22/08/2026
Ouvriers, joggeurs et curieux se côtoyaient dans cet insolite domaine, à mi chemin entre le parc, la friche et le chantier. L'hétérogénéité du site est frappante : il y a d'anciennes routes défoncées à côté d'un parking flambant neuf, des plaines et du bocage ponctués d'anciens baraquements ruinés, des tags parmi la verdure, des machines et des voitures à côté des beaux arbres... Sans même chercher à être discret, je m'en vais directement à l'assaut de la pièce maîtresse de cet endroit, à savoir le gros château, qui traîne sa misère derrière de hautes grilles percées de partout. L'édifice devait être beau, autrefois, mais la bâtisse fait désormais plus de peine qu'elle n'impressionne. Sa façade est couverte de peinture, le rez-de-chaussée est condamné par des parpaings. Dedans, chaque mur est souillé par d'innombrables graffitis, le sol couvert de canettes et autres détritus laissés par la faune humaine qui traîne régulièrement là. Le temps a aussi fait son oeuvre, une poutre maîtresse s'est détaché du mur et a fini sa course par terre, l'épaisse moquette bleue retenant encore par miracle ce qu'il reste du plancher... Malgré ce navrant spectacle, ma progression ici conservera un certain intérêt : Plongés dans le noir, ces grands salons dégagent quelque-chose de mystérieux, d'assez captivant, même. En plus de cacher la misère ambiante, la pénombre a le don d'enjoliver de tels espaces vides et morts.
Une ou deux belles pièces à l'étage, un escalier coiffé d'un dôme orné, de grands volumes dans l'annexe plus récente... La visite du reste de l'édifice me réservera quelques petites surprises, bien que l'endroit ait perdu beaucoup de son attrait.
De retour vers l'entrée du parc, je m'en irais voir ces espèces de baraquements que l'on trouve au bord des différents chemins quadrillant le site. Si certains s'apparentent à d'anciens vestiaires ou salles de classe, d'autres ressemblent à des dortoirs. L'endroit a eu plusieurs vocations avant de finir à l'abandon : Il y a eu un centre de formation pour la marine, un établissement médical, un centre aéré... Sûrement est-ce que ces constructions préfabriquées ont été installées au cours de l'une de ces activités. j'aime l'atmosphère de délabrement total que l'on peut trouver dans ces dortoirs. La semi-obscurité, les planchers gondolés, la peinture écaillée et la moisissure omniprésente forment un décor très photogénique et plaisant à découvrir. Typiquement le genre de scène que j'apprécie.
Ces quelques constructions modestes marqueront la fin de mon exploration. A peine plus loin, les ouvriers s'activaient autour de la chapelle et d'un tronçon de route neuve, tandis qu'un peu plus loin, les pavillons emmargeaient uns à uns dans ce paysage en mutation.
Ma visite remonte à l'été 2020. Tout un quartier a désormais poussé au sein de ce coin de campagne, autrefois verdoyant et bucolique. Quand au château, celui-ci sera vendu quelques années après mon passage.