçant l’habitant au cœur de la chaîne de production immobilière. On part du postulat que le logement est un besoin de base. Dans l’état actuel des choses à Bruxelles, une grosse proportion du logement est produite par le secteur privé, et ça se fait sans la participation des habitant·e·s. Les logements sont conçus sans les futur·e·s usager·e·s de ces lieux et sont inadaptés à leurs besoins. Tout notre travail s’oriente vers la facilitation d’accès aux habitant·e·s à la production de logements. On fait ça via le biais du co-habitat, l’habitat collaboratif, partagé et participatif puisqu’il y a une grosse demande pour ce type de logements. Les bruxellois·e·s ne se retrouvent pas dans l’offre actuelle de logements. On estime que le co-habitat c’est vraiment un vecteur de changement dans le rapport à la propriété et dans le rapport à l’espace. Ça vient un peu bouleverser toute la relation à l’habitat et au logement. 




▻ Aujourd’hui on est à Maxima. Tu peux nous parler un peu de ce lieu ?


Ce lieu était vide depuis deux ans jusqu’à peu. Je pense qu’il a vocation à être dédié aux habitant·e·s du quartier pour qu’iels puissent venir y faire des activités. Je le vois comme une extension de leur maison et de leur environnement direct. Moi je ne suis pas forestoise, donc en tant qu’occupante des bureaux ici et en tant que non-riveraine, j’estime que mon rôle est d’être le plus accueillante possible, humble et modeste pour laisser leur place aux habitant·e·s du quartier. 



▻ C’est quoi ton rapport à l’occupation temporaire ?


Ça fait un moment que je suis l’aventure Communa, avec des lieux comme la Serre et Cygnes. C’est en occupant un espace ici que j’ai vraiment compris la plus-value de l’occupation temporaire. Ça alimente clairement nos réflexions dans notre travail et c’est une vraie source d’inspiration. Il y a plein de ponts entre notre activité et le travail de réappropriation des bâtiments vides par l’occupation temporaire et transitoire à finalité sociale.
Pour l’anecdote, j’ai accueilli dimanche passé des habitant·e·s qui montent leur projet d’habitat groupé ici dans ce bâtiment. Iels étaient très perturbé·e·s par l’aspect du lieu et ce qui s’y passe. Finalement, rien que d’accueillir un public externe qui n’a pas l’habitude des occupations c’est déjà un travail de sensibilisation à cette problématique des bâtiments vides.

▻ Ça te fait quoi de participer à l’activation d’un lieu ?

Je trouve ça existant, stimulant et un peu magique. Au fur et à mesure les choses se mettent en place et tout le monde s’active. C’est beau de voir les liens avec les acteur·ice·s du quartier qui se renforcent.

▻ Ça veut dire quoi pour toi faire commun ?

Pour moi c’est mettre les choses à plat, redéfinir une page blanche et faire en sorte que les frontières et le cadre de cette page blanche soit appropriable par chacun·e, et commencer à la réécrire ensemble.

▻ Ce serait quoi ton rêve pour ce lieu ?

Que les habitant·e·s du quartier soient super heureux·ses, s’inscrivent et s’identifient au lieu.

▻ Avec une baguette magique, tu changerais quoi à Bruxelles ?

Je ferais en sorte que tout le monde ait accès à un logement décent. 


▻ Le mot de la fin ?

Vive les communs !

Photo : Benoît Barbarossa

27/04/2021

J'OCCUPE ! Épisode 5. Molenbike, Local & Fair Transport, c’est un peu le futur de l’entrepreneuriat social. Aujourd’hui, Arnaud nous parle de cette coopérative anti-ubérisation qui s’engage pour l’environnement et pour de meilleures conditions de travail.
Pour lire ce portrait et les autres : http://www.communa.be/accueil/portraits/

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▻ Peux-tu te présenter ? C’est quoi ton projet ici ?

