25/08/2026
Muanda : « Après pétrole », le débat s’ouvre sur l’électricité et l’avenir économique du territoire
24 août 2026 La Rédaction
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Muanda, 24 août 2026 — Alors que l’avenir de l’activité pétrolière continue de structurer une grande partie des perspectives économiques du littoral du Kongo Central, la troisième édition de la conférence scientifique « Muanda Après Pétrole » s’est ouverte ce lundi 24 août 2026 dans la cité côtière. Organisée à l’initiative de Pepito Sakasaka et de sa structure Focus Hydrocarbures SARLU, la rencontre place cette année l’électricité au centre des discussions sur les conditions d’un développement durable du territoire.
Pendant deux jours, des intervenants venus du Gabon, de la République du Congo et du Canada échangent autour d’une question qui dépasse le seul secteur pétrolier : comment préparer Muanda à une économie capable de fonctionner lorsque les revenus et les activités liés aux hydrocarbures diminueront ?
Le thème retenu pour cette troisième édition — « L’électricité comme moteur du développement durable de Muanda : défis, opportunités et perspectives pour l’après-pétrole » — traduit cette volonté d’ouvrir le débat sur les infrastructures et les sources d’énergie susceptibles de soutenir l’économie locale à plus long terme.
Les échanges font notamment référence à l’article 19 de la loi n° 15/014 portant régime général des hydrocarbures, consacré au Fonds pour les générations futures. Les participants estiment qu’au-delà des recettes immédiates générées par l’exploitation pétrolière, une part de ces revenus devrait contribuer à préparer dès aujourd’hui les conditions économiques, énergétiques et sociales de l’après-pétrole, en particulier dans le littoral congolais.
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Cette réflexion prend une résonance particulière à Muanda, territoire où l’exploitation des hydrocarbures s’inscrit depuis plusieurs années dans le paysage économique et social local. Pour les participants à la conférence, anticiper la transition ne signifie donc pas attendre l’épuisement des réserves pour agir, mais réfléchir dès maintenant aux activités susceptibles de prendre le relais.
La question énergétique apparaît ainsi comme l’un des points de passage de cette transformation. Sans accès suffisamment fiable à l’électricité, la diversification économique risque de rester limitée, qu’il s’agisse de développer les petites entreprises, les services, la transformation locale ou encore certaines activités liées aux ressources naturelles et au littoral.
Au cours de la première journée, le Roi Luemba de Sia Mfumu a notamment insisté sur la nécessité de prendre en compte les réalités culturelles du territoire. Dans son intervention, il a appelé à un retour aux sources, aux coutumes et aux valeurs ancestrales comme éléments pouvant contribuer, selon lui, à construire un développement durable davantage enraciné dans les communautés.
Cette dimension territoriale a été mise en regard d’un constat plus préoccupant présenté par Flory MbudI. Celui-ci a alerté sur le caractère limité des réserves pétrolières et sur la nécessité de rechercher des alternatives économiques avant que cette contrainte ne devienne une urgence. Son intervention a ainsi replacé la question de l’après-pétrole dans une perspective d’anticipation plutôt que de réaction.
Le message affiché par les organisateurs tient en quelques mots : « Muanda mérite mieux ». Au-delà du slogan, la conférence cherche à mettre en discussion les conditions permettant au territoire de convertir ses ressources actuelles en capacités durables pour les générations futures.
L’enjeu est également institutionnel. Les débats doivent aboutir, ce mardi 25 août 2026, à des recommandations destinées aux autorités nationales et provinciales. Leur portée dépendra toutefois de la capacité à traduire les propositions issues de la conférence en politiques publiques, investissements et mécanismes de suivi.
À Muanda, la question de l’après-pétrole ne relève donc plus uniquement d’une projection lointaine. Elle renvoie déjà aux choix énergétiques, économiques et territoriaux qui seront faits aujourd’hui. Dans un espace côtier confronté à la nécessité de diversifier son économie, le véritable test sera moins de savoir si l’après-pétrole peut être imaginé que de déterminer comment le préparer concrètement avant qu’il ne s’impose.
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