29/06/2012
« PARTIR SANS SOUFFRIR ? » DE GERALDINE CLAISSE. ( JUIN 2010) La photographie est pour moi une cristallisation du temps, de la beauté. J’aime trouver le détail qui m’émeut, qui me fait passer dans le monde du rêve. J’aime faire parvenir des messages dans l’harmonie des couleurs, des lignes et des courbes. De ma formation en architecture, j’ai retenu la création d’idées fortes conçues sur de bonnes bases. De ma formation en graphisme, l’harmonie des lignes ; de ma formation en photographie, j’ai appris que pour être un bon photographe, il faut s’armer de patience. Je pratique la photographie depuis mon enfance, mais ma passion pour celle-ci s’est révélée à l’âge de 30 ans. J’ai réalisé de nombreuses photographies d’architecture contemporaine, ainsi que des portraits, un reportage à Sao-Paulo, une exposition intitulée : « Belgium urgentist required » dans le cadre de l’exposition : united colors of Belgium » et des sujets plus personnels tels que « partir sans souffrir » que je vous livre ici. Étant sensible aux personnes en souffrance et ayant fait une formation en art-thérapie dans ce sens, l’idée d’aider mon papa dans la terrible épreuve qu’il a vécue et qui l’a vaincu m’est venue tout naturellement. Cri du cœur, appel à la création, un projet de livre est né. Nous voulions faire un livre d’espoir, un témoignage fort dépassant les souffrances vécues. Les derniers mois de la maladie, j’ai eu besoin de quitter mon appareil et de vivre l’instant présent. La maladie avait rongé les os de mon papa et nos cœurs par la même occasion, le temps était venu de déposer les armes, respirer ensemble. Mon appareil m’a mis face à la réalité, mais m’a également protégé. Je suis consciente que sans lui le face à face aurait été beaucoup plus douloureux. Voici en quelques phrases le message que je veux faire passer à travers les photos et les peintures que je vais partager avec vous. “Partir sans souffrir”, est-ce un rêve? Malheureusement certaines personnes ne sont pas épargnées et la médecine n’a pas encore les secrets ultimes pour annuler la souffrance. Joël Claisse s’est battu pendant deux ans pour offrir à ceux qu’il aimait encore un peu de temps et d’amour. J’aurais préféré que la médecine accepte ses limites et mette son énergie à lui faire accepter son départ. L’absurdité rend impuissant. “La vie ne tient parfois qu’à un fil”, nous en sommes tous conscients, ne perdons pas ce fil dans l’absurdité de la vie, soyons conscients de notre corps et de ses limites. POUR QUE LA MORT, LA MALADIE, LA SOUFFRANCE NE SOIENT JAMAIS DES SUJETS TABOUS ET QUE LA DIGNITE DU MALADE SOIT TOUJOURS RESPECTEE. GERALDINE CLAISSE, art-thérapeute.