Moi c’est Arnaud, co-fondateur de la coopérative de coursiers à vélo bruxelloise Molenbike, coursier et administrateur. On est six fondateur·ices, il y a une quarantaine de coopérateur·ice·s et une douzaine de coursiers. Le Tri Postal pour nous c’est essentiellement un hub, c’est à dire un endroit où on peut stocker des colis et nos vélos. On a choisi d’intégrer le Tri Postal dans l’idée de faire partie d’une communauté avec des projets bruxellois innovants. C’est un lieu symbolique au niveau logistique. A l’époque il y avait un nombre incalculable de camions qui partaient redistribuer le courrier à travers toute la Belgique. C’est une communauté très hétéroclite et ça c’est génial, malheureusement les contraintes sanitaires font que ces beaux projets ont du mal à s’ouvrir sur le quartier pour l’instant.

▻ Qu’est-ce que vous livrez ?

On livre de tout; notre slogan c’est « du pli à l’armoire normande ». On livre du pain tous les matins pour l’horeca, des plaques d’immatriculation, du fromage, des magazines, de la viande, des fruits et légumes, on fait des courses pour des particuliers parfois. On livre des sapins de Noël aussi !

▻ Qu’est-ce que tu préfères dans ton activité ?

Ce que j’aime dans Molenbike c’est qu’on a toutes les casquettes. L’idée de ce projet c’est de mettre le coursier au centre de la structure. Tout le monde est coursier, tout le monde apporte ses compétences et a l’opportunité de se former en interne. C’est ça que j’aime bien, t’es amené·e à toucher à tout. On a juste besoin de s’organiser et partager nos connaissances, se former, ce qui fait qu’en tant que coursier on sait gérer une structure sans avoir besoin d’un comptable ou d’un chargé de com. La formation c’est d’ailleurs un des grands principes du coopérativisme.

▻ C’est quoi votre cheval de bataille ?


L’objet social de notre coopérative s’articule autour de deux grands axes : l’aspect humain – aller vers de meilleures conditions de travail – et puis l’aspect environnemental. On dit souvent que notre plus gros concurrent ce sont les camionnettes blanches, celles qui sont à moitié vides ou à quart remplies et qui transportent des marchandises qui peuvent tout à fait être transportées à vélo. C’est ça nos grands chevaux de bataille, une mobilité plus douce, un Bruxelles décarboné, et l’aspect humain. Nos emplois sont non-délocalisables, on est ancrés dans un maillage local et c’est ça notre force : un service de qualité et de proximité.

▻ Quel est le problème des services de livraison aujourd’hui selon toi ?

On a bien vu pendant le confinement l’explosion du nombre de colis. Les gens veulent de plus en plus se faire livrer chez eux. Derrière ça, il y a une invisibilisation de la livraison au niveau humain et au niveau écologique. Nous, on essaie de développer une logistique alternative. On a une fédération belge et une autre au niveau européen : CoopCycle, qui est née en France à la suite de Nuit Debout. A l’origine c’est un logiciel qui se concentre sur ce qu’on appelle la FoodTech : Uber Eat, Deliveroo… La volonté c’est de créer une alternative en partant du postulat qu’il y a des gens désireux et capables de monter des structures mais à qui il manque l’outil. Au–delà du logiciel c’est une vraie communauté. Nous on n’est pas complètement contre la FoodTech mais il faudrait essayer de créer une sorte de masse critique de restaurants de qualité qui veulent se fédérer. L’outil on l’a déjà mais ça demande aussi du temps et de l’énergie. On a décidé de ne pas se concentrer là–dessus parce qu’on considère que se faire livrer un plat à domicile c’est pas un service vitale.

▻ Est-ce que vous vous considérez comme une plateforme anti-ubérisation ?

On a différents points de vue là–dessus, beaucoup pensent que monter une boîte en tant que coursier, faire que ça fonctionne et rouler tous les jours c’est déjà un acte militant. Je pense qu’on est anti-ubérisation puisqu’on essaie de se donner des conditions de travail saines, durables, où le coursier a son mot à dire.



▻ Ça veut dire quoi pour toi faire commun ?

