22/04/2021
Un seul et même - unique - corps, à trois moments et contextes différents.
La première, il y a environ un an, pendant le confinement du printemps 2020, où j'avais tout le temps du monde devant moi, à tester le fasting, à cuisiner des heures des plats que je n'aurai jamais faits autrement qu'à ce moment-là. Je faisais aussi 2h du sport par jour, parce que ça me faisait plaisir de prendre soin de moi et ça rythmait mes journées entre sport, cuisine et photos. Le corps devenait un terrain de jeu et je redécouvrais mon corps de 36 ans, ses capacités de changement et son adaptation.
La deuxième, à la 31ème semaine de grossesse, où mes journées étaient au ralenti et rallongées, entre siestes répétitives et nuits découpées. Je voyais mon corps se transformer, de semaines en semaines, et honnêtement, j'avais du mal à me reconnaître. Certaines femmes adorent être enceinte, moi je n'en faisais pas partie. Je gonflais littéralement de partout, et chaque jour un peu plus, mes mouvements se restreignaient, et devenaient source de douleur. C'était une véritable dépossession du corps, où je devenais hôte durant 9 mois pour faire grandir le bébé, où ma santé était la sienne. Et je ne voyais plus vraiment mon corps, je regardais à travers lui, à travers les échos, le sien, se former, grandir petit à petit. Ce n'était plus mon ventre que je regardais vraiment, mais les mouvements de vague qu'elle produisait à la surface de ma peau, ce n’était plus vraiment le corps que j’avais côtoyé 36 ans, mais celui dans lequel elle se préparait pour venir parmi nous.
La troisième, quinze jours après l’accouchement, avec 13h de travail sans péridurale, 3h de plus avec, qui s'est terminé par une césarienne en urgence.
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