02/05/2026
Le Mont Dolent
Cela faisait plusieurs années que je regardais ce sommet de loin, avec une forme de respect mêlée de curiosité. Hier, Vendredi 1 Mai, j’ai enfin pris le chemin du Mont Dolent.
Je savais que l’accès ne serait pas simple. Ne pas bivouaquer impliquait une journée longue, dense, exigeante. Un engagement physique réel, presque intimidant par moments. Mais c’était aussi ce qui donnait du sens à cette tentative : accepter l’effort, sans raccourci.
Là-haut, il y avait aussi une attente plus intime. Voir la Vierge au sommet, chargée de tout ce qu’elle représente, dans ce lieu à la croisée de trois pays. Ce point précis où la France, l’Italie et la Suisse se rejoignent… quelque chose de symbolique, presque silencieux, qui dépasse les mots.
La fin de l’ascension demande de rester pleinement présent. Une pente raide, parcourue en crampons, où chaque pas compte. À la montée déjà, mais surtout à la descente, où la vigilance ne doit jamais se relâcher. On avance lentement, concentré, conscient de la fragilité de l’équilibre.
Et puis, il y a ce moment au sommet. Rien d’exubérant. Juste une forme de calme, et cette sensation d’avoir été au bout de quelque chose. Le panorama y est vraiment exceptionnel, presque irréel, comme une récompense silencieuse après l’effort. D’avoir franchi une limite personnelle, discrètement.
Je redescends avec de la fatigue, bien sûr, mais surtout avec une satisfaction profonde. Celle de m’être dépassé, simplement. Et peut-être aussi d’avoir touché, l’espace d’un instant, quelque chose d’essentiel.
TOPO:
Nous nous sommes garés à La Fouly (Suisse), 20 minutes de portage et c’est parti pour le petit col Ferret.
Un déchaussage de 20 m obligatoire juste après le col permet de basculer dans la combe du Pré de Bard, versant italien du Mont Dolent.
Nous sommes passés à proximité du bivouac Fiorio.
La neige était parfaite, pas eu besoin de couteaux, mais revers de la médaille : il a vite fait très chaud !
J’ai pris un sérieux coup de moins bien vers les 3100 m d’altitude, malgré une hydratation et une alimentation régulières, certainement dû à la chaleur.
Heureusement, mon compagnon de cordée m’a bien motivé et j’ai pu surmonter ce passage à vide, qui s’est finalement envolé avec la montée en altitude, où il faisait plus frais.
Les conditions sont excellentes, la pente finale est toute en neige et, malgré l’exposition certaine, on se sentait en sécurité, mais cela ne nous a pas dispensés d’être très concentrés, surtout à la descente.
Plusieurs personnes sont descendues à ski depuis le sommet (elles venaient de l’arête Gallet).
Pour notre part, on les a laissés en bas de la pente, déjà pour s’alléger et aussi par sécurité (avec 2200 m de dénivelé dans les jambes, le ski risque d’être moins maîtrisé…).
Cette stratégie était la bonne car la descente était douloureuse !
Neige de printemps facile à skier mais obligé de s’arrêter régulièrement pour récupérer des cuisses !
On a pu déchausser beaucoup plus bas qu’à la montée dans la combe des Fonds, en suivant une trace très à droite qui longe le torrent.
Portage 10 min du coup pour rejoindre la voiture.