Olivier Amsellem

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2226Il ne reste plus que quelques minutes avant que ce 2 février 2026 ne soit plus qu’un souvenir. Qu’il rejoigne le mon...
02/02/2026

2226

Il ne reste plus que quelques minutes avant que ce 2 février 2026 ne soit plus qu’un souvenir. Qu’il rejoigne le monde du passé, et cette photo que tu as faite de moi, cet été 2025 si particulier, avec ton jetable.

Il y a des jours qu’on aimerait ne jamais voir disparaître. Des jours qui appellent à l’éternité et qui, mis bout à bout, font une vie. Des jours qui appellent des nuits, qui appellent d’autres jours, et ainsi nous vivons, en traversant les êtres et les paysages.
Je dois être reconnaissant de cette journée et de ma chance, de ce double cinq jeté sur le tapis.

Lorsque je t’ai demandé si tu savais ce que c’était, la Chandeleur, tu m’as répondu :
« Oui papa, c’est la présentation de Jésus au temple. »
En cherchant un peu, j’ai trouvé aussi qu’elle est associée à la lumière : on allumait des chandelles — d’où le nom Chandeleur, venant de chandelle — pour symboliser la lumière et la purification.

Être né un 2 février 1971 à Marseille, d’une famille populaire et de deux races différentes, telle était ma destinée. Comme celle de finir commerçant, fils de commerçant.
Ça peut paraître un peu gênant de m’exposer, mais le sujet n’est pas moi. Le sujet, c’est vous : mes enfants, mes parents, ma famille aussi diverse que variée, mes amis, mais aussi la solitude, la peur et les angoisses, car tout est tellement fragile et lié.

En moi, il y aura finalement toujours ce petit garçon accroché sur un rocher, en haut d’un lac de mes montagnes, face à un appareil photo posé sur un trépied, qui compte les secondes d’un retardateur comme on raconte une vie.
Il y a toi, ta sœur et ton frère, et puis Yo-yo maintenant. Et qu’importe ce qui arrivera de nous, d’eux, de nos vies, gardons à l’esprit que nous devons croire et continuer à allumer des chandelles, pour celles et ceux qui nous ont quittés, mais aussi pour nous, et pour demain.

J’ai dessiné ton corps Le long de ces collinesJ’ai posé mes mainsPlus haut dans le ciel Encore plus de rêvesSur mon chem...
01/02/2026

J’ai dessiné ton corps
Le long de ces collines
J’ai posé mes mains
Plus haut dans le ciel
Encore plus de rêves
Sur mon chemin
Effleurer les courbes
Dormir avec les cimes
Autour du paradis
Nos âmes vécurent
L’amour par cœur
Le sel sur la peau
La neige sur les lèvres
Le feu entre nos mains
J’ai répété ce matin

Dieu Rolland…
21/01/2026

Dieu Rolland…

J’ai longtemps hésité avant d’écrire sur la disparition de Roland Courbis.D’ordinaire, je consacre mes mots à des récits...
14/01/2026

J’ai longtemps hésité avant d’écrire sur la disparition de Roland Courbis.
D’ordinaire, je consacre mes mots à des récits et des souvenirs liés à ma famille, aux liens fragiles qui nous tiennent. Puis j’ai compris que Roland Courbis appartenait à ma famille, celle de tout un peuple. Une famille qui s’est construite par milliers, au fil des années de ses tribulations, aux quatre coins de là où il est passé, où il a posé une main sur une épaule, un regard sur une action, un sourire comme une signature.

C’est ce que j’ai lu dans les nombreux témoignages qui ont suivi l’annonce de son décès, ce 12 janvier 2026. Roland ne s’est pas réveillé. Trop fatigué, trop usé par un monde qui sonne de plus en plus faux, l’homme qu’il était malgré sa corpulence et ses larges épaules a terminé son pèlerinage tel un nomade, portant l’héritage d’une ville, d’hommes et d’un siècle aujourd’hui disparus, à bout de souffle.

Pour nous, Marseillais, il était un emblème. Une voix. Une manière d’être au monde. Un miroir parfois trop fidèle, que d’autres pouvaient rejeter parce qu’ils ne comprennent pas ce que nous sommes.

Courbis, ce sont ces hommes construits par la pauvreté, enrichis par le cœur. Des hommes dont les vraies valeurs se cachent dans la générosité, l’excès, la parole trop grande, la tendresse maladroite et qui le plus souvent s’enferme dans une solitude tragique.

Nous sommes nés de femmes disparues, mais pleines d’amour. Et nous avons grandi dans l’ombre de cette lumière : aimer sans toujours savoir où poser l’amour. Alors nous l’avons éparpillé, un peu partout, dans l’amitié, la loyauté, la passion, le combat de vivre.

