27/08/2026
Les Carnets de rencontres â Juin 2023
Il est 5 h 30⊠Allez, mettez vos chaussures, je vous emmĂšne avec moi en balade ! đ
Bon⊠je vais ĂȘtre honnĂȘte avec vous : ce matin-lĂ , je n'avais pas franchement envie de sortir. J'Ă©tais fatiguĂ©e, j'aurais bien continuĂ© Ă dormir⊠mais je me suis dit : Allez, donne toi un petit coup de pied aux fesses et vas-y ! đ
Et heureusement que je l'ai fait !
à peine partie, voilà déjà un renard qui apparaßt sur la route.
Je pense qu'il s'agit d'une renarde. Quelque chose m'interpelle chez elle : elle a trÚs peu de poils sur la queue et le ventre assez dégarni. Je me demande si elle n'aurait pas la gale.
Elle s'arrĂȘte quelques secondes pour me regarderâŠpuis pouf ! Elle repart tranquillement.
Bon⊠d'accord. Je continue mon chemin. đ
Il fait encore sombre, le soleil n'est pas levé, et pourtant la nature, elle, est déjà parfaitement réveillée.
Ă chacun de mes pas, les chants d'oiseaux m'accompagnent. Les passereaux revenus d'Afrique donnent de la voix, les rossignols chantent Ă tue-tĂȘte et, quelque part dans les arbres, mon cher loriot lance son magnifique chant.
J'adore cette ambiance. â€ïž
Marcher dans la fraßcheur du matin, juste avant le lever du soleil, avec tous ces chants autour de moi⊠c'est comme avoir droit à un concert privé en pleine nature.
Je continue mon chemin et, un peu plus loin, j'arrive en haut de la route.
Et là ⊠un petit renard ! Un renardeau est en train de chasser tranquillement dans la prairie.
Je m'arrĂȘte pour l'observer quand, en me retournantâŠmais⊠ils sont trois ! đ
Deux autres petits sont juste derriĂšre moi, lĂ©gĂšrement sur la droite, au bord de la route. Ils me regardent tranquillement tandis que leur frĂšre ou leur sĆur continue sa petite chasse.
Ils n'ont franchement pas l'air trĂšs inquiets. Le petit chasseur continue mĂȘme son activitĂ© en me jetant de temps en temps un coup d'Ćil.
Je reste là quelques instants à les regarder vivre leur petite vie, puis j'attends qu'ils s'éloignent avant de reprendre mon chemin.
Et lĂ , je commence sĂ©rieusement Ă me dire que j'ai vraiment bien fait de sortir de mon lit ! đ
Je continue ma balade et, un peu plus loin, entre un champ de maïs et un petit bois, j'aperçois une chevrette, et comme si cette matinée n'était pas déjà assez belle...elle n'est pas seule !
Deux petits faons sont avec elle. đ„° Bon⊠je ne vois pas grand-chose des petits...juste leurs petites oreilles qui dĂ©passent ! đ
Ils me tournent le dos et regardent leur maman.
Dommage de ne pas avoir pu mieux les voir, mais tant p*s. Je profite simplement du moment.
Le soleil commence justement Ă se lever et la lumiĂšre devient magnifique.
Je reste quelques instants Ă admirer cette petite famille et je me dis que, franchement⊠quelle merveilleuse façon de commencer la journĂ©e. â€ïž
Je continue ensuite jusqu'Ă la forĂȘt un peu plus loin, puis je fais demi-tour. La chevrette a disparu.
Ă sa place, un brocard me regarde tranquillement depuis les herbes, et Ă©videmment, je ne peux pas m'empĂȘcher de lui parler :
"Oh là là ⊠qu'est-ce que t'es beau avec tes grands bois !"
Il me regarde encore quelques secondesâŠpuis dĂ©cide que le moment est venu de partir.
" Mais reste lĂ ! Pourquoi tu t'en vas ?! " đ
Je reprends mon chemin en souriant, toujours émerveillée par cette matinée qui ne cesse de me réserver des surprises.
