05/19/2020
Ce soir, j'aimerais vous partager une de mes plus belles découvertes à vie sur le terrain. Il y a deux jours, je me promenais dans le fin fond du bois perdu proche de chez moi. Il commençait à faire légèrement sombre, puisque la brunante approchait. J'étais sur le point de partir, quand soudain, un groupe de corneilles se mit à crier et à houspiller un quelconque prédateur à environ deux cent mètres de moi hors sentier, et comme de fait, hors de vue. C'était une cacophonie ahurissante qui retentissait dans toute la forêt. C'est à ce moment précis que je me suis dit : elles ont clairement trouvé un grand-duc d'Amérique. Si vous ne le saviez pas, le grand-duc est le plus gros prédateur ailé nocturne de tout le continent. Dépourvu d'odorat, un de ses mets de prédilection est la moufette (ben oui, jugez pas). Sans hésiter, je me suis mis à courir comme un malade en direction de la zone d'houspillage. Ça y est! Je l'ai! Et m***e. Il s'enfuit. Je tente désespérément de rattraper le groupe de corneilles qui pourchasse le prédateur, mais en vain. Sans m'en rendre compte, je me situais sous un nid de branches très haut dans un arbre et j'ai vite réalisé la présence de nombreuses fientes. Je me disais que ça ne pouvait pas être un nid d'écureuil. Ce mammifère utilise plutôt des feuilles et de la mousse pour la confection de son nid. Comme de fait, je fis quelques pas arrière pour m'arrêter subitement, bouche bée. Je capotais. Si vous saviez quelles sont les chances de découvrir un nid de cette espèce en pleine forêt inconnue, vous capoteriez. À l'avenir, lorsque vous entendrez un groupe de corneilles crier intensément, vous saurez qu'un danger rôde pour les gibiers. Je vous laisse admirer le fruit de ma persévérance sur le terrain.