Nous donnons parce que nous avons peur d’une chose : cesser d’aimer.

Roland Courbis, j’ai mis du temps à vous reconnaître, parce que l’on détourne souvent le regard de ce qui nous ressemble. Je m’en excuse devant la sainteté.

Aujourd’hui, je comprends votre importance dans la mémoire marseillaise et son héritage que vous allez laisser.

Vous avez tant donné que vous continuerez d’exister dans d’autres hommes, d’autres voix, d’autres vies.
Et Dieu merci.

Le jour se lève. Dans quelques heures, nous basculerons en 2026.Je me déplace dans le silence du matin pour ne pas te ré...
31/12/2025

Le jour se lève. Dans quelques heures, nous basculerons en 2026.
Je me déplace dans le silence du matin pour ne pas te réveiller. Je sais que tu dors.

Chaque année m’éloigne de ton enfance, et c’est bien cela que je contemple et que j’admire. Mon métier de photographe y prend tout son sens : il fige tes gestes, tes regards, pour que rien ne disparaisse vraiment.

Un jour, peut-être, tu regarderas ces images sur un compte digital comme j’ai regardé les miennes, celles de mon enfance, dormantes dans des boîtes à chaussures. Et tu diras à tes enfants :

« C’était les dernières heures de 2025. Je m’en souviens très bien.
Pendant plusieurs jours, nous avions déjeuné tous les deux chez Tuba. Mon père aimait ce bout de rocher des Goudes comme on aime un refuge ; il n’allait que là, presque toujours avec moi ou mon frère. En arrivant, il lançait au personnel :
Il reste une place dans ce restaurant d’altitude !

Avant le réveillon, j’ai mangé des palourdes jusqu’à m’en lasser. C’était mon plat préféré. J’avais sept ans. J’étais un peu la mascotte du restaurant.

Après, on marchait autour des Goudes, parmi les fleurs, les paysages, les fortifications abandonnées. Un jour de mistral, tu m’as dit : Saint-Exupéry a disparu ici, en mer. On n’a retrouvé que son avion et sa gourmette, avec son nom et celui de sa femme.

J’étais accrochée à ton bras, à ta main. Je suivais tes pas, parfois je les devançais, pour que tu sois fier de moi.

Sur le chemin du retour, il y avait toujours des glaces à la fraise. Et l’église des pêcheurs. Autour de mon père, il y avait toujours quelque chose de mystique. »

Il est 08:08. Je vais poser mon téléphone et me glisser près de toi, vérifier que tu es bien couverte.
Quand tu ouvriras les yeux, je serai là pour te dire :

Bonjour, ma fille.
Nous allons accueillir 2026.
Un nouveau cycle.

Il pleut.La nuit est courte, presque aussi courte que le jour le plus court de l’année…Mais si le jour le plus court de ...
23/12/2025

Il pleut.

La nuit est courte, presque aussi courte que le jour le plus court de l’année…Mais si le jour le plus court de l’année, ce 21 décembre, est bien le plus court, la nuit ne devrait-elle donc pas être la plus longue ?

Il pleut… L’hiver s’installe, non plus comme avant, dans un froid polaire et des températures glaciales, mais avec douceur, comme pour nous rappeler que les temps — le temps — changent.

Il y a cent ans, on mourait de la pluie. Paul Cézanne en est mort en 1906, emporté par l’orage, le froid et la pluie.

La pluie, Sébastien Thévenet, invité d’Isabelle et Roland Carta ce lundi 22 décembre — dans la nuit du deuxième jour le plus court de l’année — l’a fendue. Dans un costume beige et chemise blanche, des gouttes perlait sur son front et ses longs cheveux, semblables à une pluie intérieure, capable de vous emporter dans un flot de poésie.

Hier, les Sudistes étaient à l’honneur : celles et ceux qui sont montés à Paris se rapprocher de la pluie. Paul Cézanne, Émile Zola ou encore Simone Veil, contés et racontés à travers les correspondances des époux Rilke, entremêlées des Fleurs du mal de Baudelaire et des extraits choisis par le conteur.

Tout un programme, à la Cartonnerie, entre initiés et novices — comme moi — pour nous rappeler à quel point la vie, et le sentiment d’être vivant, sont déterminants dans une existence, face à un seul homme tenant entre ses mains la beauté des mots de ses semblables.


Avec le cœur, il y a des choses dont on ne parle jamais et qu’on ne montre plus, c’est peut être un dialogue désorienté ...
16/11/2025

Avec le cœur, il y a des choses dont on ne parle jamais et qu’on ne montre plus, c’est peut être un dialogue désorienté d’un diagnostic déséquilibré ou désespérant mais c’est la vie, elle s’étend à l’infini d’un monde où nous continuons de croire que nous en sommes les principaux éléments mais en vrai, nous n’en sommes pas grand chose, pour ainsi dire, rien. Je ne vaut pas mieux que les autres, j’avance sans certitudes mais avec une conviction d’être un père et un grand père à la hauteur des miens.