En pratique, c’est se réapproprier collectivement certaines choses qui ont été privatisées. La route par exemple, c’est un espace qui est censé être commun, mais qui dans les faits est approprié par la voiture au dépit du piéton et du cycliste. C’est la loi du plus fort qui règne. Faire commun, ce serait partager la route de manière équitable. Pour prendre un autre exemple, ici au Tri Postal, faire commun c’est essayer de mutualiser des choses, trouver d’autres manières de fonctionner sur le plan financier. C’est un peu bête mais, ensemble on est plus forts ! 
Faire commun c’est aussi sortir de logiques purement individualistes ou capitalistes. C’est remettre un peu de politique et de la force d’action collective dans des villes où les gens sont de plus en plus atomisés et en particulier depuis le confinement. 




▻ Avec une baguette magique, tu changerais quoi à Bruxelles ?

Ce qui manque c’est du commun justement. L’avantage quand t’es coursier à vélo c’est que tu connais bien les quartiers et à force d’observer la ville tu comprends comment elle est organisée. Bruxelles c’est beaucoup de petits îlots et peu de zones de rencontres. Il y a le centre-ville et les zones commerciales où les gens se croisent mais ne se mélangent pas. Avec une baguette magique, je ferais en sorte que les gens se mélangent, se parlent et s’organisent pour faire collectif.

▻ C’est quoi ta meilleure balade à vélo à Bruxelles ?


La voie verte et le long du canal, vers Anderlecht. Tu peux même aller un peu plus loin et sortir de la ville, c’est assez chouette. Tu traverses beaucoup de quartiers différents, notamment des zones industrielles. C’est des routes où t’es tranquille sans voiture, y a plus que les pétions à esquiver !

Photo : Benoît Barbarossa

27/04/2021

𝐉'𝐎𝐂𝐂𝐔𝐏𝐄 !

Aujourd’hui Chloé nous parle du projet SINGA Belgium. Les activités que propose l’ASBL permettent de créer du lien social entre bruxellois·e·s et primo-arrivant·e·s. Un projet né sous les toits de la Serre ! Pour lire ce portrait et les autres : http://www.communa.be/accueil/portraits/

> 𝐏𝐞𝐮𝐱-𝐭𝐮 𝐭𝐞 𝐩𝐫𝐞́𝐬𝐞𝐧𝐭𝐞𝐫 ? 𝐂’𝐞𝐬𝐭 𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐭𝐨𝐧 𝐚𝐜𝐭𝐢𝐯𝐢𝐭𝐞́ 𝐢𝐜𝐢 ?

Je m’appelle Chloé, j’ai 31 ans, j’ai développé il y a trois ans et demie le projet SINGA avec ma collègue Cerise. Singa ça veut dire « le lien » en lingala puisque l’objectif c’est de créer des espaces de rencontres, créer du lien entre des nouveaux arrivant·e·s et des bruxellois·e·s, pour favoriser leur inclusion à Bruxelles, permettre une déconstruction des préjugés et un changement de vision de l’asile en Belgique. Et tout simplement aussi pour permettre à des gens qui n’ont pas l’habitude de se rencontrer de pouvoir le faire. Ici on est à La Serre, c’est un écosystème un peu fou où tu peux à la fois manger, rencontrer un artiste, faire réparer ton vélo… Je vois ça vraiment comme un lieu de rencontres multidisciplinaire, accessible à toustes et qui porte des valeurs dans lesquelles on se retrouve.

> 𝐐𝐮’𝐞𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐭𝐮 𝐩𝐫𝐞́𝐟𝐞̀𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐭𝐨𝐧 𝐚𝐜𝐭𝐢𝐯𝐢𝐭𝐞́ ?

En temps normal, on organise plein d’activités socio-culturelles et sportives dans Bruxelles. Celles qu’on propose à la Serre ce sont les Bazars, c’est un peu l’activité phare, le QG de la communauté SINGA. Faut voir ça un peu comme un bar au sein duquel les gens peuvent se retrouver et faire ce qu’ils ont envie. Ils peuvent à la fois taper la carte, boire un verre, papoter, jouer au ping-pong. Ce que je préfère dans cette activité c’est le fait d’avoir crée un cadre informel où chacun·e peut retrouver quelque chose qu’iel est venu chercher, ou pas. Avant 2020 ça rassemblait près de 70 personnes tous les lundis, c’était assez impressionnant !

