03/09/2026
Coucou mes Amis,
🪨 LE MUR DE LA PESTE — QUAND LES PIERRES RACONTENT… 🌿
Cette photo vous paraîtra peut-être tellement anodine qu’on pourrait passer devant sans même s’arrêter… Un simple chemin caillouteux, quelques pins, un vieux mur de pierres sèches courant dans la garrigue. Rien de spectaculaire, rien qui attire particulièrement le regard.
Et pourtant…
Ces pierres sont chargées d’Histoire. Elles nous ramènent trois siècles en arrière, lorsque la Provence vivait dans la peur d’un ennemi invisible : la peste.
En 1720, le terrible fléau arrivé à Marseille à bord du Grand-Saint-Antoine se répand peu à peu en Provence. Pour tenter de protéger les territoires encore épargnés, les hommes dressent des barrières, installent des postes de garde, surveillent les passages et interdisent les déplacements. En 1721, dans les monts de Vaucluse, un long mur de pierres sèches est construit afin de renforcer le cordon sanitaire destiné à empêcher la progression de l’épidémie.
Il deviendra pour l’Histoire le Mur de la Peste.
Des hommes montaient la garde le long de cette frontière de pierres. On contrôlait les voyageurs et les marchandises, on limitait les échanges, on fermait des chemins… Toute une région apprenait brutalement qu’il fallait parfois s’éloigner les uns des autres pour tenter de se protéger.
Trois cents ans plus t**d, ces mots ont pour nous une étrange résonance…
En 2020, face à un autre ennemi invisible, nous avons à notre tour connu les routes désertes, les déplacements limités, les attestations, les commerces fermés, l’inquiétude pour nos proches et cette étrange impression que le monde s’était soudain arrêté. Bien sûr, les époques, les maladies et leur terrible bilan ne peuvent être comparés. Mais les gestes imaginés par les hommes pour contenir une épidémie se répondent curieusement à travers les siècles.
Nous n’avions finalement rien inventé…
Nos murs, à nous, furent invisibles. Ceux de 1721 étaient faits de pierres empilées une à une sous le soleil de Provence.
Aujourd’hui, la nature a repris ses droits. Les pins ont grandi, les oiseaux traversent librement cette ancienne frontière et les promeneurs suivent paisiblement le chemin autrefois surveillé. Mais le mur demeure, silencieux, fragile et obstiné, comme une cicatrice posée dans le paysage.
Alors oui, cette photographie pourrait sembler n’être qu’une image de vieilles pierres…
Mais il suffit de connaître leur histoire pour ne plus jamais les regarder de la même manière. Elles nous rappellent les peurs de ceux qui nous ont précédés, leur volonté de se protéger, mais aussi cette incroyable capacité des hommes à traverser les épreuves et, un jour, à retrouver les chemins de la liberté. 🌿
Il y a parfois, au bord d’un sentier, des morceaux d’Histoire qui ne demandent qu’à être écoutés. Il suffit de ralentir, de regarder les pierres… et d’imaginer tous ceux qui sont passés là avant nous.
Et ce sont aussi tous ces petits riens qui font des grands bonheurs. 💕🌿
Très bon après-midi à tous