21/01/2026
Pour célébrer les 200 ans de la photographie :
ADAMOSHI.
Du paysage à l’abstraction.
Cette série en noir et blanc se déploie comme un trajet mental autant que visuel, entre deux photographes majeurs :
Ansel Adams et Hiroshi Sugimoto.
Ansel Adams incarne la pratique classique de la photographie américaine de paysage. Son œuvre repose sur la lisibilité du sujet : une netteté intégrale et une maîtrise formelle de la réparttition entre les zones sombres et les claires où chaque valeur tonale trouve sa juste place. Chez lui, le paysage est une architecture de lumière, un espace ordonné où le regard peut circuler sans heurt, guidé par la clarté de la forme.
À l’opposé apparent — mais en réalité dans une profonde continuité — Hiroshi Sugimoto inscrit son travail dans une démarche conceptuelle et méditative. Sa photographie ne décrit plus le monde : la lumière et l’ombre y deviennent des agents de conscience, des seuils perceptifs qui invitent le spectateur à ralentir, à douter, à contempler.
Entre ces deux pôles, mon travail cherche moins une synthèse qu’une progression. Les images avancent pas à pas, glissant d’une représentation rigoureusement descriptive du paysage vers des formes de plus en plus épurées, jusqu’à frôler l’abstraction. Le noir et blanc s’impose alors non comme un choix esthétique, mais comme un langage essentiel : celui de la tension entre les zones sombres et les zones claires, là où se joue l’intensité même de l’image.
Ainsi, la série se lit comme un passage — du visible vers le sensible, du territoire vers l’idée. Le paysage s’y dissout progressivement pour laisser place à une expérience intérieure, où la photographie cesse d’être un miroir du monde pour devenir un espace de projection mentale. Un peu comme si, au fil des images, le regard quittait la surface des choses pour entrer doucement dans leur résonance.