> 𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚𝐯𝐞𝐳-𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐝𝐚𝐩𝐭𝐞́ 𝐯𝐨𝐬 𝐚𝐜𝐭𝐢𝐯𝐢𝐭𝐞́𝐬 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐞𝐱𝐭𝐞 𝐬𝐚𝐧𝐢𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐪𝐮'𝐨𝐧 𝐜𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢𝐭 ?


D’abord on a proposé des Bazars en ligne, les gens pouvaient discuter et faire des jeux par écrans interposés. Ça n’a pas remporté un grand succès car la problématique de la fracture numérique s’est imposée à nous : de 70 personnes on s’est retrouvés à 15. Lorsque les mesures se sont assouplies, on a proposé des activités en plein air, un Bazar dans des parcs. En ce moment on organise des balades dans des quartiers de Bruxelles trois fois par semaine. 




> 𝐂’𝐞𝐬𝐭 𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐯𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐢𝐦𝐩𝐚𝐜𝐭 𝐚̀ 𝐥’𝐞́𝐜𝐡𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐥𝐨𝐜𝐚𝐥𝐞 ?


Les Bazars permettent à des centaines de personnes de pouvoir se rencontrer, environ 200 par semaine, 100 nouveaux arrivant·e·s et 100 bruxellois·e·s. Concrètement, on voit une amélioration dans l’apprentissage de la langue, c’est un des effets les plus perceptibles. Un autre effet qu’on n’avait pas forcément anticipé c’est qu’en créant un espace bienveillant au sein duquel les gens se sentent écouté·e·s et pas jugé·e·s, ça leur permet d’avoir confiance en elleux et de les remettre en action par la suite. Iels ont plus de facilité par la suite à entamer des démarches administratives par exemple parce qu’iels ont été en contact avec des bruxellois·e·s, ou des personnes qui viennent d’arriver mais qui savent un peu mieux s’orienter dans la ville. De l’autre côté, il y a beaucoup de bruxellois·e·s qui se sentent terriblement seul·e·s. Créer ces espaces informels permet de les sortir de cette solitude. Enfin, sur du plus long terme, on a aussi la sensation qu’être en contact avec des gens qui ont une culture différente, ça ouvre tout doucement l’esprit des bruxellois·e·s. 


> 𝐐𝐮’𝐞𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐭𝐮 𝐚𝐬 𝐭𝐫𝐨𝐮𝐯𝐞́ 𝐢𝐜𝐢 ?


La Serre c’est un lieu particulier, c’est ce lieu qui a accueilli le lancement de SINGA en septembre 2017. C’était une journée incroyable avec beaucoup de monde, plein d’activités différentes, un spectacle de danse du ventre, des concerts le soir… On a tout de suite senti que c’était un endroit vivant, avec plein de potentiel. On propose des activités dans plusieurs lieux mais il n’y a qu’à la Serre qu’on se sent un peu comme à la maison.

> 𝐂𝐞 𝐬𝐞𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐭𝐨𝐧 𝐫𝐞̂𝐯𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐜𝐞 𝐥𝐢𝐞𝐮 ?

Que la convention ne se termine jamais ! Que le futur propriétaire se rende compte du potentiel de ce lieu et de toutes les opportunités qu’il a pu créer. On ne dira jamais assez à quel point c’est important en tant que porteur de projet d’avoir un chouette cadre pour développer son activité. 



> 𝐂̧𝐚 𝐬𝐢𝐠𝐧𝐢𝐟𝐢𝐞 𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐭𝐨𝐢 𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧 ?

C’est un mode de fonctionnement qui est tout à fait nouveau pour nous. En général ailleurs, on signe une convention, on paye une contrib ou pas, et tout ce qu’on a à faire finalement c’est remplir nos obligations. Ici on est fort impliqué·e·s, on a pu contribuer à la sélection des autres projets qui allaient être hébergés dans le lieu par exemple. Ce modèle de gouvernance partagée a eu pas mal d’impact sur SINGA, ça a amené chez nous une vraie réflexion sur nos manières de prendre des décisions, une volonté de mettre des choses en commun. 