Quelques minutes plus t**d, nouveau tĂȘte-Ă -tĂȘte.
Un drĂŽle de petit oiseau me regarde droit dans les yeux avec une expression tellement particuliĂšre que je ne peux pas m'empĂȘcher de rire.
" Tiens⊠tu veux ma photo ? Mais pourquoi tu me regardes comme ça ? " đ
C'est une pie-griÚche écorcheur mùle.
Et forcĂ©ment, je repense Ă une remarque qu'une de mes abonnĂ©es, elle-mĂȘme photographe, m'avait faite un jour : les oiseaux sont souvent les premiers Ă remarquer notre prĂ©sence et Ă prĂ©venir les autres animaux que nous sommes lĂ .
Depuis, chaque fois qu'un oiseau me fixe comme celui-ci, j'y pense đ
Je continue ma balade et, un peu plus loin, je tombe sur de drĂŽles de petites boules de plumes avec une trĂšs longue queue...mais qu'est-ce que c'est que ces petits oiseaux ? đ€
Je ne les reconnais absolument pas ! Ils ne ressemblent pas aux adultes que je connais, alors je prends quelques photos en me disant que je chercherai plus t**d.
Et je continue mon cheminâŠ
Quand, vers 9 h 30, alors que la matinée est déjà bien avancée, un autre renard apparaßt dans une prairie fraßchement fauchée !
Je ne sais absolument pas si c'est le mĂȘme que celui rencontrĂ© au petit matin. Lui aussi a le poil trĂšs clairsemĂ© par endroits et je me demande Ă nouveau s'il ne pourrait pas avoir la gale.
Un renard en plein jour⊠peut-ĂȘtre est-il simplement parti chasser pour nourrir ses petits ?
Je l'observe quelques instants, puis je reprends doucement le chemin du retour.
Et alors que je pensais vraiment en avoir terminé avec les rencontres, je retrouve monsieur Pie-griÚche écorcheur !
Le voilà perché au-dessus du champ de blé, tranquillement installé à surveiller son territoire.
AprĂšs m'avoir dĂ©jĂ fait son petit numĂ©ro quelques heures plus tĂŽt, il termine finalement ma matinĂ©e en beautĂ©. â€ïž
Cette fois, je crois que je peux vraiment rentrer !
Et c'est seulement une fois à la maison que je vais enfin pouvoir résoudre le mystÚre des petites boules de plumes à longue queue photographiées un peu plus tÎt...
Je reprends mes photos, je cherche sur Internet, je regarde dans mes bouquins, je compareâŠet finalement :
Des mĂ©sanges Ă longue queue juvĂ©niles ! đ
Je ne savais absolument pas qu'elles pouvaient ĂȘtre aussi diffĂ©rentes des adultes, avec leur plumage brunĂątre et leurs yeux rouges.
Encore une chose que j'ai apprise grĂące Ă une sortie photo. â€ïž
Et c'est finalement ça que j'aime tellement dans ces matinées. Je pars pour faire des photos⊠et je rentre toujours avec quelque chose de plus.
Une rencontre, une observation, une découverte, et parfois, une matinée complÚtement exceptionnelle.
Parce que si j'étais restée au lit ce matin-là , je n'aurais rien vu de tout ça.
Et je crois que je m'en serais vraiment voulu.
Alors finalement, ce petit coup de pied aux fesses valait largement le coup. đ
Quand je regarde ces photos aujourd'hui, trois ans plus t**d, je me souviens exactement de cette matinée et de cette sensation que j'avais en rentrant : de la gratitude.
La gratitude d'avoir poussĂ© la porte, d'avoir chaussĂ© mes chaussures et d'ĂȘtre allĂ©e voir ce que la nature avait dĂ©cidĂ© de m'offrir ce matin-lĂ . Parce que parfois, il suffit simplement de se dĂ©cider Ă sortirâŠet de laisser la nature faire le reste.
Merci, Dame Nature. đ„°