MOSCHINO CELEBRATES THE 10TH ANNIVERSARY OF JOGGING MARSEILLE On the occasion of the 10th anniversary of Jogging, the Ma...
19/10/2025

MOSCHINO CELEBRATES THE 10TH ANNIVERSARY OF JOGGING MARSEILLE


On the occasion of the 10th anniversary of Jogging, the Marseille concept store founded by photographer Olivier Amsellem and Charlotte Brunet, Moschino hosted a dinner in collaboration with the boutique on Saturday, October 18th, 2025.

Located in the heart of Marseille, Jogging has become a landmark for creativity, combining fashion, art, and gastronomy with a distinctly French Mediterranean sensibility. Since its founding in 2015, the store has championed a new vision of retail, supporting emerging designers from the very beginning of their careers, while also welcoming established fashion houses such as Moschino as part of its curated selection for men and women.

An exclusive dinner took place inside Jogging Trattoria, the Italian-style restaurant created by the founders within the boutique’s walls, serving as the closing celebration of the Hyères Festival at Villa Noailles. The event brought together key figures from the worlds of fashion and culture. Guests included friends of the house, close collaborators of the store, and international personalities invited by both Moschino and Jogging.

In conjunction with the event, Moschino presented a dedicated window installation at Jogging, creating a visual dialogue between the brand’s irreverent spirit and the store’s contemporary aesthetic — visible at 103–107 rue Paradis throughout the month of October.

A moment to celebrate shared values of creativity, freedom, and Mediterranean culture, bridging fashion, art, and community in the city of Marseille.

‎أمسلام – אמסלםAmsellem — la paix, en arabe comme en hébreu.Mon nom signifie, en arabe comme en hébreu, la même chose : ...
07/10/2025

‎أمسلام – אמסלם
Amsellem — la paix, en arabe comme en hébreu.

Mon nom signifie, en arabe comme en hébreu, la même chose : la paix.
Et mon prénom, Olivier, en est le symbole depuis l’Antiquité.

Souvent, vous me témoignez de votre empathie pour l’intensité de mes récits.
ces histoires de familles, d’enfants, de vies ordinaires qui rythment notre existence.

Aujourd’hui, en ce 7 octobre, je pense à ces enfants, à ces grands-parents, à leurs familles, et à tout un peuple dont je porte le nom et une partie de l’histoire.

un peuple qui, un matin, a été réveillé par l’horreur, la barbarie, l’effroi, la mort et l’humiliation.

Ce récit, je ne le supporte pas.
Le silence qui s’en est suivi, parfois au plus proche de moi, je ne l’admets pas.
La compréhension d’une partie du monde pour ce pogrom, je ne la comprends toujours pas.
Cette haine des Juifs, je ne l’accepte pas.

Le peuple juif a le droit d’exister,
même si, comme nous l’enseigne l’histoire, il a été plusieurs fois chassé, tué,
et a failli être exterminé , que ce soit sur cette terre de Palestine, où notre présence remonte à plus de trois mille ans, ou durant la Shoah.

Les Juifs ont droit à un pays .

un pays où la moitié de ma famille vit depuis des années au rythme des attentats, des bombes, des sirènes, des abris.
Un pays où vit aussi le plus grand nombre de Palestiniens au monde.

Nos cultures sont si proches.

J’ai grandi avec l’arabe dans la bouche de mon père,
les chants d’Orient dans les mariages,
la mémoire d’un pays que les Juifs ont dû quitter, mais qu’ils n’ont jamais cessé d’aimer.

Aujourd’hui, il n’y a plus de Juifs dans aucun pays arabe, excepté le Maroc, pays d’origine de mon nom.

Si je parle aussi souvent de ma famille,
c’est parce qu’elle m’a appris à ne jamais haïr,
et à aimer plus que tout.
Ma famille a toléré et célébré la mixité entre catholiques, musulmans et juifs, et mes filles portent les deux religions.

Il est temps que tout cela se termine.
Le silence n’a jamais triomphé face à vos peurs ou au nombre.
Nous devons lutter contre celui qui veut changer nos vies, nos libertés et nos prières, non pas contre celui qui marche à nos côtés et tolère toutes nos différences.