> 𝐀𝐯𝐞𝐜 𝐮𝐧𝐞 𝐛𝐚𝐠𝐮𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐦𝐚𝐠𝐢𝐪𝐮𝐞, 𝐭𝐮 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐠𝐞𝐫𝐚𝐢𝐬 𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐚̀ 𝐁𝐫𝐮𝐱𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 ?

Je ferais en sorte qu’on investisse tous les espaces inoccupés pour en faire des lieux inclusifs. Ouvrir des lieux comme la Serre c’est permettre à toute personne qui a une idée de la tester, la concrétiser ou peut-être de l’abandonner. C’est super important si on veut permettre un changement de société.

> 𝐂’𝐞𝐬𝐭 𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐭𝐨𝐧 𝐣𝐞𝐮 𝐩𝐫𝐞́𝐟𝐞́𝐫𝐞́ ?


Le UNO ! C’est celui qui a le plus de succès, c’est facile et il se joue dans toutes les langues. En fait, je sais pas si c’est mon jeu préféré parce que j’ai plaisir à voir les gens s’éclater avec ou parce que simplement j’aime bien y jouer !

Photos : Benoît Barbarossa

27/04/2021
27/04/2021

Pour ce second portrait de la série J'OCCUPE, nous rencontrons Awatif, occupante dans Le Tri Postal ! Personnage haut en couleur et sacré couteau suisse, elle nous raconte le chemin qui l'a mené à s'impliquer dans la lutte contre le sans abrisme.

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▻ Peux-tu te présenter ? C’est quoi ton activité ici ?



Je suis Awatif Majid, je suis née à Dusseldorf le 6/6/66. Je suis arrivée en Belgique quand j’étais gosse. J’ai étudié à l’ULB en élève libre, puis j’ai fait des études en interprétariat. Ensuite je me suis lancée dans les affaires, j’ai ouvert des boutiques de vêtements, un restaurant, un café, une salle d’évènement, une discothèque. En 2008, j’ai ouvert le cercle littéraire Victor Hugo qui s’est finalement transformé en centre d’accueil pour personnes sans abris. Du cercle Victor Hugo à Job Dignity je suis littéralement passée d’un univers à paillettes au sans-abrisme.
Ouvrir ce centre, m’occuper de ces personnes, c’était un univers tout nouveau pour moi. Il faut quand même être formé·e, avoir des compétences, des outils. Au bout d’un moment je leur ai demandé si elles n’avaient pas envie de sortir de cette détresse. Et à l’unanimité on m’a dit oui. Moi je suis conceptrice de projets. Je me suis dit « et si on créait un incubateur? » N’étant pas issue du milieu associatif, j’ai commencé à démarcher, voir un peu ce qui existait à Bruxelles. Il y avait beaucoup d’occupationnel mais peu choses en place pour aider les gens à sortir du sans abrisme. Je me suis donc lancée en terre inconnue. J’ai rencontré beaucoup de collectifs, des militants, des assos. Job Dignity est née. On propose des formations en vente de vêtements, bijoux, chaussures et maroquinerie, pour devenir assistante fleuriste, assistante make-up. Les formation en vente et horeca je les dispense moi-même. Pour les autres je fais appel à des partenaires. Après les formations, il s’agit de faire engager les personnes.

▻ 
Suivre une formation le jour et retourner en rue le soir, comment ça se passe ?

C’est difficile, évidemment. L’objectif du projet c’est de rentabiliser ce temps perdu, à errer en rue ou à se cacher, et faire de l’ennui quelque chose. Maintenant ces femmes dorment au Samu Social ou chez des ami·e·s. 


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 Job Dignity c’est un incubateur de réinsertion par l’emploi pour les femmes sans abris. Est-ce que tu inscris ce projet dans une démarche féministe ?

