10/05/2026
Petite action, mais un grand rêve réalisé!
Il date de 1987/1988. Mais je l’ai réalisé avec mon presque 40 ans plus t**d. Aujourd’hui, samedi 9 mai 2026, j’ai parcouru 2,36 km à vélo avec mon fils. Chacun sur sa bécane. On a été chez le coiffeur, ensuite on a un peu fait le tour de mon building d’appartement qu’une certaine personne appelle ghetto. C’était ça, le rêve : faire un tour à bicyclette avec mon père.
On ne l’a jamais fait parce que je n’ai jamais proprement possédé ma propre bicyclette. En novembre ou décembre 1987, je me suis cassé une dent sur la bicyclette de mon père. Depuis lors, mes parents, super-protecteurs, voulaient me garder loin d’une bicyclette. Bien sûr, ils n’ont pas pu. Je n’étais jamais loin de celle de mon père quand elle était à la maison. Et le dimanche était mon jour favori. Pour deux raisons : 1) j’étais dans la cuisine avec ma mère; 2) j’avais droit à la bécane pour aller acheter de la glace à l’usine située entre Thor 71 et 69, à Carrefour, commune située dans la banlieue sud de Port-au-Prince. Après cette course, je devais aller laver l’engin à la rivière de Tessereau, située au bout de l’Impasse des Fleurs, à Thor 73.
Mais le rêve, c’était d’avoir ma propre bicyclette et pouvoir aller faire une virée avec mon père. Et à cause de cet accident, de ma dent cassée (pour laquelle beaucoup m’enviaient pourtant) et de la tendance trop protectrice de mes parents, je n’ai jamais pu voir ce rêve se concrétiser.
Quand j’ai eu moi-même les moyens de m’acheter une bécane, ce sont les voitures qui m’intéressaient. En 2025, je me suis acheté une bicyclette d’occasion (40 $) et je me suis promis de réaliser ce rêve avec mon Petit Matelot. Mais l’hiver est arrivé trop vite (selon moi). Ce n’est que ce samedi que j’ai pu enfin concrétiser, dans la glaise du réel, ce grand rêve vieux bientôt de 40 ans.
On a déjà fait de la bicyclette ensemble. Mais jamais avec deux engins. Il a vraiment adoré. Mais moins que moi. Ce n’était pas juste 2,36 km parcourus. C’était un rattrapage d’une action manquée depuis près de 40 ans. C’était une promesse non accomplie depuis trop longtemps. C’était la promesse d’un bonheur qui s’est bonifié au-dedans de moi.
Heureux que cette joie ait été partagée par la chair de ma chair. Par mon amour de fils. On s’est promis une chose pour cet été : on va remettre ça chaque semaine. Promesse d’un père gaga.
Gaspard Dorélien
Ottawa
09.05.26
20 h 09