Je suis venu te chercher chez Olivia. Elle fêtait ses 7 ans sur les hauteurs de ce Marseille devenu inaccessible.Je t’ai...
20/09/2025

Je suis venu te chercher chez Olivia. Elle fêtait ses 7 ans sur les hauteurs de ce Marseille devenu inaccessible.
Je t’ai posé la question : s’il te restait encore un peu d’énergie pour te baigner. Tu semblais absolument euphorique à l’idée de te retrouver dans la mer.

Je regarde l’heure : il est 18 h, nous sommes le 20 septembre, et dans l’après-midi le thermomètre de ma voiture indiquait 30 degrés ! Les routes sont bondées, envahies par cette foule qui ne veut toujours pas quitter la ville. Ils sont un nombre incalculable, et semblent même plus heureux que nous : ils sont chez eux.

Tant bien que mal, j’arrive à trouver une place, un peu « maison ». Ton frère dit souvent que j’ai inventé des places dans cette ville, comme un sport national. Je l’assume.
L’heure avance, les maisons plongent déjà une partie de la mer dans l’ombre. Je n’ai aucune certitude, mais toi oui. Ça ne fait aucun doute : tu le sais, il faut qu’on se retrouve tous les deux dans l’eau.

De Maldormé au Petit Nice, je suis un anonyme parmi les autres. Ma seule particularité, c’est d’avoir la chance de te tenir la main.
J’ai du mal à croire qu’il est presque 19 h. Je fais mine d’abandonner, j’invente des méduses, mais tu sais me convaincre avec tes mots. Tu me lâches un : « Papa, si on se baigne, tu es le meilleur des papas ! »

Je ne peux plus reculer. Je me faufile entre les corps, et en quelques minutes nous voilà dans le Grand Bleu. Je te serre fort contre moi. C’est le plus beau jour de ma vie. J’en profite comme un condamné, parce que je sais que, dans quelques heures, l’été vas ranger sa robe si particulière de fin de saison, ce voile d’or qui sublime les peaux déjà bronzées par des heures d’exposition.

Comment peut-on imaginer que tout ça va disparaître ? Que ces corps, étendus là sur les rochers d’une ville qui n’a pas grand-chose d’autre à offrir, mais qui sait se révéler si précieuse, vont disparaître ?

Comment imaginer une vie, dans cette ville où l’accès à cet art de vivre si populaire va, d’un seul coup, s’arrêter ?

Do You September
11/09/2025

Do You September

Cette dernière nuit a été agitée. Pour la première fois du séjour. Il pleuvait. Nous nous sommes rapprochés ; on aurait ...
07/09/2025

Cette dernière nuit a été agitée. Pour la première fois du séjour. Il pleuvait. Nous nous sommes rapprochés ; on aurait pu rester une éternité dans ce moment figé par la peur de partir.
Il n’y a rien de rassurant à quitter un endroit, même lorsqu’on y a ses habitudes.

Tu as voulu des sushis pour la route. J’ai longé l’Ubaye et tu m’as demandé si nous passions devant le camping.
J’avais fait mon deuil du camping : pour moi, ils avaient vendu les souvenirs de mon enfance à des promoteurs immobiliers.

Pourtant, je t’ai écouté. Au premier rond-point, j’ai fait demi-tour. En dix minutes, nous étions devant son entrée. Il n’y avait ni bulldozer, ni bétonnière, ni barrières. Il était vide, comme un camping fantôme.
J’ai roulé au pas et suis passé devant la réception. J’ai tourné la tête comme pour me présenter à quelqu’un qui n’existait plus, puis nous avons continué quelques mètres, comme si nous allions rester un mois. C’était le temps de mes vacances, quand j’avais ton âge.

Je suis allé dans l’allée du fond, j’ai arrêté la voiture, sorti une chaise pliante pour toi et une table. J’ai posé les sushis et nous avons déjeuné là, seuls au monde.
Tu m’as parlé de tes ancêtres.
Je t’ai répondu : Gaïa, tu dois savoir que ma mère, à ton âge, déjeunait déjà ici à ta place, et que ton père aussi. J’ai vu dans tes yeux la fierté de ce que cela représentait. Mais un simple déjeuner ne suffirait pas à laisser de toi une trace comme la nôtre. Alors j’ai osé te proposer de faire un petit trou au pied d’un arbre et d’y laisser la dent que tu venais de perdre à Jausiers. Je ne sais toujours pas pourquoi j’ai fait ça, mais finalement, c’est toi qui m’avais conduit jusqu’ici. Ça devait bien signifier quelque chose.

Là où le soleil a percé, j’ai fait un trou et, avec ta petite main, tu as déposé ta dent de lait, aussi blanche que la terre était noire.
Nous avons plié chaises et table, un rituel vieux de quarante ans. Nous sommes montés dans la voiture, et tu m’as demandé de mettre Stay de Rihanna, peut-être trente ou quarante fois, jusqu’à Marseille.

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