Ça ne vient pas tant d’une volonté féministe que par sécurité. A l’époque j’ai ouvert un centre de 800m2 que je tenais toute seule, sans une équipe derrière moi, il a fallu que je me protège. Ou alors je suis une féministe qui s’ignore !

▻ 
Comment ton activité s’est matérialisée au Tri Postal ?

Avec le covid et l’explosion de la précarité, on a crée Food Dignity pour faire des distributions de colis alimentaires. Ça va de 300 colis à 1300 colis par distribution. Pendant la première vague en mars 2020 on a distribué des centaines de colis par jour. Aujourd’hui nous sommes à la recherche d’un espace plus grand pour poursuivre l’activité de distribution et relancer l’incubateur.

▻ C’est quoi ton meilleur souvenir ici ?


L’évènement Homografia au mois d’octobre, c’était magique, ça restera un très beau souvenir. La soirée d’ouverture du Tri Postal aussi, c’était Woodstock !

▻ Ça veut dire quoi pour toi faire commun?

Faire commun c’est s’enrichir des compétences des autres, des expériences. C’est le partage, l’entraide, c’est des choses que j’ai trouvé ici. Tout le monde est solidaire, c’est une très belle communauté d’entre-aide. C’est ma première vraie expérience de communs.

▻ Avec une baguette magique, tu changerais quoi à Bruxelles ?

Je mettrais des bancs publics, des plantes et des toilettes partout. Et que ce soit propre. Ça ne me paraît pas utopique !

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Comment on fait pour régler le problème du sans abrisme ?


Je n’ai pas la solution, et pourtant la solution elle est là. Le sans abrisme a un coût. Quand une personne dort dehors il y a un éboueur qui doit passer nettoyer derrière, il y a toute une logistique à mettre en place. Dormir au Samu Social ça a un coût. Un sans abris coute à la caisse publique 130€/jour. Donc ça fait dans les 3500€/mois. Mais il faut une vraie volonté politique. Il y a les travailleur·euse·s sociaux qui gravitent autour du sans abrisme. Il y a plus de personnes investies dans des associations qui luttent contre le sans abrisme que de sans abris, c’est important de le savoir. Pour moi il faudrait pouvoir porter plainte contre l’État et demander l’application de l’article 23 de la Constitution. Les lois sont faites, elles sont là, appliquons-les. Ça demande une vraie volonté au sein du parc associatif. Il y a cette peur de porter plainte et qu’on nous coupe les subventions, ce que je comprends. Mais à un moment donné nous devons être courageux·ses et condamner les personnes qui pilotent tout ça et qui ne respectent pas la loi. Il y a 6 millions de mètres carrés vides à Bruxelles. Il y a les espaces. C’est criminel. C’est un crime contre l’humanité de dormir dehors. Nous allons continuer à militer, se réunir et agglomérer toutes les compétences pour lutter. 


Pour lire en grand ou relire le 1er portrait de la série, ça se passe par ici : http://www.communa.be/accueil/portraits/

Photo de Benoît Barbarossa

27/04/2021

J’occupe ! est une série de portraits qu’on démarre aujourd’hui.
Pour mettre en lumière les personnes qui portent des projets et font vivre les lieux de notre écosystème
Pour mettre à l’honneur ces personnes engagées qui cherchent, à leur échelle, à façonner le monde de demain !

Dans cette 1ère rencontre, Kim nous raconte comment il a crée une cantine solidaire à La Serre.

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▻ Peux-tu te présenter ? C’est quoi ton activité ici ?


Moi c’est Kim, je suis arrivée à la Serre quand l’espace de coworking en haut s’est transformé en atelier d’artistes. Mon implication au hangar passait surtout par des shifts au bar, c’était une époque avec du passage, des activités. On avait une table d’hôte une fois par mois, les gens venaient cuisiner un après-midi et manger tous ensemble le soir. Avec Charlotte on s’est dit qu’on n’allait pas arrêter l’activité malgré les mesures sanitaires. Elle prend un caractère plus engagé maintenant puisque là on cuisine pour des gens qui n’ont souvent pas les moyens de manger. Le lundi on distribue les plats sur la place Flagey et le mercredi on passe par une autre ASBL comme Food Dignity au Tri Postal qui se charge de la distribution.



▻ Vous préparez environ combien de plats par session de cuisine ?


Le dimanche et le mercredi on cuisine en général pour 30 personnes, avec soupe, sandwich et plat à chaque fois. La semaine dernière on a fait à manger pour les sans papiers qui occupent l’église du Béguinage, pour 60 personnes. En général on est 5 à cuisiner, ce jour-là on était une bonne dizaine.

▻ C’est quoi votre impact sur le quartier ?


L’idée de ce projet là c’est de pouvoir le développer à l’échelle d’un quartier à chaque fois et tisser des réseaux de solidarité. On a aussi l’envie d’intégrer petit à petit les personnes qui bénéficient de la distrib aux ateliers cuisine. Depuis quelques mois on prend le temps de les rencontrer, c’est important d’établir un rapport de confiance.



▻ C’est quoi les prochains enjeux pour vous ?


On est en train de mettre la cuisine aux normes, de monter l’ASBL, demander les autorisations AFSCA et chercher des subsides. Tout ça permettra d’ouvrir encore plus le projet sur le quartier. L’idée c’est aussi d’élargir le cercle des volontaires qui viennent cuisiner. Pour l’instant on ne fait que dans l’alimentaire, bientôt j’aimerais mettre en place des ateliers cuisine et pédagogie, des ateliers de construction pour tout type de public. A terme, j’aimerais bien proposer un accueil de jour, avec des aides juridiques, un vrai service à la personne.

▻ Ce projet est né à la Serre, est-ce qu’il aurait pu exister ailleurs ?


Ce genre de projets là, quand tu n’as pas de moyens financiers, je crois que ça passe nécessairement par des lieux de type occupation, ce que Communa et d’autres asso proposent. C’est pour moi les derniers lieux où il est possible de proposer des espaces sociaux et culturels. A part dans les occupations il n’y pas d’autres endroits où je pourrais faire ça, ces espaces sont primordiaux. 



▻ C’est quoi ton meilleur souvenir ici ?


Sûrement les jeudis quand tout était ouvert, il y avait l’atelier vélo, le bar, Téo en cuisine ; tout le hangar était activé. Mon meilleur souvenir c’est quand tous ces espaces sont occupés .

▻ C’est quoi ton rêve pour ce lieu ?


Qu’on puisse le garder de manière permanente et rester ouvert au public. 



▻ Avec une baguette magique, tu changerais quoi à Bruxelles ?

J’aimerais trouver une manière d’aller plus loin que l’occupation temporaire. Jusqu’à présent, quand tu arrives à la fin de ta convention, tu n’as aucun contrôle sur ce qui va se passer après. C’est ça qui est dommage, tout ce temps que tu investis dans un lieu en sachant que c’est du temporaire. Cette lutte s’inscrit dans une urgence, j’aimerais essayer de l’inscrire dans quelque chose de pérenne. Je sais pas encore comment on peut faire, peut être avec des initiatives comme Common Ground. Racheter ces espaces pourrait finalement être un moyen de garder le contrôle sur ce qui s’y passe.




▻ C’est quoi ta meilleure recette de houmous ?


Ce que je fais, un peu dans l’esprit houmous c’est du poivron rouge cuit au four, j’enlève la peau, je le mixe avec de l’huile et des noix, ça marche à tous les coups !

Pour lire en grand c'est par ici :
http://www.communa.be/accueil/portraits/

Les photos sont de Benoît Barbarossa

Performances au  , juillet 2020.    @ RECYCLART
27/07/2020

Performances au , juillet 2020.


@ RECYCLART

Performances au , juillet 2020.  Et une bonne fête à  ! @ RECYCLART
24/07/2020

Performances au , juillet 2020.



Et une bonne fête à !
@ RECYCLART

Micka, 2020.
04/07/2020

Micka, 2020.

Micka, 2020. @ Brussels, Belgium
15/06/2020

Micka, 2020. @ Brussels, Belgium

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